LIV.ïrt
pratiquer est peu douloureuse, peu longue, et que l'animal à opérer est doux et peu irritable, il n'est pas nécessaire de le coucher : Il est plus expéditif et sans danger de l’opérer debout. Dans ce cas, on peut l'attacher à un mur, à un arbre ou poteau, ou bien le faire tenir par un aide sans l’attacher. (Il est bien clair que je n’entends parler ici que des grands animaux domestiques, les peüts étant tellement faciles à contenir, qu'il n’est besoin que d’un peu de force et d’intelli gence pour les assujettir pendant le temps, or dinairement très-court, des opérations qu'on pratique sur eux.)
1o Comment on attache un animal.
Commeon doit toujours supposer que l’animai
le plus docile cherchera à s'échapper quand il sentira l’atteinte d’un instrument, et qu’alors il pourrait pendant ces mouvemens briser les liens qui le retiennent, un premier soin à avoir avant d’attacher l’animal, est de s'assurer qu'il a un licol et une longe assez solides pour résister aux efforts qu’il pourra faire; et au besoin, de lui en mettre de plus forts pour le moment de l'opération. Bien qu'un bon licol ordinaire suffise dans la plupart des cas, les vétérinaires ont habituellement chez eux un col de force, c’est-à-dire un licol beaucoup plus fort qu’un licol ordinaire, et pouvant, au moyen des boucles dont il est garni à la muserole et sur les montans, être agrandi ou rapetissé pour être adapté à des têtes de toutes les dimensions. Ce licol porte une longe en corde. La longe en corde est en effet bien préférable à la longe en cuir; les nœuds de celle-ci étant généralement plus difficiles à défaire, surtout quand elle est mouillée : or, il est quelquefois nécessaire de pouvoir instantanément détacher un animal qui est tombé en se défendant ei ne peut se relever. C’est pour cette raison aussi qu’on prescrit de ne jamais attacher l’animal que par un nœud coulant facile à défaire. Je n'ai pas besoin de dire, que quand il s’agit d’un cheval, on doit se garder de l’attacher avec une bride ou bridon, ou avec la longe passée dans la bouche ou sur le nez. Il est arrivé plus d’une fois que des chevaux ainsi attachés se sont fracture la mâchoire inférieure, ou blessés plus ou moins grièvement, ense jetant violemment en arrière pendant l'opération.
On n’a pas ces accidens à craindre pour les bêtes bovines, dont la longe embrasse la base des cornes.
Autant que possible, on choisit pour y attacher les animaux un lieu dont le terrain ne soit pas glissant. On évite ainsi qu'ils ne tombent pendant les mouvemens auxquels ils peuvent se livrer.
Il est plus commode de les attacher à un poteau ou arbre, attendu l'impossibilité où ils sont alors, en se tournant à droite ou à gauche, de serrer l'opérateur contre le mur.
Aussi, lorsqu'on opère sur les bêtes bovines, on les laisse quelquefois attachées au joug.
Lorsqu'on a à pratiquer une opération sur les parties antérieures du trone, il faut, pour empêcher l’animal de se cabrer et de frapper avec les pieds de devant, attacher la tête le plus bas possible. Lors, au contraire, qu’on veut
cmap.3. DE CE QU'IL CONVIENT DE FAIRE AVANT LES OPÉRATIONS. Fig. 152.
cpérersur les régions pôstérieures,il convient, | afin de prévenir les ruades ou les coups de pieds de derrière, de fixer la tête très-haul. A cet effet, il est utile d’avoir sous un hangar ou à un mur de cour, trois ou quatre anneaux scellés à différentes hauteurs.
Si on craint qu'en se défendant l’animal ne se blesse la tête contre le mur, on entoure celle-ci d’une capote ou d’une couverture.
2° Comment on tient un animal debout non attaché.
Certains chevaux sont plus tranquilles quand ils sont tenus à la main, que lorsqu'ils sont attachés. Quelquefois aussi il est plus convenable à l'opérateur et à l’opération qu'ils soient ainsi tenus. C’est alors un aide qui doit en être chargé. Dans ce cas, et pour le mieux centenir, il doit garnir la tête du cheval d’une bride ou d’un bridon; ou, à leur défaut, engager la longe dans la bouche, ou la passer sur le nez de l'animal, ces moyens n’exposant plus aux dangers que j'ai signalés dans la situation précédente. Au fur et à mesure du besoin, l'opérateur recommandera à l'aide d’élever, de baisser la tête du cheval, suivant qu’il craindra d’être frappé par les pieds de devant ou de derrière; de la porter en haut et de son côté quand il opérera sur les parties latérales postérieures, en bas et du côté opposé lorsqu'il opérera sur les parties latérales antérieures. On comprend facilement l'effet de ces situations.
3° Comment on empéche l'animal de voir.
Quelques chevaux, qui sont dans une agitation continuelle quand ils voient ce qui les entoure et ceux qui les approchent, sont plus tranquilles lorsqu'on leur en dérobe la vue en leur couvrant les yeux. Comme on n’a pas toujours à sa disposition un petit appareil destiné à cet usage, et connusousle nom de capote à lunettes (Afig.152),on parvient au même résultat en entourant ies yeux du cheval avec un tablier ou sa couverture.On maintientle tablier sur la tête au moyen des cordons doni il est pourvu. Quant à la couverture, on la fixe trèsfacilementavec le surfaix,en posant celui-ci par son milieu sur la nuque, et en croisant sous la ganache les deux extrémités, qu’on ramène et qu'on réunit sur le chanfrein. J'ai vu des chevaux très-indociles et méchans, se débattant sans cesse malgré les liens et les moyens de torture employés jusque-là, ne plus faire un mouvement aussitôt qu'ils avaient les yeux couverts. On ajoute encore à l'effet de ce moyen, en faisant tourner rapidement l’animal cinq ou six fois sur iui-même, dès qu'on lui a mis le tablier ou la couverture.
4° Comment on empéche un unimal de mordre ou de frapper.
Si bien attachés où contenus qu'ils soient a Un anneau où en main, les animaux peuvent encore faire usage de leurs moyens de défense, mordre, et surtout frapper avec leurs pieds de devant ou de derrière. Il est donc nécessaire de se soustraire à leurs atteintes
A sl impossibles, ou du moins plus
1° On empèche aisément un animal de mordre en l’attachant de très-court, en lui mettant autour de la bouche un panier à veau, ou une muselière, ou encore, lorsqu'on opère sur le tronc ou plus postérieurement, en lui mettant à l’encolurele collier à chapelet(Bfig.152). A défaut du collier à chapelet,on se sert avec avantage d’un long bâton d'environ 4 pieds de longueur, à chaque extrémité duquel on fixe un bout de fouet onu de forte ficelle. On entoure la poitrine de lPanimal avec un surfaix, ou avec une longe qu'on serre et arrèêle assez solidement; et puis, on attache au licol nne des extrémités du bâton, et l’autre extrémité à la portion du surfaix qui passe sur la partie latérale de la poitrine (A fg 153). Le bâton est placé du côté droit, si on opère à gauche, et à gauche si on opère du côté droit. Son effet est, comme on le voit, d'empêcher ou de borner beaucoup la flexion latérale de l’encolure.
C'est pourquoi on emploie souvent aussi ce bâton ou le collier à chapelet, sur certains chevaux qui arrachent les appareils de leurs pansemens, ou qui irritent, en les mordant, les plaies que leurs dents peuvent atteindre.
2° Ilest toujours prudent de mettre l’animal qu’on opère, debout dans l’impossibilité de frapper avec les pieds de devant ou de derrière.
Pour l'empêcher de frapper du devant, on met en usage différens moyens dont l'emploi est subordonné à la commodité de l’opérateur. Ou bien on attache l'animal à un anneau placé très-bas; ou bien on fait lever l’un ou l’autre des pieds de devant qu'on fait tenir par un aide ou au moyen d'un trousse-pied. On previent aussi et plus efficacement encore