CONNAISSANCE DE L’AGE DES
que les mitoyennes, et ces dernières moins que les pinces. La profondeur du cornet dentaire varie dans le méme rapport. Dans les incisives supérieures, ce cornet est plus lon que dans les inférieures: en outre, le demicercle décrit par les dents supérieures étant plus large et plus développé que celui des inférieures, le coin de ces dernières se trouve en contact avec le milieu de Ja table du coin des premières, et l’use de manière à y produire une échancrure qui peut guider jusw’à un certain point dans la connaissance e l’âge.
Les incisives caduques diffèrent des dents de remplacement, dont nous venons de donner les caractères. Elles sont généralement moins larges, d’un blanc laiteux. striées dans leur partie libre qui est séparée de la racine par un étranglement, ou collet qui ne se fait Jamais remarquer dans les dents de remplacement. (Voy. /2g. 96 et 97.)
Les crochets où angulaires, ainsi nommés parce que dans les carnivores ils servent à déchirer, sont au nombre de deux à chaque màâchoire, et situés dans l'intervalle qui sépare les incisives des molaires. Leur partie libre ( voy. fig. 98), conique et striée sur sa face externe, présente dans le milieu de son plan interne une éminence allongée que circonscrivent deux sillons, Les jumens en sont ordinairement dépourvues ; quelquefois cependant elles présentent des crochets rudimentaires sans éminences ni cannelures.
Organisation des dents. Les dents sont composées de deux principales substances.
différentes par leur couleur, leur densité, leurs usages : l’une extérieure qu’on appelle émail, Yautre intérieure nommée votre.
L’ivoire existe dans toute l'étendue de la dent; il forme seul la racine et concourt avec l’émail à former la partie libre. Comme les os, dont il ne diffère que par son mode de formation, il présente une trame organique, que l’on peut obtenir en le soumettant pendant quelque temps à l’action d’un acide aftaibli.
L'émail, dont nous avons déjà indiqué plus haut ja disposition sur la partie libre de la dent, est une substance formée presque entièrement de phosphate de chaux, et beaucoup plus dure que l'ivoire qu’il revêt et protége. Cest à la différence de densité de ces deux parties composantes des dents qu'il faut attribuer l'inégalité de leurs surfaces de frottement, car la substance éburnée, beaucoup moins résistante, use plus vite que la substance émailleuse. À
Nous avons indiqué plus haut la disposition des cavités dentaires, nous ne reviendrons pas sur ce point.
Les dents se forment dans l’intérieur des os maxillaires. Elles ne sont d’abord formées que par des vésicules logées dans des cavités que ces os présentent. Ces vésicules, à une cerlaine époque de la vie intra-utérine, présentent du côté par lequel la dent fera plus tard son éruption, une ou plusieurs lames osséiformes, qui successivement acquièrent de l'épaisseur et s'étendent sur les côtés de la vésicule qu'elles finissent par envelopper plus tard, en procédant du sommet de la dent à la racine, en sorte que la pulpe diminue au fur et à mesure que la dent grossit; et comme
ce travail d’accroissement se continue pendant toute la vie, il doit arriver, et il arrive en effet une époque où la pulpe et la cavité qui la renferment ont totalement disparu. C’est donc, comme on le voit, par une addition successive de couches de dedans en dehors que la portion éburnée se forme et s’accroit, tandis que l’émail qui la revêt n’est que le résultat de la sécrétion de la membrane interne de l’alvéole, et une fois appliqué à la surface de l'ivoire, il conserve toujours la même épaisseur et ne se régénère pas lorsqu'il est détruit. Les dents, croissant dans tous les sens, finissent par acquérir un volume qui n’est plus en rapport avec la capacité de la cavité alvéolaire qui les renferme, et bientôt. écartant les lames de los, elles le perforent du côté le moins résistant en se frayant une issue à travers le bord alvéolaire du maxillaire et la gencive qui le recouvre.
Nous venons de voir qu'après leur éruption les dents continuaïent à prendre de l’accroissement, tant du côté de la racine qu’en dehors de l’alvéole, en sorte que les parties usées par le frottement étaient continuellement remplacées par d’autres; nous devons rappeler que c'est sur l'appréciation de ce fait qu’est fondé un des principaux moyens de reconnaître l’âge des monodactyles.
L'étude de l’äge des monodactyles par l’inspection des dents peut se diviser en plusieurs périodes très-distinctes :
1° Eruption des dents incisives caduques depuis la naissance jusqu’à 10 mois;
2% Rasement de ces mêmes dents, de 10 à 30 mois;
3° Eruption des dents incisives de remplacement, de 50 à 60 mois;
4° Rasement de ces mêmes dents, de 5 à 8 ans;
5° Forme ovale, puis ronde que prend graduellement la table des incisives inférieures , sur laquelle apparaît le fond de la cavité dentaire interne (étoile radicale), avec le cul-desac du cornet externe dont la disparition annonce 12 ans;
6° Triangularité successive des incisives inférieures, et disparition également successive du cul-de-sac de la cavité dentaire extérieure dans les incives supérieures, de 12 à 17 ans;
7° Biangularité complète ou aplatissement d’un côté à l’autre des incisives inférieures, de 17 à 20 ans et au-delà.
Observation. Le commercement de chaque année, pour les chevaux, date du printemps, saison dans laquelle ils naissent habituellement; c’est donc à cette époque que, dans l'évaluation de leur âge, on doit toujours remonter comme point de départ.
PREMIÈRE PÉRIODE. Eruption des caduques. A la naissance, aucune des incisives n’a fait son éruption. Les pinces sortent de 6 à 8 jours; (fig. 99);les mitoyennes, de 30 à 40 jours (fg. 100); les coins, de 6 à 10 mois (fg. 101).
A linstant où chaque incisive fait son éruption, on aperçoit un bord tranchant, c’est le bord antérieur. Le postérieur n’est apparent quiabeites Jours après, c’est alors qu’on
istingue la cavité. Les incisives de la màchoire supérieure paraissent ordinairement un peu plus tôt.
ANIMAUX DOMESTIQUES : CONFORMATION EXTERIEURE