LIV. Iii
par leur position le mouvement des tendons ou l’action des ligaments. C’est par le feu, dont les traces s’observent souvent sur le boulet, qu’on obtient la disparition des tumeurs dures où molles.
On observe quelquefois à la face interne du boulet des plaies plus ou moins larges causées dans la marche par les heurts du pied opposé. On dit alors que le cheval se coupe, et qu'il s’entretaille, lorsqu'il se blesse, en marchant,dans d’autres régions de extrémité.
Lorsque ce défaut n’est que la conséquence de la jeunesse du cheval, il disparait avec lâge; mais, lorsqu'il résulte d’une mauvaise direction des rayons ossseux, il ne peut être réparé que par une ferrure appropriée. Dans ce dernier cas, il offre assez de gravité
Enfin on appelle mémarchure ou effort de boulet ou entorse la distension violente des ligamens de l'articulation causée par un appui à faux ou une chute. Cet accident toujours grave occasionne, lorsqu'il est récent, une très-grande douleur que le repos et le temps peuvent faire disparaitre.
Le /fanon, Situé en arrière du boulet, est formé, dans les chevaux fins, par un petit bouquet de poils. Leur épaisseur et leur abondance accusent une race commune.
L'ergot, situé sous les poils du fanon, est une production cornée, Sans autre base que la peau, placée, dans les monodactyles, comme le rudiment d'un doigt. Sa beauté consiste dans son peu de volume et son peu d'apparence.
VI Du paturon.
Le paturon à pour base le premier phalangien et la portion des tendons extenseurs et fléchisseurs qui glissent sur ses faces.
La beauté de cette région réside dans son inclinaison et dans sa longueur, d’où dépend la position du boulet. Nous ne répéterons donc pas ici ce que nous venons de dire à ce sujet dans l’article précédent; il nous suffit d’indiquer maintenant que l'angle de jonction du canon avec la première phalange est d’autant plus ouvert, et conséquemment l’animal plus droit sur ses membres, que le paturon est plus court, et vice versa, que l’on voit toujours coïncider linclinaison plus oblique de l'os du paturon avec sa plus grande longueur. Or, dans ce dernier cas, il est facile d'expliquer par la théorie des leviers la ruine si prompte des membres.
Admettons que la série des trois phalangiens et les grands sésamoïdes qui sont conti nus à l'extrémité supérieure du premier représentent (#g. 91) un levier du premier genre, dont le point d'appui se trouve en B à l'extrémité inférieure du canon. La longueur BA des grands sésamoïdes :
sera considérée comme le bras de levier de l'appareil tendineux suspenseur, qui jouera ici lerôle d’une des puissances, tandis Æm£osmumt que l’autre représen-
Pis191
ciaAp. 2.
tée par la résistance passive qu'oppose le sol | dans l'appui, aura pour bras de levier la longueur BC. Or, lorsque le cheval pose le pied à terre, cette résistance du sol tendant à faire fléchir l'articulation du boulet et à exercer un tiraillement sur les cordes tendineuses placées à l’autre extrémité du levier, ce tiraillement devra être évidemment d'autant plus grand que les os qui constituent le bras de levier de la puissance inerte seront eux-mêmes plus longs. ;
La peau qui revêt le paturon doit être peu épaisse, bien sèche sur los qu’elle recouvre, et saine surtout dans cette cavité particulière connue sous le nom de p{{ du paturon, que Fon observe à la face postérieure de cette région. Lorsque, par son épaisseur et l'abondance du tissu cellulaire qui la double, elle dénote un tempérament mou et lymphatique, on doit s'attendre à la voir devenir le siége des eaux aux jambes,quenous avons vues se développer dans les mêmes circonstances sur la peau du canon. Dans le pli du paturon, cette affection éruptive se présente sous la forme de crevasses, c’est-à-dire de fentes transversales pius ou moins profondes. 11 faut bien se garder de prendre ces crevasses pour des erchevétrures, qui ne sont que des plaies accidentelles faites au pli du paturon par la longe du cheval, iorsque l’un des membres postérieurs se trouvant pris dans l’anse de cette corde, les frottemens réitérés, résultats des efforts faits par l'animal pour se débarrasser du lien qui l'étreint, ont scié la peau du paturon.