LIV. lit
Mais les paupières peuvent présenter dans leur conformation des défectuosités plus réelles, qui mettent à l’exécution de leurs fonctions un obstacle plus ou moins complet.
Tel est le cas, par exemple, où le bord de l'une ou de l’autre, renversé en dedans, dirige vers la surface de l'œil les cils dont il est armé : tel est le cas encore où ce même bord éraillé laisse à découvert une petite portion dela conjonclive,qui,setrouvantalors continuellementsoumise au contact de l'air et de la lumière, peut s'irriteret s’enflammer. Dans l’une oul’autre deces circonstances, naitraune ophthalmie difficile à guérir.
La partie antérieure de l’œil est continuellement mouillée par les larmes que les paupières étendent sur sa surface dans leurs mouvemensalternatifs d’élévation et d’abaissement. Sécrétées en plus grande abondance dans les maladies de l'œil, changées dans leur nature et leurs propriétés, les larmes, devenues irritantes, produisent sur la paupière inférieure, à son angle nasal, une excoriation qui doit faire porter à l'examen de l'œil une S$crupuleuse attention.
La face interne des paupières est tapissée par la conjonetive, membrane du genre des mu-
ueuses, qui se réfléchit sur la face antérieure
e l'œil. La coloration rosée qu’elle présente dans l’état de santé est susceptible de varier dans différentes circonstances maladives, qu'il n’est pas de notre sujet d'indiquer ici. Ce qu'il importe de savoir, €'est que, lorsqu'elle est le siége d'une irritation, soit seule, soit concurremment avec l'organe essentiel de la vue, elle devient plus rouge, les vaisseaux qui se ramifient dans son épaisseur s’injectent, les larmes coulent abondamment sur le chanfrein.
Ces signes sont trop apparens pour qu'on s’y laisse tromper, s'ils se présentent sur un cheval exposéen vente; mais il est possible que l’ophthalmie soit périodique : elleest alors bien plus facile à dissimuler à l'acheteur, car, hors les momens des accès, tous les symptômes de la fluxion disparaissent, et l'œil reprend à peu près sa netteté. On remarque seulement, à l’angle nasal, cette excoriation de la paupière inférieure, et dans l’intérieur de l'œil, d’autres signes assez fugaces que nousindiquerons tout à l'heure. s à
2° De l'œil proprement dit. L'intégrité de l'organe oculaire, si importante à l'exécution parfaite de la fonction qu'il remplit, dépend de la transparence des parties réfringentes
ui entrent dans sa composition, de la liberté de mouvemens de la pupille et de l'absence complète de tout signe maladif. È odée:
La première condition de ia beauté de l’œil est donc la diaphanéité de la cornée transparente. Son opacité complète avec épaississement de la conjonciive est désignée sous je nom d'albugo; quand cette opacité est circonscrite, qu’elle n'occupe pas toute la surface de la cornée, on l'appelle tæe; enfin l’on désigne sous le nom de zuage un léger défaut dans sa diaphanéité. Toutes ces défectuosités sont graves, et d'autant plus que, soit par leur étendue, soit par leur épaisseur, soit par leur position, soit enfin par les causes qui leur ont donné naissance, elles mettent un obstacle plus complet et plus durable à l’exécution de la vision.