‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 198 sur 467 · DES ATTITUDES ET DES MOUVEMENS PROGRESSIFS · texte numérisé non relu

DES ATTITUDES ET DES MOUVEMENS PROGRESSIFS

mier s’est détaché du sol, est plus avancé que

le gauche et plus élevé que lui. Celui-ci, au

contraire, plus rapproché de terre, se trouve

plus immédiatement situé sous le centre de

gravité. De même le membre postérieur

droit outrepasse le gauche, et, porté sous le’ corps, il est prêt à recouvrir la foulée de son

congénère dans le bipède latéral; enfin le

membre postérieur gauche, qui, le dernier, s’est levé du sol, en est le plus rapproché et devra l’atteindre le premier. Que si nous

laissions maintenant le corps obéir à la gravitation et suivre, en achevant de décrire sa courbe parabolique, la tendance au mouvement qui l’entraine vers la terre, l’instant où il l’atteindra sera distinctement marqué par trois battues également espacées résultant des heurts de ses colonnes, qui se succèdent pour regagner le sol dans un ordre inverse de celui qu'elles ont suivi pour s’en détacher.

Ainsi, c’est la colonne postérieure gauche qui fera entendre la première battue, en recouvrant la foulée du membre antérieur gauche, dont la percussion sur le sol, s’effectuant immédiatement après, produira la seconde battue, simultanément avec celle du membre postérieur droit. Puis enfin, au bout d’un même intervalle, le membre antérieur droit fera retentir la troisième battue.

Tel est, dans le galop, le pas complet décomposé en ses différentes actions. Mais ce serait une erreur de croire que lorsque le cheval est lancé à cette allure, les membres qui exécutent successivement leur battue attendent pour se détacher du sol la battue qui doit suivre. Ainsi, quand le membre de derrière opposé à celui qui entame a percuté le sol, et communiqué l'impulsion en avant à toute la masse du corps, il est déjà soulevé de terre lorsqu'on entend la seconde battue, et le bipède diagonal qui la produit est luimème déjà enlevé avec le corps auquel sa détente a communiqué un nouveau degré de vitesse, lorsque la troisième battue s’effectue. C’est alors seulement que toute la machine est en l'air, prête à retomber sur le membre qui le premier s’est fait entendre.

Ainsi, dans cette allure, le corps est alternativement porté par un inembre, puis par deux, puis par un; l'instabilité où le met sans cesse l’étroitesse de sa base de sustentalion doit donc nécessiter de la part des membres une grande rapidité d’action, afin, comme le dit Bourgelat, que tour à tour et successivement ils viennent au secours de la machine, s’opposent à sa chute, la soulèvent, la chassent et l’étaient.

Tel est le galop le plus naturel, que, d’après le nombre des battues qu'il fait entendre, on appelle galop à trois temps.

On dit en terme de manége, qu'il est wni et Juste lorsqu'il s'exécute avec la régularité que nous venons de décrire et que l'un des bipèdes latéraux dépasse toujours l’autre. On dit au contraire qu'il est désunt lorsque, dans le bipède antérieur, c'est le membre droit, et dans le bipède postérieur, le gauche qui outrepasse son congénère, où vice versé, en sorte que l’un des bipèdes latéraux a ses deux membres écartés l’un de l’autre, et l’autre bipède les a très-rapprochés.

Un cheval est dit faur lorsqu'il galope à

236 ANIMAUX DOMESTIQUES : ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX. Lxv. 117

droite quand il doit galoper à gauche, et vice versa.

d) Du galop à deux temps. Xl est une autre espèce de galop particulier aux chevaux de course, plus rapide, plus précipité que le galop ordinaire, c’est le galop à deux temps, qui s’exécute par j'action simultanée des membres composant les bipèdes antérieur et postérieur, et qui, mieux que toute autre allure, peut être comparée à une succession de sauts précipitamment répétés.

A chaque pas, en effet, comme dans le saut oblique, le corps, lancé en avant par la détente des colonnes postérieures dont les percussions simultanées sur le sol produisent la première battue, est reçu à l’extrémité de sa courbe paraboiïique sur les colonnes antérieures, qui, étendues vers la terre, la percutent à leur tour ; puis,au moment où elles effectuent leur lever, les membres postérieurs, qui déjà sont fléchis sous le centre de gravité, viennent recouvrir leur foulee, percutent de nouveau le sol, et communiquent à la masse une nouvelle impulsion. Bien que, dans cette allure, la base de sustentation soit toujours représentée par l’espace compris entre deux membres, cependant elle est beaucoup plus rapide que le galop à trois temps, parce que le centre de gravité n'est jamais en équilibre sur le bipède qui percute, et que les actions des colonnes impulsives sont simultanées au lieu de s'effectuer isolément et successivement. Le galop à deux temps n’est pas une allure naturelle à tous les chevaux; 1l nécessite une conformation donnée; c’est la conformation du cheval anglais de course, aux Jjarrets droits, aux épaules longues, à l’encolure grêle, au poitrail étroit et à poitrine élevée.

Le galop à quatre temps se distingue des deux autres espèces de galop par le nombre

lus grand des battues qui sont effectuées par es quatre membres isolément; cette allure est rarement naturelle aux chevaux, ils l'acquièrent, soit par l'éducation, soit par l’épuisement.

e) L'amble, Vallure la plus basse, la moins détachée de terre, se compose de deux mouvemens opérés successivement par chacun des bipèdes latéraux dont les membres effectuent en même temps leur lever et leur poser. Dans cette allure, où les deux côtés du corps manquent alternativement de point d'appui, l'instabilité très-grande de l'équilibre nécessite une très-grande rapidité dans la succession des membres : mais leurs mouvemens ne sauraient être détachés de terre, car s'ils s’élevaient à une hauteur aussi grande que dans le trot et même le pas, ils pourraient trop reJeter en dehors le poids du corps et déterminer sa chute sur le côté. Le cheval ambleur est donc nécessairement forcé de raser la terre de très-près ; c’est seulement, en effet, pendant le court inslant d’oscillation, où le corps est rejeté sur le bipède qui fait son poser, que le

ipède qui entame peut se détacher du sol et être porté en avant. L’amble n’est donc pour ainsi dire qu'une série d'oscillations trèscourtes d’un bipède iatéral à l’autre ;aussi cette allure est-elle très précipitée par les promptes alternatives de mouvemens que nécessite sans sesse l'instabilité de l'équilibre , et très-douce à la fois, car les membres, ne s’élevant qu'a

une petite hauteur au-dessus du sol, dans les levers, les réactions doivent être peu sensibles lorsqu'ils viennent y faire leur poser : mais elle exige, pour s'effectuer avec sûreté, une parfaite conformation des membres, car, force de raser le tapis, l’ambleur est sans cesse exposé à en rencontrer les inégalités : s'il est solide sur ses membres, il butte, mais ne tombe pas.

C'est dans le cas seulement où celte dernière condition est remplie, que lamble est une allure à rechercher dans ün cheval; mais elle le fatigue et le ruine promptemert, et à huit ans il est rare qu'un cheval ambleur soit encore assez solide pour rendre de bons services. ,

Cette allure n'est naturelle qu'aux jeunes chevaux, qui la perdent vers l’âge de deux ans et demi à trois ans, époque où ils prennent un plus grand développement; dans les chevaux chez lesquels elle s’observe passé cet âge, elle est, où héréditaire, ou le résultat de l’éducalion donnée par les éleveurs, qui, pour habituer un cheval à marcher cette allure, entravent les membres composant les bipèdes latéraux, de manière à rendre leurs actions tou- Jours simultanées ; l'amble, ainsi obtenu, doit ètre regardé comme une allure artificielle.

Des signalemens.

Le signalement d'un cheval est l'indication détaillée de tous les caractères extérieurs qui peuvent le faire distinguer individuellement d'un autre, et reconnaitre en toutes circonstances.

Dans un signalement, on peut avoir pour but, ou bien, de constater simplement l’idenüté d’un individu, ou bien encore, outre cette constatation, de donner l'appréciation de ce qu'il est: de là la distinction des signalemens en simples et en composés.

Pour tracer le signalement d’un cheval avec exactitude, il faut choisir, dans son habitude extérieure, les signes les plus caractéristiques et les plus durables; ces signes sont ordinairement fournis par la robe, l’âge, la taille et le sexe de l'animal.

Les caractères tirés de Ja couleur ou des nuances de la robe sont susceptibles de varier sous l'influence des circonstances que nous avons indiquées plus haut; ils ne doivent donc être réellement considérés comme positifs qu'autant que cette couleur ou ces nuances sont elles-mêmes bien tranchées ; dans le cas contraire, 1l faut moins s'attacher à leur indication précise qu’à l’énumération détaillée de toutes les particularités distinctives qu’elles peuvent présenter; dans tous les cas. enfin, ce sont surtout ces particularités qu'il faut noter comme les signes les plus différentiels des individus.

L’àge doit être noté relativement à l'époque où l’on fait l'examen du cheval: c’est la date du signalement qui doit servir de base; enfin la taille s'entend de la hauteur du cheval, mesurée du sommet du garrot à terre; on ne doit jamais oublier d'indiquer si cette mesure a été prise à la chaine ou à la potence; la mesure à la potence est en effet la plus exacte, car, à la chaine, la longueur que l’on obtient a toujours en plus de la taille, ce que le contour de la

EHAP. 5.

chaine sur le garrot et sur l'épaule a ajouté à la ligne droite, et la défalcation qu'on en fait n’a jamais le degré de rectitude de la mesure à la potence. C’est à l'indication courte, précise et ciaire de ces caractères qu’il faut s’attacher dans un signalement. L'ordre dans lequel on les énonce est peu important, mais celui qu’on adopte le plus habituellement est le suivant : Indication du sexe, de l’état des crins, de la robe et de ses particularités, de l’âge et de la taille.

Page 1