‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 228 sur 239 · DE LA CHAUX ET DE SA FABRICATION · texte numérisé non relu

DE LA CHAUX ET DE SA FABRICATION

ferment du nitrate ou azotate de chaux ; on ti*ouTe dans difTérentes parties des plantes la chaux dans les états ci-dessus, et encore comhinëe aux acides oxalique, roalique , tartrique, etc.

La matière !'• qu*on emploie le plus gënëralement pour en extraire de la chaux est une comhinaison de cette substance avec l'acide carbonique; elle est plus ou moins compacte, répandue en très Grande Quantité dans la nature, la craie, les débris éalMtre ealeaire^ de fnarire^ et dans quelaues localités les co^U- .les d^huitreSy offrant les principales yanétés usuelles de ehttux earhanatée, La chaux que donne le marbre est la plus pure ; elle renferme moins d'argile que la chaux préparée avec les autres pierres calcaires. Cest celle que Ton emploie dans les laboratoires et dans certaiiies faJEirications de produits chimiques , et qui est susceptible de produire à poids égal leplaa d'effet ena^culture; relativement à cette dernière af>plication, celle qui nous intéresse le plus ici, on doit donc de même que dans les opérations des arts chimiques , rechercher les pierres calcaires qui, contenant le moins de matières étrangères ( sable , silice, alumine) plus ou moins divisées , peuvent donner de la chaux la moins impure , dite chaux gratte , celle dont le volume augmente leplus par l'extinction. On l'obtient en employant : r un calcaire très compacte des environs de Paris , qui contient près de 0,98 de carbonate de chaux ; 9» les fragmens de la . pierre de Châtean-Landon^ ils contiennent 0,97 du même carbonate ; la pierre de Saint- Jacoues du Jura, qui en renferme 0,96; celle de rAin, équivalente à 0,94,et celle de l'Ardè- ' che à 0,95, etc. , tandis que la pierre tendre des environs de Paris ne donne à l'analyse ^ que 0,78 de carbonate calcaire et produit de la ^ dioux maigre, La pierre de Senonches , celles ' dites à ciment romain, ou ciment rutse^ comme ^ les galets de Boulogne , et tous les calcaires ' compactes contenant de 60 à 80 centièmes de carbonate de chaux et 15 à 30 de silice très divisée, au point d'être soluble dans l'acide hydrochlorique, fournissent de la chaux hydrauligue très utile pour les constructions , mais (fautant moins lx>nne pour Fagriculture qu'elle épuise en partie son action en réagis- ' sant sur ses propres élémens , formant amsi des sortes de pétrifications ou silicates de chaux solides, mjûs sensiblement inertes sur les sols.

$ IL — Théorie de la ftbricatioD de la chanx.

Avant de décrire les procédés usuels de la fabrication de In chaux nous indiquerons la Ihéorie de cette opération afin de mieux faire comprendre l'utilité des préceptes que nous recommandons.

Pendant la calcinationde1apierreàchaux,la chaleur enlève d'abord en la vaporisant une partie de l'eau de mouillage qui est interposée mécaniquement dans ces pierres; à une température plus élevée, voisine du rouge blanc , l'acide carbonique qui était combinée à la chaux (dans la proportion de 76 du l«r pour 856 de la 2«) se cl^ge sous forme de gaz; il reste alors de la chaux nive.

Si l'on pousse trop loin la calclnation , on

peut fritter la chaux des pierres qui contiennent des proportions notables de silice et d'à* lumine. Ces 3 matières s'unissent et forment nne espèce de verre grossier (silicate et aluminate de chaux), qui n'a plus aucune des propriétés utiles de la chaux , et que l'on appelle vulgairement biteuit. Il faut donc se garder de pousser le feu au point d'atteindre cette température; il est d'ailleurs convenable, même pour les pierres calcaires les plus pures, de borner la température au degré utile à la décomposition du carbonate, ne fût-ce f^ue pour économiser le combustible , et éviter d'altérer les parois Internes du fourneau.

Si la calcinatiou de la pierre a été bien con<* duite, la chaux grasse obtenue a la propriété d'absorber l'eau avec une grande énergie et de s'y combiner en proportions fixes ; cette union donne lieu à une augmentation de température assez considérable .et qui, lorsqu'on ménage l'eau, peut s'élever au-dessus de 150*, puisque durant l'extinction elle peut enflammer des allumettes soufrées. Le volume de chaque particule augmentant aussi brise toute la masse. Cette action est utile dans plusieurs applications pour réduire la chaux en poudre extrêmement fine et sans qu'il en coûte de puissance mécaniaue , et en même temps qu'on rend l'agent plus énergique par son union avec Peau.

Pour obtenir ces résultats , il suffit d'îm* merger la chaux dans l'eau, puis d'ajouter une nouvelle quantité d'eau à mesure que l'absorption a lieu et que la chaleur développée vaporise une partie du liquide.

On désigne aussi mais improprement, sous le nom de bitcuit^ les fragmens de pierre qui, n'^ayant pas été chauffés suffisamment , n'ont perdu que très peu ou point d'acide carbonique. Ces morceaux ne peuvent plus être que très difficilement convertis en chaux, ayant perdu, avaut d'être décomposés, toute la quantité d'eau qu'ils contenaient, et dont la vapo-

plus importantes < di tiens de succès dans cette fabrication.

J III. — De la calcina tion (le la chaux.

Les fourê à chaux les plus simples anciennement upités se oomfx)sent d'une cavité cylindrique ou rectangulaire, quelquefois creusée dans le sol et revêtue de briques, ou même à nu lorsque la terre est assez compacte. On voit dans les A^jf. 521, 532, 523, les dispositions de ce four inoiquées par 2 coupes et une élévation. A indique toute la cavité légèrement coni- Î[ue remplie des pierres à chaux ; E £, la plateorme au niveau de l'ouverture supérieure du four; D, la charge en menus fragmens qui termine et surmonte la fournée. Une ouverture latérale B, C, à la partie inférieure , permet de construire à sec une voûte CC, avec de eros fragmens de pierres à chaux ^ cette voûte laissant le plus possible d'interstice entre les pierres qui la forment est chargée des mêmes pierres à chaux, mais concassées de plus en plus menues; et lorsque toute la capacité est remplie de cette manière, on allume un feu de bourrées et menu bois sous la voûte. Le feu est soutenu jusqu'à ce que les |)arties supé-

Page 1