‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 161 sur 467 · II. Des parties sexsuelles externes · texte numérisé non relu

II. Des parties sexsuelles externes

a) Dans le male. es testicules, situés entre

les deux cuisses, sont enveloppés par une peau fine, qui porte le nom de scrotum.

Quand or explore avec la main ces organes dans un animal bien conformé et en parfait état de santé, on les sent rouler dans leurs enveloppes, et fuir, en quelque sorte, sous les doigts qui les pressent.

Tout engorgement des gaines des testicules, toule adhérence contre nature de ces organes avecles parties quilesenvironnent,doivent étre considérés le plus souvent comme d’un mauvais présage.

Dans les chevaux de belle race, comme les chevaux arabes, par exemple, les testicules

at toujours un grand développement. On doit donc attacher une idée de défectuosité tresgrave à l’atrophie de ces organes, car elle 1mplique nécessairement que les animaux dans lesquels elle s’observe n’ont pas tous les caractères des chevaux entiers, et sont impropres conséquemment à en remplir efficacement les services.

Les chevaux qui sont privés de ces organes par la castration sont appelés Aongres.

Le périne est l’espace dénué de poils qui s'étenti de l'anus aux testicules.

Le raphé est la couture ou ligne médiane qui sépare le périné et le scrotum en deux parties égales.

Le fourreau, situé en avant des testicules, est la gaine dans laquelle est logé le pénis hors les temps d’érection et d’excrétion de l’urine ; car, lorsqu'il est bien conformé, le fourreau doit être assez spacieux pour laisser au pénis la facilité d'en sortir au moment de l’expulsion de l'urine. Lorsqu'il est trop resserré, le cheval, comme on le dit alors, est obligé de pisser dans son fourreau. Ce resserrement, que l’on appelle phimosis naturel, peut être considéré comme sérieusement défectueux; car le con:

tact souvent renouvelé de l'urine mélangée à l'humeur sébacée, sécrétée et accumulée dans cette gaine, peut devenir irritant pour la peau et en déterminer l’ulcération.

On ne doit pas négliger à chaque pansement de la main d'éponger l’intérieur du fourreau pour enlever l'humeur sébacée, dont le séjour trop prolongé peut être pernicieux.

Le pénis, ou membre genital, est logé dans l'intérieur du fourreau, dont il ae sort que dans l’état d'érection, ou pour conduire au dehors l’urine excrétée.

C’est seulement dans l'achat d’un animal destiné à la reproduction que lexploration de cet organe est d’une haute importance. On doit alors s'assurer s’il ne porte pas de verrues, ou s'il n’est pas affecté d’ulcérations. Ces défectuosités sont assez graves pour rendre l’étalon impropre à son service.

b) Dans la femelle. Va vulve située en dessous de l'anus, dont elle est séparée par le périné, n’est importante à considérer à l’extérieur que sous le rapport des poireaux où des polypes, dont elle peut être le siége. Ces maladies sont assez graves pour faire rejeter une jument comme poulinière, car il est de remarque qu'elles peuvent se communiquer à l’étalon.

Les #amelles, au nombre de deux, situées en arrière du ventre, au-dessous du pubis, offrent peu de considération dans la jument,

craë, 2.

On verra à l’article de l'éducation quelles sont les conditions de leur beauté dans les femelles laitieres.

$ V.— Des membres en général.

Les membres ont pour base des colonnes osseuses « composées, comme le dit BOURGE- » LAT, de pièces unies et assemblées dans une » direction et une convenance d’où dépen- » dent la possibilité et la liberté du jeu que » leur font exécuter les organes musculaires » qui les entourent; ils sont destinés à servir » de soutien à la machine animée, et à la » transporter d’un lieu dans un autre, lors- » qu'ils sont sollicités aux mouvemens dont » ils sont susceptibles. »

Les membres antérieurs et postérieurs présentententre eux,dans la disposition des rayons osseux qui les constituent, et dans leur mode d'union au corps, des différences que nécessitaient les fonctions différentes qu'ils ont à remplir. Les premiers, en effet, placés plus immédiatement sous le centre de gravité, peuvent être considérés principalement comme des colonnes de sustentation ; les seconds, par leur conformation, sont plus particulièrement propres à donner à la machine son impulsion progressive. C’est du moins à cette conclusion que conduit l’examen approfondi de l'appareil osseux des membres.

Voyez, en effet, comme, dans les membres antérieurs, tout est disposé pour que le poids qu'ils soutiennent soit à l’abri des réac- Uons du terrain. Et d'abord, si les os qui les forment eussent été dirigés verticalement les uns au- dessus des autres, leur colonne roide et inflexible eût transmis au corps les réactions dans toute leur rudesse. Aussi, par sa direction oblique en avant et en bas, l’omoplate forme-t-il avec l'humérus, inversement dirigé, un angle qui permet à ces deux os de se rapprocher, lorsque dans les mouvemens progressifs le poids du corps retombe entre les deux épaules; c’esi pour ainsi dire à l'origine du membre un ressort élastique qui cède sous la pression, et revient, quand elle cesse, à ses dimensions premières. Cependant ce moyen de soustraire la machine aux secousses des réactions eût été insuffisant si la colonne de soutien avait eu des connexions osseuses avec la tige vertébrale. Voyez aussi comme, dans le mode d'union du thorax avec l'épaule, cet inconvénient est prévu et évité. De l'extrémité supérieure et de la face interne des omoplates descendent, le long du thorax, deux muscles épanouis, denticulés à leur bord inférieur, qui, semblables, comme le dit M. RiGor, à deux larges mains, saisissent le corps et le suspendent entre les deux épaules, favorablement disposées, comme BourGELAT l'a observé le premier, pour résister, à la manière d’une voûte, au poids du tronc qu’elles embrassent. Remarquons, en effet, que les deux scapulums ont leur bord supérieur dirigé vers les apophyses épineuses du garrot, sur lesquelles ils prennent un point d'appui comme sur une véritable clef de voûte, et qu'ainsi opposés l’un à l’autre par leur sommet, ils se trouvent dans les conditions les plus favorables pour soutenir le poids appendu entre deux. La solidité de la voûte qu'ils re-

DIVISION DU CHEVAL

présentent ainsi n'exclut cependant pas son élasticité ; car les bords supérieurs des omoplates se prolongent, comme on le sait, par deux cartilages élastiques qui, appuyés contre lesapophyses épineuses, cèdent graduellement lorsque le poids du corps tend à rapprocher les deux scapulums. Ainsi la nature à su donner à cet appareil de soutien deux attributs bien différens, la solidité et la grande élasticité.

Le second rayon osseux, l'humérus, cbliquement dirigé, comme nous l’avons vu, et en sens inverse du scapulum, prend inférieurement un point d'appui sur le radius, qui transmet verticalement au canon la pression qu'il supporte, et forme avec lui une colonne de soutien dont la solidité est assurée par la force des muscles extenseurs, destinés à combattre tout à la fois l’antagonisme des fléchisseurs, et celui du poids du corps, qui tend sans cesse à faire fléchir les articulations.

Arrivés à l'articulation du boulet, les os présentent une nouvelle disposition; lacolonne osseuse se trouve tout à coup brisée et dirigée en avant par l'angle que forme le paturon avec le canon, et le poids du corps qui, depuis le scapulum, s'était transmis d’os en os, se trouve maintenant soutenu comme sur une soupente par un ligamentsuspenseur et les tendons fléchisseurs , dont le tissu résistant et inextensible les rend propres à supporter les plus grands efforts. Cet angle peut être aussi considéré comme un ressort dans les mouvemens duquel viennent se perdre en partie les effets réactifs.

Les rayons osseux ainsi disposés forment, comme on le voit, une colonne efficacement disposée pour soutenir le centre de gravité dans la station; et en vertu des mouvemens dont ils jouissent, ils peuvent lui offrir une base nouvelle dans la progression. Ainsi l'omoplate se meut en avant et en haut, le bras en arrière, l’avant-bras en avant, et le canon, avectoutel’extrémité inférieure, dans le même sens que le bras; en sorte que lFomoplate étant levé, toutes les autres parties qui constituent le reste du membre forment divers angles qui en abrégent la longueur, et dès lors il peut être porté en avant sans aucun obstacle.

Les membres postérieurs doivent être considérés comme les organes essentiels de la locomotion. Examinez, en effet, l'appareil osseux qui les constitue, et les différences qu'il présente dans sa disposition avec celui du membreantérieur; le premier rayon n’est plus, comme l'omoplate, simplement juxtaposé au tronc. L'ilium en fait partie intrinsèque; concourant à la formation d’une de ses cavités, il est uni d’une manière intime avec sa tige centrale, à laquelle il devra transmettre sans perte aucune les mouvemens qui lui sont communiqués. Ici il semblerait, au premier coup d'œil, comme le dit BOURGELAT, que la nature pourrait être accusée d’avoir omis de parer aux inconvéniens de la réaction. Mais, à bien y réfléchir, cette connexion intime n'était-elle pas nécessaire pour que la progression püt s'effectuer sans perte dans la contraction musculaire ? et la machine ne se trouve-t-elle pas assez à l’abri des secousses réactionnelles par l'éloignement du centre de gravité des mem-

bres postérieurs, la flexibilité de la colonne lombaire, enfin les inclinaisons variées des rayons osseux de ces membres les uns sur les autres. Ainsi le second rayon, le fémur articulé avec l’ilium est obliquement dirigé en avant en sens inverse de l'humérus, le tibia est oblique en arrière, ie canon dirigé dans le même sens que le fémur, et tous les angles alternes qu'ils forment ne doivent-ils pas rem-

plir ici le même but que l'angle scapulo-hu- |

méral dans le membre antérieur ?

Lorsque, par l’effet de la contraction musculaire, tous ces angles se ferment, le membre raccourci peut être porté en avant sous le centre de gravité; et lorsque, ainsi fléchi, il prend à terre un point d'appui, il peut être comparé, suivant M. Girarp, à un véritable ressort placé entre deux corps de masses inégales, la terre d’une part, le corps de l’autre, qui dans sa détente devra communiquer une impulsion à celui qui lui offrira le moins de résistance. Or, la détente des membres postérieurs, c’est le déploiement de leurs rayons et l'agrandissement des angles qu’ils forment par la contraction des muscles extenseurs. Le mouvement qu'ils impriment dans leur extension doit se communiquer de bas en haut, puisque la terre inerte réagit contre lui, et se propager, sans rien perdre de son intensité, au rachis, qui le transmet au centre de gravité, dont le déplacement s'opère simultanément avec le transport en avant des colonnes mobiles qui doivent le soutenir daus sa chute.

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