‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 160 sur 467 · II. De la queue · texte numérisé non relu

II. De la queue

Située à l'extrémité postérieure du corps qu’elle termine avantageusement, la queue est par sa forme un des plus beaux ornemens du cheval, et par la position qu’elle occupe un des indices les plus certains de son énergie et de la pureté de sa race.

Voyez en effet comme dans les animaux de pur sang la queue, détachée de la croupe dont elle suit d’abord la direction horizontale, s’incurve plus tard en laissant échapper de son troncon la touffe ondoyante de ses crins.

Cette position hardie n’est considérée en elle comme une beauté, que parce qu’elle est l'effet de la contraction des muscles qui se groupent autour de sa tige vertébrale, et qu’il est rationnel de conclure de l'énergie de ces organes à celle de tous les autres agens moteurs.

C’est donc une pratique bien fondée de ju-

er de la vigueur d’un cheval, comme le font dabituellement les marchands, par le degre derésistance qu'iloppose quand on lui soulève la queue. Les renseignemens fournis par cette espèce de dynamomètre conduisent rarement à l'erreur.

Ils avaient bien compris l’expression que la position de la queue donne à l'habitude extérieure du corps, ceux qui, pour imprimer aux chevaux communs un cachet de distinction, ont inventé l’opéralion d’anglaiser, qui consiste à couper en travers et dans toute leur épaisseur les muscles abaisseurs de la queue. La résistance qu'ils opposaient à leurs antagonisles se trouve ainsi anéantie, et toute la force de ces derniers n’est plus alors contrebalancee que par le poids de la queue, dont on

diminue encore l'effet en retranchant une partie du tronçon el des crins. ce

Le cheval qui n’a subi que la première partie de cette opération est appelé ziqueté, et l'on dit qu'il est écourté, courteaudé où courtequeue quand on lui à fait l’amputation de la queue sans le niquetage.

Considérée sous le rapport de sa forme, la queue peut être en balai, en éventail, en catogan et en queue de rat.

Sous la première de ces formes la queue a quelque analogie avec un balai de bouleaux; sès crins, assez courts et de longueur inégale, forment une touffe effilée comme celle des brins du balai.

Dans la queue 62 éventail, la touffe épaisse et longue des crins s’épanouit à son extrémité inférieure. La queue est dile en catogan, lorsque son tronçon est coupé très-court, ainsi

ue les crins qui émanent de son milieu, tande que ceux de chaque côté, conservés dans Jeur longueur, forment seulement deux petits faisceaux. C’est sur les bidets ambleurs que l'on observe habituellement cette forme bizarre de Ja queue.

Enfin, si la queue n’est couverte que de quelques crins clair-semés, au travers desquels on aperçoit la peau, on dit que le cheval a la queue de rat. Cette manière d'être, défectueuse en apparence dans tous les chevaux, l'est réellement dans les jumens poulinières chez lesquelles la queue est un instrument si utile pour chasser les insectes dont elles sont toujours tourmentées à l’époque de la parturition.

Les tares de cette région sont la gale et les plaies causées par la croupière ou par la longe que les marchands ont coutume d’y attacher lorsqu'ils veulent conduire ensemble un grand nombre de chevaux.

L'anus, orifice postérieur du canal intestinal, constitue dans les beaux chevaux un bourrelet circulaire, saillant, très-dilatable, hermétiquement clos, hors le temps de l’excrétion des matières fécales. On a coutume de dire vulgairement que les chevaux sont bien 72arronés, lorsque l'anus est ainsi conformé.

Dans les vieux chevaux, dans ceux qu'ont épuisés les maladies ou les travaux excessifs, dans les chevaux étroits de boyaux, Y'anus est ordinairement rétracté et situé dans un enfoncement; quelquefois même il reste béant et présente une ouverture assez spacieuse pour qu'on puisse y introduire le poing. Cette défectuosité très-grave se fait souventremarquer dans les chevaux appelés vidarts, c'est-à-dire qui se vident facilement et qui ont des diarrhées fréquentes. Autrefois les maréchaux et les maquignons, dans le but de guérir les chevaux poussifs, avaient l'habitude de pratiquer au-dessous de l’anus une incision profonde dans laquelie ils introduisaient un anneau de plomb. Ils appelaient cette ouverture sifflet ou rossignol. Aujourd’hui cette absurde opération n’est que bien rarement mise en usage. On doit se rappeler cependant que dans les chevaux qui en portent les traces, la pousse n’est plus une maladie redhibitoire.

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