DES SOINS ET OPÉRATIONS QUE NÉCESSITE L'ACCOUCHEMENT
vaise conformation de la mère ou du fœtus, ou de la mauvaise position de ce dernier.
Le part laborieux dépend souvent d’un excès de force de la mère et de la tension qui en résulte dans l’ouverture de la matrice (part tumultueux); dans d’autres cas, au contraire, il dépend d’un défaut de forces, apparent ou réel (part languissant).
Le part turnultueux se fait souvent remarquer chez les génisses et les jeunes jumens qui mettent bas pour la première fois ; l’irritabilité pius grande de Ja matrice à cette époque de la vie détermine alors des efforts expulsifs prématurés et dont l'effet est nul pendant un certain temps, à cause de la rigidité du col de la matrice qui n’est pas encore convenablement dilaté. Le plus scuvent, dans ces cas, un retard dans l’accouchement est le seul inconvénient qui résulte de ces efforts prématurés; d’autres fois l’aggravement des souffrances devient te] qu’il nécessite des soins particuliers que nous ferons connaître.
Le défaut de forces, dans le part Zangurssant, peut n'être qu'apparent, et résulter de l’accablement que produisent ordinairement les efforts réitérés du part tumultueux. Dans d’autres circonstances la faiblesse dépend de l'épuisement de la mère, causé par la vieillesse, des maladies ou une mauvaise alimentation. Il importe de bien distinguer cette faiblesse réelle de celle qui n’est qu'apparente, parce que les moyens de traitement sont tout à fait différens dans les deux cas.
Enfin, un fœtus un peu volumineux peut, quoique bien placé, ne sortir que difficilement, et constituer encore un cas de part laborieux.
Voyons maintenant par quels moyens on facilitera l'accouchement dans ces différens cas.
Uue foule de personnes ignorantes croient que, toutes les fois qu’une femelle (vache, Jument, truie, brebis, etc.) éprouve de la difficulté pour accoucher, il n’y a rier de mieux à faire que de prendre le fœtus par la tête et les pieds, et de tirer jusqu’à ce que le part soit effectué. Nous ne saurions trop biâämer cette méthode qui n'offre dans les parts ordinaires qu'un bien faible avantage, et peut être suivie, dans les accouchemens laborieux et contre nature, des plus fâcheux accidens.
Dans le part tumuitueux, lorsque la femelle est bien à terme, au lieu d'employer précipitamment les efforts de traction, le meilleur moyen est de pratiquer une saignée, afin de modérer et de favoriser les efforts expulsifs par le relâchement de l’entrée de la matrice qui en est toujours le résultat. On aura soin en même temps de tenir la bête chaudement, de lui donner de l’eau dégourdie et miellée pour apaiser la soif, ordinairement vive dans ces cas. Il est rare que quelques heures après ce traitement, l'accouchement ne s'effectue pas avec facilité.
Le part /anguissant par faiblesse apparente, se montrant à la suite du part tumultueux, exige les mêmes soins que ce dernier. L’accablement est ordinairement de courte durée, et il disparait souvent presque aussitôt, ou du moins très-peu d’instans après la saignée, qui, alors, a diminué l'accumulation du sang vers la matrice.
Lorsque, au contraire, la langueur de l’accouchement dépend d’une fatblesse réelle, après en avoir reconnu où soupconné la cause on cherche à augmenter l'intensité des efforts, en donnant en breuvage le vin blanc, le cidre, la bière, chauds et aromatisés avec la cannelle ou la muscade (une à deux bouteilles pour la vache et la jument; un à deux verres pour la truie et la brebis). Si ce moyen est insuffisant, on a recours à des efforts de traction sur le fœtus. Ces tractions, qui doivent toujours être exercées par des hommes adroits,etautant que possible par des vétérinaires, doivent être très-modérées et s'exercer à la fois sur la tête etsur les membres du petit sujet. Elles sont surtout de la plus grande utilité, si la bête est couchée et ne peut se relever, et si l’on craint que la longueur de l'accouchement n’occasionne la mort du fœtus. On y a recours aussi lorsque la difficulté du part dépend de ce que le volume du petit animal excède un peu la capacité du bassin de la mère.
Telles sont les principales circonstances où l'accouchement n’est que difficile; passons maintenant en revue celles où il est tout à fait impossible qu’il s'effectue sans les secours de l’homme.
$ IL. — Part contre nature: |
L'accouchement est contre nature lorsqu'il est rendu impossible par l’existence de circonstances physiques. inhérentes au fœtus ou à la mère. De là une division des parts contre nature: 1° en ceux qui sont la suite des mauvaises positions ou de la conformation vicieuse du fœtus ou de ses enveloppes; 2° et en ceux qui tiennent à des altérations ou autres défauts dans la conformation du bassin de la mère, ou de la inatrice.
A. Fausses positions du fœtus.
Nous avons dit quelle était la véritable position naturelle ; il y a quelques autres positions qui, sans cffrir autant de facilité pour la parturition,la rendent cependant possible sans trop de travail. Les deux suivantes se trouvent dans cette catégorie.
1° Les deux membres de derrière se présentent seuls ou avec la queue. Dans le premier cas, l'expulsion éprouve des difficultés, parce que la queue, ordinairement renversée sur la croupe, forme un léger obstacle. Mais lorsqu'elle se trouve pendante entre les fesses, l'accouchement se fait assez facilement; le bassin seul, par son volume, franchit plus lentement le passage ; mais dès qu’il est sorti, le reste du corps suit rapidement, et l’accouchement se trouve complet. Lorsqu'on voit qu'un fœtus se présente de cette manière, el que la queue ne parait pas, il est important de chercher à la ramener à sa position naturelle, et de tirer ensuite légèrement sur les deux jambes du petit sujet.
2° Les jarrets ne presentent que leur pointe. On est parvenu, dans plusieurs cas de ce genre, à opérer l'extraction sans rien changer à la position du fœtus. Néanmoins il convient mieux de chercher à repousser tout le corps du petit sujet dans la matrice, et de