‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 150 sur 467 · LIV · texte numérisé non relu

LIV

| le ligament sus-épineux dorso-lombaire et les

muscles ilio-spinaux.

Dans un cheval bien conformé, il décrit une légère concavité à sa sortie du garrot, puis s’étend en ligne droite jusqu'aux reins en s’arrondissant sur les parties latérales, sans presenter dans son milieu la saillie des apophyses épineuses qui lui servent de base; telle est la conformation que l’on doit considérer comme belle dans l’acception propre du mot. Il en est une autre cependant qui donne aux chevaux plus d'apparence, c’est celle où le dos se creuse en sortant du garrot et décrit une courbe en contre-bas. Cette disposition plait généralement davantage à l’œil, parce que la courbure dorsale fait mieux ressortir la saillie du garrot; et, en outre, il est de remarque que les animaux qui la présentent offrent dans leur habitude extérieure plus d'harmonie et plus de grâce que les chevaux autrement conformés. C’est qu’en effet on voit toujours coexister cette conformation du dos avec la disposition de l’encolure et des membres qui favorise le plus ce que l’on appelle le Ziant et le ride des mouvemens. Ainsi, lorsque le dos est ensellé, c’est-à-dire qu'il présente cette courbure en contre-bas, l’encolure est ordinairement rouée, les jarrets coudés, les avantbras courts, et les angles des boulets très-fermés. De même l’on voit toujours coïncider avec la voussure du dos une disposition osseuse des membres qui favorise leur solidité aux dépens de leur flexibilité.

De ces différences dans la conformation de l’épine dorsale résultent évidemment, dans les chevaux qui les présentent, des différences d'aptitude pour les services. Certes, par exemple, dans les chevaux ensellés, les allures doivent être bien douces, car leurs réactions sont amorties par la disposition en soupente de la colonne épinière, et, comme nous le verrons plus re par celle des rayons osseux des membres. Mais la grande flexibilité de cette colonne en exclut la solidité : le pords appliqué sur elle, loin de se répartir également sur toutes les vertèbres, fait éprouver à leurs moyens d'union un tiraillement qui entraine promptement la fatigue et la ruine des animaux. Ceux qui présentent cette conformaton sont plutôt propres aux allures du manége, qu'aux services quelquefois pénibles qu'on exige des chevaux de selle.

Au contraire, dans le cheval qui présente le dos de carpe ou de rn7ulet, toutes les vertèbres se soutiennent réciproquement comme les pierres dans une voûte et participent toutes à la pression exercée sur l’une d’entre elles. Aussi les animaux ainsi conformés présentent-ils une grande force de résistance pour porter de lourds fardeaux; 1ls peuvent être employés avec avantage au service du bât ou à celui des limoniers; mais, comme la grande solidité de leur colonne est incompatible avec sa flexibilité, ils sont tout à fait impropres par la dureté de leurs réactions au service de la selle.

On remarque queiquefois sur le dos des plaies, résultats de la mauvaise application de la selle ou des harnais. Moins dangereuses qu’au garrot, ces plaies sont lentes à se cicatriser et diminuent la valeur d’un cheval.

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