‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 168 sur 467 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

210 ANIMAUX DOMESTIQUES : CONFORMATION EXTERIEURE

quence nécessaire, ja solidité des appuis et la destruction du parallélisme des forces avec leurs bras de levier. La position du boulet n'est belle qu'autant que l'os du paturon forme avec le sol un angle de 45 degrés.

C’est en effet par cette disposition seule des rayons osseux que le poids du corps se trouve régulièrement réparti entre les phalanges d’une part et l'appareil tendineux suspenseur de l’autre. Que si nous supposons maintenant que cet angle soit plus ouvert, et que l'os du paturon forme avec le canon une ligne presque droite, ce que l’on exprime en disant que les animaux sont piqués ou droits sur leurs membres , le poids du corps n'étant plus transmis au sol que par des parties dures et inflexibles, les effets du ressort que représente l’articulation, sont presque complétement nuls, et conséquemment les réactions irès-dures dans les mouvemens progressifs.

IL est d'observation que les animaux ainsi conformés sont ruinés de bonne heure.

Puis. comme les muscles fléchisseurs finissentioujours par l’emportersur lesextenseurs, une fois que cette prépondérance sera établie, les rapports des rayons osseux pourront COmplétement changer,et l’angle qu'ils forment devenirsaillant enavant de la direction du canon, au lieu d’être porté en arrière. On dit alors

ue le cheval est bouleté. Cette conformation

éfectueuse, résultat de l’usure et de la fatigue, le rend impropre à toute espèce de service.

Admettons maintenant que l’angle de jonction du canon avec le paturon soit plus fermé. Des conséquences tout-à-fait inverses à celles que nous venons d’énumérer vont résulter de cette disposition. La plus grande partie du poids du corps ne sera plus alors soutenue que sur l'appareil tenadineux suspenseur, tandis que les phalanges ne concourront presque qu'indireetement à lui fournir un point d’appui. Certes, dans ce cas, les allures devront étre douces et les mouvemens paraitront plus gracieux : mais lesanimaux ainsi conformés ne sauraient résister à de longues fatigues, parce que le tiraillement continuel exercé sur les cordes tendineuses qui soutiennent leur corps, les rend douloureuses et détermine la claudication. Comme cette disposition du boulet est le plus souvent la conséquence de la trop grande longueur du paturon, on appelle /o7goëntés les chevaux chez lesquels elle se fait observer.

Le boulet peut pécher par un exces de volume dû à l’épaisseur de la peau, et à labondance du tissu cellulaire sous-cutané: on dit alors qu’il est empäté : cette défectuosité est aussi grave dans cette région que dans le canon. On dit que le boulet est cerclé, lorsqu'il est de toutes parts entouré de tumeurs molles ou dures.

Les tumeurs molles provenant des dilatations de la capsule synoviale de l'articulation se font remarquer en arrière et au-dessus du boulet entre l'os et les cordes tendineuses.

ici, comme au canon, elles ont recu le nom de mollettes, et doivent être considérées comme le résultat de l'usure dans les animaux qui ont déjà suffi à des services. Les tumeurs dures sont des osselets et des suros, Ils sont d'autant plus graves qu’ils gèrent davantage

Page 1