SYSTÈME NERVEUX
La /ymphe est une liqueur animale dont la composition est identique à celle du sérum que contient le sang; l’abstinence prolongée en augmente très-sensiblement la quantité et fait un peu varier la proportion de ses élémens constitutifs, qui sont l’albumine, la fibrine , des chlorures et quelques sels alcalins.
SECTION vin. — Système nerveux.
Ce système, qui constitue un des caractères principaux de l’animalité, se compose dans les animaux vertébrés : 1° de masses plus ou moins considérables, erzcéphale, moëlle épinière et ganglions, qui pendant la vie sont l’aboutissant de toutes les sensations, et le point de départ des volitions; 2° d’une innombrable quantité de cordons rameux et réticulés, les zerfs, qui sont les conducteurs par lesquels s'établit la communication des masses entre elles et avec toutes les parties du corps.
Le grand appareil de l’innervation, auquel un grand nombre d'anatomistes ont assigné un centre unique, le cerveau, et des prolongemens, les zerfs, que BIcHAT a divisé en système nerveux de la vie animale, et système nerveux de la vie organique, que CUvIER a regardé comme un vaste réseau ayant des centres et des filets qui les font communiquer; enfin, ce grand appareil que M. DE Br AINVILLE définit un amas de ganglions, desquels partent des filets dont les uns vont se terminer aux organes pour établir leur vie particulière, tandis que d'autres font communiquer les ganglions entre eux pour établir la vie générale de ces mêmes organes, forme un tout non interrompu dont l’élément caractéristique est la substance nerveuse, que l’on distingue en blanche où médullaire et en grise ou corticale, eu égard à leur couleur et à leur position respective. Ces deux substances, examinées au microscope, apparaissent, d’après les intéressantes recherches de M. Epwarps, composées de globules qui ont un 1 300 de millimètre de diamètre. Elles fournissent à l'analyse chimique, de l’eau, deux matières grasses, l’une blanche, l’autre rougeâtre, de l’albumine, de l’osmazome, du phosphore, des acides, des sels et du soufre.
Le systéme nerveux anime tous les organes, transmet et perçoit toutes les impressions, et préside à tous les mouvemens volontaires
on involontaires. ainsi qu'aux opérations de l'instinct.
SECTION 1x.— Tissu musculaire.
Ce tissu, qui a la fbrine pour base, et la contractilité pour propriété vitale essentielle, compose les muscles, agens de tous les mouvemens, soit volontaires, soit involontaires. Ces organes, dont la masse très-considérable parait être en rapport avec la disposition défavorable de la plupart des leviers que représentent les différentes parties du système osseux, sont formés d’une fibre microscopique, composée elle-même de g/obules identiques à ceux du sang, dépourvus de leur matière colorante, réunis par un medium que la macération détruit assez promptement. Cette
Jibre, plissée en zigzag, sans jamais se diviser
ni s’entre-croiser, forme l'élément primitif du
Ussu qui nous occupe. De la réunion d'un plus ou moins grand nombre de ces fibres ré- -sultent des fascicules ; ceux-ci en se réunissant forment des faisceaux; enfin, la réunion d’un plus où moins grand nombre de ces dernières parties, très-visibles à l'œil nu, constitue un muscle, dans la composition duquel il entre encore, comme dans les autres organes du tissu cellulaire, des vaisseaux et des nerfs.
La fibre musculaire offre en général une coloration rouge, dont l'intensité varie non-seulement dans les diverses espèces d'animaux , mais encore dans les différens muscles d’un même animal, et de plus encore dans le même individu suivant l’âge. Cette coloration est indépendante du sang qui circule dans les vaisseaux du muscle. Sa consistance, non moins variable que sa couleur, est toujours plus grande dans les animaux avancés en âge, que dans les jeunes animaux.
Indépendamment de la fibre contractile ou fibre musculaire proprement dite, il entre encore dans la composition des muscles, des fibres blanches, non contractiles et très-résistantes dont la réunion forme les tezdons, organes de transmission du mouvement, et les aponévroses, sortes de toile formant un appareil de contension, qui affermit la contraction musculaire et la rend plus énergique.
Le système musculaire a la même structure dans tous les animaux. Dans tous, les muscles sont les organes actifs du mouvement; les extérieurs, ou les muscles de la vie animale, constituent les puissances appliquées aux leviers que représentent les différentes pièces du squelette, leur action est soumise à l'empire de la volonté; tandis que les muscles intér'eurs, encore nommés zzuscles de la vie organique, dont l’action est hors de l'influence de la volonté, sont annexés au système tégumentaire interne.
La contraction musculaire étant sous l’influence directe et immédiate du système ner- +eux, la cessation de l’innervation entraine nécessairement l’anéantissement de cette propriété vitale.
SECTION X. — Système tégumentaire en général.
Ce système, d'une immense étendue, se compose de diverses expansions membraneuses d’une texture ordinairement foliée, qui forment le revêtement non interrompu de toutes les surfaces du corps, tant externes qu'internes , habituellement exposées au contact des substances étrangères; de là sa division assez naturelle er deux systèmes secondaires, qui sont le système cutané Où tégumentaire externe,et le système des membranes muqueuses OÙ tégumentaire interne.
$ IT. — Membranes muqueuses.
Ces membranes, ainsi nommées à cause du mucus qu'elles fournissent, forment le tégument interne de toutes les cavités du corps qui communiquent au dehors. L'une de ces membranes tapisse en se canalisant d’une manière continue toutes les voies digestives et respiratoires; l’autre muqueuse, beaucoup moins
ANIMAUX DOMESTIQUES : ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX. Liv. 111.
étendue, est commune aux organes génitaux et urinaires, à l'égard desquels elle se comporte de la même manière que la première.
+ Doublées à l’extérieur dans presque toute l'étendue de ces divers appareils par des membranes charnues, les muqueuses offrent ordinairement à leur surface libre, 1° un plus ou moins grand nombre de plis qui en augmentent la surface et permettent leur ampliation; 2° des ouvertures par lesquelles s’échappe le mucus que sécrètent les fo/licules situées dans leur épaisseur; 3° enfin une innombrable quantité de petites éminences nommées papilles ou villosités, suivant qu’elles sont des organes de sensibilité ou d’absorption.
La composition des membranes muqueuses résulte assez généralement de la superposition de deux couches. La plus externe est nommée m#ucoderme, et la plus interne, qui
n'existe pas toujours, est appelée épiderme où epithelium.
$ II. — Système tégumentaire externe ou peau.
La peau est une membrane qui forme l’enveloppe extérieure du corps suf lequel elle se moule de manière à en accuser toutes les formes. Doublée, en quelques endroits, par une couche musculeuse destinée à la mouvoir, la peau est recouverte à l'extérieur de productions cornées (les poils), qui en font une enveloppe défensive.
Les parties essentiellement constituantes du tégument externe sont 1°le derme, ou couche fibreuse qui en est la partie fondamentale, et duquel dépendent son épaisseur, sa résistance et son élasticité ; il contient dans son épaisseur de petits organes sécréteurs, nommés follicules, destinés à sécréier une matière onctueuse qui forme à la peau un enduit défensif; 2° des papilles, éminences érectiles, formées par des vaisseaux et des nerfs, dans lesquelles parait résider la sensibilité dont jouit la peau; 3° d’un réseau lymphatique, siége de l'absorption et de l’exhalation quis’exercent continuellement à la surface de l’organe cutané; 4 un pigment noirâtre où rougeûtre, qui manque quelquefois dans certaines parties de la peau,et que l’on regarde aujourd’hui comme analogue à la matière colorante du sang; 5° enfin, l’épiderme, expansion de nature cornée, susceptible de se régénérer, qui se moule à la manière d’un vernis sur la surface du corps papillaire, et le garantit de l'impression trop immédiate des agens extérieurs.
Les principales parties accessoires de la peau sont les ongles et les poils.
Les poils, productions cornées filiformes, variables quant à leur grosseur, leur longueur, leur configuration, leur nuance, etc., composent une vestiture naturelle qui constitue ce que l’on nomme pelage, robe et toison. Chacure de ses productions, quels que soient son volume, sa forme et salongueur, tient à la peau par sa base qui est logée dans un bulbe ou follicule. Ce bulbe, organe promoteur du poil, est un petit sac logé sous le derme ou dans son épaisseur, du fond duquel s’élève une papille vasculo-nerveuse, sur laquelle se moule la tige du poil et qui lui forme un étui défensif.
À ces détails anatomiques, dont la connais-
sance me parait suffisante pour comprendre le mode d'origine, l'accroissement, la régénération des poils et le rôle qu'ils jouent dans l'exercice du tact, j'ajouterai que l’âge, le climat, la saison, la quantité et la qualité des alimens, l’état de santé où de maladie, ja constitution individuelle et les soins que l’on donne aux animaux, sont autant de conditions qui influent sur jes caractères de ces productions.
Toutes les autres productions cornées, quels
ue soient leur situation, leur volume et leur orme, se développent , s’accroissent , se nourrissent et se régénèrent de la mème manière que les poils; les unes de ces productions, connues sous le nom générique d'ongles, revèêtent plus ou moins complétement l'extrémité de chaque doigt; lorsque ce revêtement est complet, l’ongle est appelé sabot; parmi les animaux domestiques le cheval, le mulet et l’âne sont ceux qui nous offrent le type le plus complet de cette espèce d’ongle. Le bœuf, le mouton , la chèvre et le porc ont également des sabots, mais beaucoup moins étendus. La griffe du carnassier est un ongle terminé en crochet qui ne recouvre que les deux tiers environ
e la phalange unguéale.
Les autres productions cornées, telles que les châtaignes, les ergots et les défenses de formes si variées, dont est armée la tête de certains animaux, sont encore, sous le rapport anatomique, tout à fait identiques aux productions pileuses.
ART.11.— Appareils ou groupes d'organes.
De la réunion des solides organiques précédemment examinés, résultent les organes qui diffèrent entre eux par leur structure et leurs usages, mais qui tous sont réunis pour le double but de la conservation de l'individu et de la conservation de l’espèce.
Pour concourir à ces deux grands résultats définitifs, ces instrumens ou organes sont distribués en un certain nombre de groupes ayant chacun une fin déterminée; cette fin s'appelle fonction, et chaque groupe d'organes est nommé appareil.
Parmi les appareils destinés à la conservation de l'individu, les uns, servant à établir ses rapports avec le mondeextérieur sont nommés appareils de relation; les fonctions qui dépendent de l'exercice de ces appareils, sont : le tact, le goût, l’odorat, l'ouie et La vue. Les autres, destinés à réparer les pertes que font incessamment toutes les parties du corps, sont nomraés appareils de nutrition; la digestion, La respiration, la circulation, les sécrétions et l’absortion dépendent de ces appareils.
Les organes dont le but est la conservation de l'espèce composent l'appareil générateur.
Les appareils de relation se divisent en deux classes. La première comprend les appareils de sensation; la seconde, l'appareil du mouvement, par l'examen duquel nous allons com-