‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 233 sur 467 · DE LA PONCTION DU RUMEN · texte numérisé non relu

DE LA PONCTION DU RUMEN

cision faite à la trachée ne restent pas con- |

stamment rapprochés, qu'indépendamment des parties molles qu’il embrasse, le nœud de chacun des deux fils dont je viens de parler embrasse la lèvre de l’incision trachéale.

Quant aux soins ultérieurs, ils seront indiqués par le vétérinaire, qu'il est toujours nécessaire d'appeler après une pareille opération. Il est rare qu'il ne soit pas utile de saigner un animal chez lequel la respiration a été pendant quelques heures assez gènée pour faire craindre la suffocation.

SECTION x1. — De la Ponction du rumen.

Lorsque la météorisation des ruminans a résisté à l'administration des médicamens ordinairement efficaces, ou qu’on ne les à pas à sa disposition, et qu’on a échoué dans l’empioi du batornäge, de la pression du ventre, des affusions d’eau froide, etc.;ou encore, lorsque le

gonflement de la panse est tel, qu'il y a danger imminent d’asphyxie si, à l'instant même, les gaz qui remplissent ce réservoir n’en sont expulsés, la chirurgie offre un moyen dont les effets sont aussi prompts que l'exécution est facile : c’est la ponction de ce réservoir. Cette opération, le plus souvent sans danger, consiste à plonger un instrument piquant (ordinairement un £roës-quarts) dans le rumen, et à procurer par l'ouverture qui en résulte la sortie immédiate des fluides gazeux qui le distendent. Elle est si simple, elle exige si peu de connaissances anatomiques pour être pratiquée sans danger, qu tous les propriétaires peuvent, sans rien craindre, la faire eux-mémes, dans les cas urgens, en prenant les faciles précautions que je vais indiquer.

Disons d’abord un mot du trois-quarts ou trocart. Il se compose de deux pièces : l’une, la principale (#g.195),estun poincon d'acier cylindrique de 6 à 7 lignes de diamètre, sur &

Fig. 193.

à 10 pouces de longueur depuis et y compris Sa pointe triangulaire jusqu'à la naissance de Son manche; celui-ci est une espèce de poignée de bois poli, faite en forme de poire. L'autre piéceest la cazule du poincon(fg.196); elle présente deux parties bien distinctes : l’une, Ja plus longue et la plus étroite, est une gaine Cylinarique qui loge la tige du trois-quarts, en laissant dépasser toute sa pointe ; l'autre, qui correspond au manche du poincon, est une espèce de pavillon élargi qui en recoit la poignée, dont il recouvre seulement la moitié de la circonférence. Il est bon que ce pavillon Soit percé de deux trous, pour donner passage aux liens qui doivent souvent fixer et maintenir la canule dans l'ouverture du flanc, pendant un ou plusieurs Jours. Il est bon aussi que l'extrémité du tube qui termine la canule du côté de la pointe du poinçon soit trés-amincie et s'adapte sur la tige de ce poin-

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con avec assez de justesse, pour ne pas l’arrêter ou lui faire obstacle lorsqu'il doit être enfoncé dans le rumeu à travers les tissus du flanc.

C’est vers le milieu dela partie supérieuredu flanc.gauche qu'il est plus convenable de faire la ponction, à égale distance à peu près de l’angle de la hanche, de la dernière côte, et des apophyses transverses des vertèbres lombaires (C #3. 193). Comme la peau, dans les gros ruminans, par son épaisseur, sa dureté et son élasticité, est difficile à percer avec la pointe du trocart, on fait bien de l’inciser d’abord avec un bistouri, canif ou rasoir, sur l'endroit correspondant à celui où on doit ponctuer.

Alors, l'opérateur se place en avant du flanc, tenant de la main gauche, et à pleine main, la canule du trocart, dans laquelle se trouve le poinçcon, dont la pointe a été remontée de manière à effleurer seulement l'extrémité de

la canule; cette extrémité étant appuyée sur le fond de l’incision déjà faite, l'instrument dirigé presque perpendiculairement à sa surface, on frappe fortement avec la paume de la main droite sur le manche du poinçon qu'on fait ainsi pénétrer d’un seul coup dans lintérieur de la panse, où il s'enfonce avec sa canule. On retire aussitôt le poincon, en laissant sa gaine dans l'ouverture, et les gaz s’échappent aussitôt avec impétuosité par l’issue ui leur est offerte. On doit avoir soin de étourner la tête au moment où on retire le poinçon. afin de m'être pas incommodé par ces gaz qui sortent en abondance.On voit aussitôt le flanc se détendre, le ventre s’affaisser, et l’animal éprouver à l'instant même un soulagement marqué. Quelquefois, bien que la panse soit encore un peu ballonnée, le gaz cesse tout à coup de sortir par le tube. Cette circonstance dépend presque toujours de l'obstruction de la canule par des matières alimentaires que les fluides ont entrainées avec eux en s’échappant. On fait disparaître cet obstacle, en introduisant dans la canule une petite baguette flexible à l’aide de laquelle on repousse les matières dans le rumen.

Mais il arrive quelquefois qu’on se trouve dans des circonstances où le moment est urgent à saisir, et où l'on ne peut se procurer tout de suite l'instrument convenable pour l’opération. On se sert alors du premier instrument tranchant que l’on trouve, et pour écarter les lèvres de l’incision et permettre la sortie des gaz, on introduit dans la plaie un tube de roseau ou de bois de sureau dégagé de sa moelle, uné canule de seringue, une cannelle un peu large, etc.,enfin ce qu'on trouve d'a peu près convenable à sa portée : puis, à l’aide de forte ficelle, de fouet, ou, ce qui vaut mieux, de ruban, on les fixe dans l’ouverture en les assujettissant autour du corps : car, soit qu'on ait à sa disposition une canule de trocart, soit qu’on ait dû employer un de ces tubes improvisés, 1] est nécessaire que cet instrument reste en place tant que les gaz continuent à se dégager. J'ai dit que le pavillon de la canule était percé de deux trous destinés à donner passage aux liens qui doivent la maintenir autour du corps. Cependant, avec quelque soin qu'on ait serré ces liens, on est obligé, au bout de quelques instans, et quelquetois à plusieurs reprises, de les resserrer encore, à cause de l’affaissement du ventre qui continue progressivement à s'opérer au fur et à mesure de la sortie des gaz. Une autre raison exige que l'animal soit visité de temps à autre; c’est la nécessité de désobstruer le tube, quand il vient à s’engorger.

Quelques propriétaires de troupeaux de bétes à grosses cornes se servent, après la ponction, d'une canule en fer-blanc de 4 à 5 pouces de long, de 8 à 9 lignes de diamètre, dont le pavillon, au milieu duquel elle s'ouvre, représente une plaque du même métal, légèrement coucave pour mieux s'adapter à la convexité du flanc, et percée d’un trou à ses bords supérieur et inférieur pour le passage des liens qui doivent la fixer autour du ventre (2.194). Ce tube, peu coûteux, est préférable à tous ceux dont je viens de faire mention.

Le tube ne doit rester dans la plaie qu’autant que des gaz continuent à se dégager.

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LIVe IITe

Ordinairement on le laisse un ou deux jours; dans quelques cas, on est forcé de l’y maintenir pendant quatre, cinq et même six Jours :

on cite mème des cas où il a dû rester pendant plusieurs mois ; mais ces cas sont tout à fait exceptionnels, et il est probable que sur les animaux qui les ont présentés, la météorisation n’était que le symptôme d'une inflammation plus ou moins grave ou ancienne des voies digestives. Or, cette inflammation n'existe pas dans les animaux qui se gonflent pour ainsi dire instantanément, et qui présentaient tous les signes d’une santé parfaite quelques heures avant la météorisation. Du reste, en conçoit que le développement des gaz dans le rumen étant le produit de la fermentation de la masse énorme d’alimens qu’il contient, on doive laisser une issue à ces gaz tant que leur présence annonce la continuation de cette fermentation. Afin de faire cesser celle-ci le plus promptement possible, on profite de l’ouverture faite à la panse pour injecter dans son intérieur quelques substances médicamenteuses, telles que des infusions froides de plantes aromatiques, du vin, du cidre, etc.,additionnés de quelques gros d’ammoniaque liquide, d’éther ou autre subtance médicamenteuse analogue.

On reconnait qu'on peut enlever le tube lorsqu'il ne s'échappe plus de gaz par son ouverture, et que l’animal recommence à ruminer. On l'ôte alors; on nettoie bien les bords de la plaie, qu'on recouvre dun large plumasseau ou linge enduit de cérat ou de térébenthine, et maintenu par une bande qui enlace circulairement l'abdomen. A moins d'accident particulier, il suffit d’un ou deux pansemens, et de soins de propreté pour que cette plaie se cicatrise : quelques vétérinaires m'ont assuré avoir souvent vu ces plaies se cicatriser tout aussi bien, sans application d’aucun appareil de pansement après l’enlèvement de la canule. Quoi qu'il en soit, il est prudent, lorsqu'on a ôté le tube et recouvert l'ouverture du flanc par un appareil, de visiter plusieurs fois l'animal dans le courant de la journée, pour s'assurer qu’il ne se gonfle pas de nouveau : de pareilles rechutes ayant lieu quelquefois quand on s’est trop hâté de retirer la canule. Si cela arrivait, on replacerait aussitôt cet instrument. — Quant aux accidens dont peut être suivie la ponction du rumen, ce sont, ou bien une inflammation du péritoine, ou bien des abcès qui se développent au niveau de ia plaie ou à son voisinage. Je ne peux que conseiller, en pareil cas, de réclamer les secours d’un vétérinaire. — Lorsque la météorisation sur Les bétes à laine ne cède pas aux moyens simples, conseillés et usités en pareille circonstance, on peut.et doit avoir recours, sans hésister, à la ponction du rumen, qu’on pratique aussi à la partie supérieure du flanc gauche. L'opération dans le mouton n'offre pas de règles partieulières; seulement il est convenable d’'employer un trocart de moitié moins grand que celui usité pour les bœufs.

Incision du rumen.

Il est des cas où la météorisation est produite à la fois,et par des gaz, ei par une masse

considérable de matières alimentaires qui se sont accumulées et durcies. On comprend qu’alors on n'aurait obtenu qu’un résultat fort incomplet de la ponction de cet organe, louverture qu’elle produit ne pouvant servir qu’à l’issue des gaz, et ne débarrassant pas la panse de la surabondance de matières qu’elle renferme. On pratique alors à travers le flanc gauche, et dans la direction verticale, une incision d'environ cinq pouces de longueur, et pénétrant dans le rumen. Par le moyen de cette ouverture, dans laquelle on introduit la main ou on fait introduire celle d’un enfant. on retire avec précaution les matières qui engorgent le rumen; on ramollit et délaie ensuite le reste avec des liquides médicamenteux qu'on injecte par la même voie, el on parvient ainsi à sauver l’animal. Mais cette opération, beaucoup plus'grave que la précédente, ne saufait être bien faite que par un vétérinaire.

Lorsqu'on pratique ces opérations, un aide D (fg. 183) saisit la queue de la vache, qu'il fait passer à la face interne de la jambe, puis à sa partie antérieure; puis enfin au côté externe où il la maintient. On empêche ainsi l’animal de donner en avant et en dehors un coup de pie ex vache, et on garaniit ropérateur de tout accident.

SECTION xII. — Des soins et opérations que nécessite l'accouchement laborieux ou con:

tre nature.

Quoique le plus souvent, chez les femelles domestiques, l'accouchement se fasse avec facilité et sans secours étranger, il est des cas fréquens, où, par suite de l’existence de quelques obstacles, l’aide de l’homme devient utile pour que ce travail s'effectue. Ces obstacies dépendent , 1° de l’excès ou du défaut de force de la part de la mère, où de l’excès de grosseur du petit animal ( part laborieux ); 2° du volume disproportionné ou d’une fausse position du petit sujet, d’une mauvaise conformation du bassin &e la mère, etc., touies circonstances qui rendent impossible l’accouchement naturel (part contre nature). Mais pour mieux faire comprendre ce que nous avons à dire par la suite, disons d’abord quelques mots de la position naturelle du fœtus (c’est le nom qu’on donne au petit animal avant Sa naissance).

Chez toutes les femelles domestiques, le fœtus, lors de l’accouchement, doit, pour être bien placé, présenter la tête allongée et appuyée sur les deux membres de devant. De cette manière toutes ces parties ont dans leur ensemble une forme conique, laquelle est très-propre à favoriser la sortie totale du corps, soit que Ja mère se couche, soit qu'elle reste debout; sortie qui est d’ailleurs facilitée, d’un côté par les eflorts de la mère, et de l’autre par la rupture de la poche des eaux, dont les débris constituent le délivre. C'est là la position naturelle; il y a pourtant quelques exceptions à cette règle; nous allons les passer en revue.

$ L. — Part laborieux.

C'est celui qui est rendu difficile par des causes tout à fait iñdépendantes de la maur-

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