‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 121 sur 467 · TISSU CELLULAIRE · texte numérisé non relu

TISSU CELLULAIRE

proportion inverse, sont déposées par exhalation dans ce issu, qui est aussi le siége d’une absorption très-active. Il réunit les organes, en forme la trame, et facilite leurs mouvemens.

Tels sont les caractères généraux du tissu cellulaire, considéré dans un cheval adulte. A mesure que l'animal avance en âge, ce tissu devient sec et rigide. Celte sorte d’atrophie senile qu’il semble éprouver doit contre-indiquer le choix de vieux animaux pour l’engraissement.

L’accumulation dela graisse dans ce tissu semble lui faire perdre de sa vitalité, surtout dans les animaux de l’espèceovine; c’estau moins ce que semblent démontrer la difficulté que l’on éprouve quelquefois, et l’impossiblité dans laquelle on se trouve même souvent de pouvoir engraisser ces animaux une seconde et surtout une troisième fois.

Dans les chevaux d’un tempérament mou et paresseux, ceux qui ont la peau épaisse et les poils grossiers, le tissu cellulaire est habileast abreuvé d’une plus grande quanüté de sérosité que dans les chevaux doués de beaucoup d'énergie; circonstance qui coniribue pour beaucoup à rendre les formes empâtées dans les premiers.

Dans les animaux de l’espéce bovine, ce tissu paraît plus abondant et moins vivant que dans le cheval.

Le chien esi celui de tous les animaux domestiques dans lequel le tissu lamineux est le plus vivant; il est sec et rigide dans le mulet, l'âne et la chèvre, aussi ces animaux prennent-ils difficilement un haut degré d’embonpoint.

SECTION 1. — Tissu adipeux.

Indépendamment du tissu cellulaire qui peut accidentellement contenir de la graisse, une partie de cette substance est encore habituellement tenue en réserve dans un autre tissu qui, quoique très-analogue au premier, mérite cependant, sous plusieurs rapports, d’en être distingué; nous le nommerons tissu adipeux proprement dit.

Beaucoup moins répandu que le tissu cellulaire, on le trouve cantonné dans certaines régions bien déterminées du corps. Il contient de la graisse lors même que cette substance a complétement et déja depuis longtemps disparu dans les autres parties du corps, et si, comme on l'observe quelquefois dans le marasme porté au dernier degré, la graisse a cessé tout à fait d'y exister, elle y est toujours remplacée par une substance jaunâtre qui donne à ce tissu l'aspect d’une gelée, l'empêche de s’affaisser et le rend per conséquent toujours distinct et bien circonscrit; rien d’analogue ne se fait remarquer dans le tissu cellulaire d’un animal qui a maigri.

Le tissu adipeux, rempli de graisse ou privé de cette substance, se présente constamment sous forme de masses lobulées au voisinage de certaines parties à l'égard desquelles il remplit des fonctions entièrement mécaniques: c'est

avec ces caractères qu'on le rencontre autour

du globe oculaire,dansle canal vertébral,au voi-

sinage des articulations, ainsi qu’à la partie du

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pied que l'on désigne sous les noms de fourchettes de chair.

Quelle que soit, au reste, la forme sous laquelle se présente ce tissu, les masses qu'il forme sont toujours divisibles en lobes, en lobules, en granulations et enfin en vésicules microscopiques, dont le volume ne paraît pas ètre le même dans tous les animaux suivant WoLrr, qui les a constamment trouvées plus petites dans le bœuf que dans le porc.

La graisse est une substance animale non azotée, qui a les propriétés des huiles fixes; elle est Jjaunätre ou blanche suivant l'espèce d'animal, inodore, d’une saveur fade, et fluide à la température du corps; elle est insoluble dans l’eau, et peu soluble dans l'alcool froid. Par la distillation elle fournit les acides carbonique, acétique et sébacique. Traitée par les alcalis, elle se transforme en principe doux, ainsi qu’en acides margarique et oléique. La graisse est formée de deux principes nommés oléine et stéarine, dont la proportion respective détermine son degré de fusibilité. C’est la prédominance de l’un ou de l’autre de ces principes, qui a fait distinguer dans un même animal plusieurs espèces de graisse connues sous les noms de suif, lard, aronge, saindoux, etc.

SECTION Il. — Tssu séreux.

Cet élément organique, qui n’est qu'une modification de forme du tissu cellulaire, compose les membranes séreuses que l’on distingue en splanchniques et synoviales. Les premières tapissent les cavités du corps qui contiennent les organes les plus essentiels à la vie.

Toute membrane séreuse représente un sac sans ouverture, semblable à ces bonnets repliés sur eux-mêmes dont la tête est envelop-

ée pendant la nuit; ainsi, après avoir tapissé es parois des cavités auxquelles elles appartiennent, ces membranes se replient sur ellesmêmes pour recouvrir les organes et les enve-

lopper plus où moins complétement. Leur.

surface interne, toujours libre et contiguë à elle-même, est lisse et humectée par une sérosité tout à fait identique à celle du tissu cellulaire. Les membranes séreuses sont minces, blanchâtres, demi-transparentes, homogènes, et beaucoup moins extensibles que le tissu cellulaire dont elles ne paraissent différer que par leur disposition et une condensation plus grande dans leur trame : car la nature de leur tissu est la même, le produit qui est exhalé à leur surface a exactement la même composition. Comme le tissu cellulaire , elles sont destinées à faciliter le glissement des organes qu'elles recouvrent et à favoriser leur ampliation ; enfin les maladies de ces deux tissus donnent naissance à des produits tout à fait analogues , et ils peuvent se transformer l’un en l’autre.

Les membranes synoviales diffèrent des autres séreuses principalement par la nature du liquide qui les humecte, et que l’on nomme synovte , liqueur visqueuse, plus pesante que l’eau, incolore dans les jeunes sujets, et de couleur citronnée dans les vieux animaux.

Elle contient de l’eau, beaucoup d’albumine

à laquelle elle doit sa viscocité et la propriété de mousser par l'agitation, une matière coagulable très-analogue au mucus et différents sels, exhalée sans cesse à la surface libre des membranes synoviales, cette liqueur y forme un enduit visqueux qui facilite le glissement des parties les unes sur les autres.

C’est l'accumulation de la synovie dans les Jetits sacs formés par ces membranes, jointe a leur dilatation ou à leur déchirement, qui constituent les affections connues sous les noms de zolettes et vessigons; affections beaucoup plus graves dans un animal adulte que dans un jeune animal, chez lequel on les. voit ordinairement disparaitre avec l’âge et un peu de repos.

SECTION 1V. — Tissus fibreux.

Les tissus auxquels cette qualification, quoique très-générale, s'applique exclusivement, sont au nombre de deux dans l’économie animale, L'un est le tissu fibreux blanc, et l’autre le tissu fibreux jaune.

1° Le tissu fibreux blanc où albuginé se rencontre dans le corps animal sous la forme de cordon et de membrane; sa couleur est blanche et son aspect le plus ordinairement resplendissant , satiné ou métallique.

Les fibres de ce tissu, toujours excessivement déliées, sont disposées en faisceaux parallèles ou entre-croisés, et toujours si étroitement unies, qu'elles semblent souvent au premier aspect former un tout homogène.

Elles sont très tenaces et fort peu extensibles.

Insensible aux agens qui le divisent , ce tissu devient très-sensible à ceux qui le distendent au delà de son degré normal; c’est à ce mode de sensibilité que l’on doit attribuer les douleurs extrêmement vives qui accompagnent les tiraillemens opérés sur les parties ligamenteuses dans les luxations, les entorses, les écarts, etc.

: Privé de la grande quantité d’eau qu’il contient, le tissu fibreux blanc devient jaunâtre et cassant.

L'eau bouillante le crispe d’abord, puis le réduit complétement en gélatine. Les acides le dissolvent, les alcalis le gonflent et le ramollissent.

Les usages de ce tissu sont entièrement mécaniques, et relatifs à sa ténacité. Disposé en corde, il forme : 1° les Zgamens qui maintiennent les os dans leurs rapports mutuels ; 2° les tendons dont l'office est de transmettre la contraction musculaire aux parties qui doivent être mises en mouvement.

Tissu en large surface, le tissu fibreux forme ici des enveloppes à certains organes d’une structure délicate, tels que l’œil, le cerveau , le cœur, etc., là des appareils de contension ; exemple les aponévroses.

2° Le tissu fibreux jaune, que caractérise essentiellement sa nature fibrineuse et l’élasticité dont il jouit à un très-haut degré, se présente dans le corps sous la forme de corde, de tube, et de membrane Pour prendre ces differentes formes, les fibres de ce tissu sont ramassées en faisceaux, le plus ordinairement

arallèles entre eux. Soumis à l’action de l'eau

ouillante, le tissu fibreux jaune conserve tous ses caractères : c’est lui qui compose eu

cap. 1°’.

totalité le ligament susépineux cervical, la tunique abdominale , et la membrane moyenne des vaisseaux artériels. Enfin, on le rencontre partout où une résistance continuelle était nécessaire. |

Le peu de vitalité de ce tissu donne la raison de la lenteur avec laquelle marchent ses différentes affections. )

Comparé dansles différents animaux domestiques , le tissu fibreux jaune ne présente de différences que dans la configuration des parties qu'il forme.

SEcTion v.— Tissu cartilagineux.

Ce tissu homogène en apparence forme un genre d'organes nommés cartilages , indépendans les uns des autres, et le plus ordinairement annexés aux Os.

Le tissu cartilagineux est élastique, d’un blanc terne ou nacré; coupé en lames minces, il offre la semi-transparence de la corne; l'eau bouillante le réduit presque complétement en gélatine. Il est formé, d’après Davy, d’eau, d’albumine et de sels terreux, dont la proportion varie dans les différens animaux et dans le même individu suivant l’âge, et la partie que l’on a choisie pour étudier cette composition.

Parmi les cartilages, les uns revêtent les surfaces osseuses dans les articulations douées de mouvemens étendus et variés. On les nomme cartilages articulaires où diarthrodiaux.Is ont pour usage d’amortir les chocs par leur élasticité, de prévenir l'usure des surfaces articulaires, d'en déterminer une coaption plus exacte, et de favoriser leur glissement.

D’autres cartilages, dont l’ossfication s'effectue presque toujours plus ou moins complétement avec l’âge, concourent à former la charpente du corps, en prolongeant les os auxquels ils sont annexés; exemple les cartilages des côtes.

Le tissu cartilagineux offre les mêmes caractères essentiels dans tous les animaux domestiques.

De l'association des élémens cartilagineux et fibreux blanc, résulte le tissu fbro-cartilagineux, qui compose des organes destinés les uns à unir certaines parties entre elles, tels sont les disques intervertébraux, les autres à favoriser des glissemens, comme on le remarque dans les différentes sortes de coulisses.

SECTION VI.— issu osseux.

Ce tissu, différent de tous ceux examinés précédemment par la grande quantité de substance terreuse qu'il contient, compose un système d'organes d’une dureté pierreuse, mais néanmoins organisés et vivans, ce sont les os.

Le tissu osseux , comme pourrait tout d'abord le faire supposer sa grande densité, n’est point un élément inorganique et sans vie. Une substance spongieuse, analogue au cartilage, en forme la trame, et contient, dans des aréoles microscopiques, les parties terreuses qui donnent à ce tissu la RAT qui le caractérise.

Pour obtenir l’une ou l’autre de ces parties constituantes, deux procédés sont mis en

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