CHAPITRE I‘. — ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX DOMESTIQUES
ARTICLE 1°". — Des tissus animaux.
Envisagés sous le double rapport de leur organisation et de leurs fonctions, les animaux domestiques sont du domaine de l'anatomie et de la physiologie. La première de ces scienees s'occupe de toutes les conditions matérielles des différentes parties qui entrent dans leur composition; la seconde nous montre agissantes ces mêmes parties dont l’anatomie nous a révélé la structure.
Le corps de ces animaux comme celui de tous les êtres organisés, est composé de f/uides et de solides dont la proportion respective n’est pas égale, et varie suivant l’âge, le sexe et la constitution. Ces parties hétérogènes qui ont pour élémens anatomiques primitifs des globules microscopiques et une autre substance sans forme bien déterminée, liquide
dans les uns, concrète dans les autres, sont dans une dépendance mutuelle, et se changent continuellement les uns en les autres, par le double mouvement de composition et de décomposition. Examinés chimiquement, les fluides et les solides offrent enfin comme derniers élémens, de oxygène, de l'hydrogène, du carbone, de l'azote et différentes substances terreuses, alcalines ou métalliques.
Les fluides où humeurs dont la quantite prédomine sur celle des solides à toutes les époques de la vie, et qui ont l’eau pour base essentielle de leur composition, seront étudiés avec les appareils d'organes auxquels ils appartiennent.
Formés, comme les fluides, de globules microscopiques, les solides offrent encore comme élément anatomique une substance d’apparence spongieuse qui, en s’associant aux glo-
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bules, forme des fibres (fibres élémentaires), de la réunion des fibres, résultent des #ssus (tissus générateurs, où systèmes) que l’on peut réduire aux suivans : Uussus cellulaire, adipeux, séreux, fibreux, cartilagineux, 0Sseux, vasculaire, nerveux, musculaire et tégumentatre. De lassociation de ces élémens déjà composés, résultent enfin d’autres parties lus composées encore, que l’on désigne sous e nom d’organes,et que nous étudierons après avoir Jeté un coup d'œil rapide sur les tissus precédemment énumérés.
SECTION 1°. — issu cellulaire.
Ce tissu, que l’on a encore désigné, suivant la manière dont on l’a envisagé, par les dénominations de système, corps où membrane cellulaire, de tissu lamineux, cribleux, muqueux et glutineux, est le principal élément de l’organisation. Répandu dans tout le corps et partout continu à lui-même, le tissu cellulaire se présente sous l'aspect d’une substance molle, blanchâtre, demi-transparente, qui entoure les organes, les unit et les sépare tout à la fois, et pénètre ensuite dans leur épaisseur pour envelopper etunir jusqu'aux dernières particules dont ces organes sont formés. Ce tissu a, dit BecLarD, l'étendue et la forme générale du corps, et il formerait, si l'on supposait que tous les organes fussent enlevés et qu’il püt se soutenir de lui-même, un tout conservant la figure du corps et offrant une multitude de loges pour les différens organes. Abondant et lâche autour de tous les organes susceptibles d'acquérir de l’ampliation ou d’éprouver des changemens de position, ce tissu est, au contraire, peu abondant et serré autour des parties dont le volume et les rapports sont invariables. Les os, les cartilages, les tissus fibreux et les centres nerveux sont les parties du corps animal qui en contiennent le moins, il
n’en existe aucun vestige dans les productions
cornées et épidermiques.
Le tissu cellulaire est formé de lames, de lamelles et de filamens, formant par leur superposition et leur entrecroisement, une innombrable quantité de cellules ou aréoles de forme irrégulière, qui communiquent toutes entre elles. Ces cellules peuvent être facilement vues el étudiées, lorsqu'on les a dilatées par un fluide gazeux, comme le font les bouchers dans le but de parer la viande des animaux destinés à la nourriture de l'homme, Habituellement humecté d’une sérosité analogue au sérum du sang, le tissu cellulaire se laisse non-seulement traverser avec facilité par les fluides gazeux, mais encore par les fluides liquides, soit qu’on les y introduise artificiellement, ou qu'ils apparaissent sous l'influence d’une cause morbide. Indépendamment de la sérosité qui humecte ses aréoles, le tissu cellulaire peut accidentellement contenir de la graisse, mais dans certaines parties seulement; car il est des portions de ce tissu qui n'en renferment jamais, quel que soit le degré d’embonpoint auquel les animaux soient parvenus; ce nest point dans les cel- Jules de ce tissu qu'est déposée la substance adipeuse, mais bien dans lépaisseur des lames et des filamens qui composent leurs parois. La graisse et la sérosité, toujours en