LIV. NII
Les deux antérieures, celles du milieu, portent le nom de pinces; celles qui les touchent de chaque côté sont les mitoyennes; enfin les deux dernières, celles qui terminent de chaque côté le demi-cercle incisif, se distinguent par la dénomination de coins.
Toute incisive de remplacement ou d’adulte, lorsqu'elle est sortie complétement, et qu’elle n’a pas éprouvé d’asure, ea un mot, qu’elle est encore vierge, offre deux parties à considerer, une bre et l’autre enchässée.
La partie libre, haute de six à huit lignes, représente un cône renversé, légèrement aplati d'avant en arrière, en sorte que dans le principe les incisives ne se touchent que par leur extrémité élargie. L’extrémité de la partie libre par laquelle les dents des deux mâchoires se mettent en contact et froitent les unes contre les autres, présente dans les dents vierges une cavité profonde (/g. 92 ), allongée
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sur une dent la coupe représentée à la fig. 95 ( Coupe dans l'axe longitudinal de la dent.) La partie enchâssée, ou la racine de la dent, varie de forme, de grandeur et de dimension suivant les différens degrés de l’age. Lorsque la dent vient de faire son éruption, elle est courte, ronde, creusée d'une cavité qui se prolonge jusque dans l’intérieur de la partie libre autour du cornet extérieur (f#g. 93), et renferme la pulpe dentaire; avec l’âge, cette cavité diminue et finit même par s’oblitérer entièrement. L'oblitération commence par le fond et continue du côté de la racine qui s’allonge, et prend toujours de l'accroissement.
Les productions nouvelles, au lieu de conserver la forme arrondie de la racine, en affectent d’autres qu’il est important de connaître. Si on prend une dent incisive d’adulte, et si on fait dans la longueur plusieurs coupes transversales de deux lignes en deux lignes (fig. 94 ), on voit qu'aplaties d'avant en arrière vers la surface de frottement, elles deviennent successivement ovales, puis arrondies; vers la base de la racine elles sont triangulaires, enfin leur extrémité est aplatie d’un côté à lautre. Admettons maintenant que la dent, au lieu d’être coupée ainsi. transversalement, soit usée par le frottement, nous verrons de même successivement la table dentaire affecter ces différentes formes; ce point bien
compris, rien n'est plus facile que l’intelligence de la théorie sur laquelle est basée la connaissance de l’âge ; et en effet, lorsque la dent du cheval a fait son éruption, elle continue à croître en longueur du côté de la racine pendant une grande partie de la vie, et cet accroissement continuel est accompagné d’une égale tendance à faire son éruption au dehors; il en résulte nécessairement que les parties usées par le frottement sont constamment remplacées par d'autres, et que telle portion de la dent qui à l’âge de six ans faisait partie de la racine, forme la table à une époque plus avancée de la vie. On a constaté que, dans les chevaux de race distinguée, les dents s’usaient d'une ligne environ par an, et d'un peu plus d’une ligne dans les chevaux communs :
d’après cela on a pu préciser à quelle époque de la vie chacune des parties de la dent venait successivement former la table denlaire : telle est la première donnée sur laquelle est basée la connaissance de l’âge. La seconde est formée par la profondeur de la cavité dentaire extérieure, la largeur du noyau que représente son cul-de-sac, etenfin sa position sur ia table dentaire. Nous avons dit plus haut que l'émail, en se repliant dans l’intérieur de la dent, formait une cavité conique plus rapprochée de Ja face postérieure que de la face antérieure; à mesure que la dent frottera, il est facile de concevoir que l'ouverture de celte cavité devra aller en se rétrécissant, d’après ce théorème géométrique bien simple,que les différentes coupes d’un cône présentent des surfaces d'autant plus étroites,qu’elles sont faites plus près de son sommet. Puis, lorsque celte cavité extérieure aura complétement disparu par suite du frottement, et qu'on n'apercevra plus sur la table dentaire qu’un noyau d'émail légèrement déprimé dans son milieu, on doit encore concevoir que ce cul-de-sac devra paraître d'autant plus rétréci et plus près du bord postérieur, que la dent aura plus frotté, et que conséquemment Fanimal sera plus àâgé. C'est en précisant les époques des différentes phases que nous veuons d'indiquer, qu'on a obtenu des notions précises sur l’âge à une certaine période de la vie.
Enfin, lorsque le cul-de-sac du cornet dentaire a complétement disparu, on aperçoit sur la table de la dent un point blanchâtre que M. GirarD nomme étoile dentaire, qui n’est autre chose que la partie centrale de la cavité radicale oblitérée par l'addition, dans son intérieur, d’une substance osséiforme de couleur plus claire et de dureté moindre que la dent; c'est ce qui explique l'apparition de cette marque blanchätre irrégulière sur la table dentaire, et en même temps la dépression de cette table quiest un peu excavée. Cette étoile dentaire fournit des renseignemens peu positifs pour l'appréciation de l’âge.
Il est facile de distinguer le cul-de-sac du cornet extérieur, de l'étoile radicale, car le premier,entouré d’émail, fait, tant qu'ilexiste, exubérance sur la surface de frottement, tandis que la seconde est loujours à son niveau.
Les incisives présentent quelques différences entre elles, sous le rapport de leur longueur, de leur forme et de la profondeur de leur cavité. Les coins sont moins longs