I. De l’avant-bras
L’avant-bras, le premier rayon détaché du corps, a pour base le radius et les muscles extenseurs et fléchisseurs du pied qui se groupent au côté externe et en arrière de ce rayon osseux, en laissant presqu'à nu son côte interne, La forme particulière qu'affectent ces muscles, renflés à leur extrémité supérieure, et terminés à l’autre par leurs tendons d’implantation, donne à cette région la configura-
DIVISION DU CHEVAL
tion d’une pyramide renversee. Pour elle, comme pour l'épaule, une des conditions principales de la beauté se trouve dans ja force et la puissance des muscles, quise manifestent à l'extérieur par leurs saillies, entre lesquelles s'observenut des interstices profonds. 1] faut, comme on le dit vulgairement, ue l’avant-bras soit zerveux. L'état de maiour de ses muscles entraîne avec lui une idée de faiblesse et de défaut d'énergie.
Quant à la longueur qu'on doit rechercher dans cette région, elle est variable suivant le service auquel animal est propre par sa conformation. Dans le eheval, dont l’encolure est renversée, la poitrine haute, les jarrets droits, l’épaule longue et oblique, lavantbras, alors aussi long que possible, embrasse, dans chaque mouvement du membre en avant, une étendue de terrain proportionnée à sa longueur qui est toujours en raison in-
| verse de celle du canon. Avec cette disposi-
tion des rayons osseux, la rapidité des allures est encore augmentée par la petite étendue de contraction nécessaire aux muscles fléchisseurs de l’avant-bras pour élever de terre l'extrémité antérieure et la porter en avant. Tandis que, lorsque l’avant-bras est court, et que par conséquent sa brièvelé se trouve compensée par la longueur du canon, il faut de plus grands mouvemens de flexion du radius sur lhumérus, pour que l'extrémité inférieure soit élevée du sol, sans quoi elle serait à chaque instant menacée de heurter contre ses inégalités. Ces mouvemens exagérés de flexion sont gracieux, il est vrai, et donnent aux animaux plus d'apparence; mais la contraction musculaire employée pour les effectuer est perdue pour la vitesse des allures.
C’est principalement dans les chevaux andalous, à l’'encolure de cygne, et aux jarrets coudés, que l’on observe cette brièveté de l’avant-bras, qui fait dire ordinairement qu'ils troussent dans leurs allures.
Dans le cheval de trait, c’est principalement le développement musculaire qu'il faut rechercher dans cette région; ici, comme pour l'épaule, les considérations tirées de la longueur sont de peu d'importance.
La chätaigne est cette production cornée que l’on observe, dans les chevaux, au milieu de la face interne de l’avant-bras ; très-peu développée dans les chevaux de race chez lesquels elle ne forme qu'une surface chagrinée, elle peut prendre sur les chevaux de trait un accroissement assez considérable, pour qu’il soit nécessaire de la couper, sans quoi elle pourrait gêner dans la marche.
Le coude, situé à l'extrémité supérieure de Pavant-bras, a pour base le prolongement olécranien et les muscles qui viennent s'y insérer.
La beauté de cette région dépend de sa position, variable suivant la direction des rayons inférieurs. Ainsi, lorsque l’avant-bras présente plus ou moins en dehors sa face qui devrait être antérieure, et que conséquemment le reste de l'extrémité et le pied sont dirigés dans le même sens, qu’en un mot l'animal est panard, le coude est porté en dedans. Lorsqu'au contraire il esl cagneux, c'est-à-dire que les pieds sont tournés en dedans, le coude est dirigé en dehors. Sa direction peut done
étre prise pour un indice assez sûr de la recütude ou de la fausseté des aplombs : aussi ne doit-elle être considérée comme belle, qu'autant qu'elle est parallèle à l’axe du corps.
Quelquefois, lorsque le cheval se couche er vache, c'est-à-dire en reployant sous lui les extrémités de ses membres antérieurs, le contact réitéré des éponges du fer occasione à la pointe du coude le développement d'une tuineur le plus souvent indolente, que lon désigne sous le nom d’éponge ou de loupe au coude. C’est par la ferrure que l’on peut prévenir son developpement; mais il est assez difficile d'en obtenir la guérison.