‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 237 sur 467 · C. Obstacles dépendant de la conformation vicieuse du fœtus · texte numérisé non relu

C. Obstacles dépendant de la conformation vicieuse du fœtus

Toutes les fois qu’une partie du corps du petit sujet se trouve développée d’une manière monstrueuse, elle gêne plus où moins l'accouchement. Ces monstruosités, très-communes chez les fœtus de vache, le sont beaucoup moins chez ceux de juments. Le plus commun de tous est un volume disproportionné de la tête (hydrocéphalie); on trouve aussi des veaux qui ont six ou huit pieds, etc., etc. Tous ces vices de conformation nécessitent l’'embryotomie.

D. Obstacles dépendant de la conformation vicieuse de la mére.

Ils sont de plusieurs sortes ; nous indiquerons rapidement les principaux, parce qu'ils nécessilent tous des opérations graves, qui ne peuvent être tentées que par des vétérinaires.

1° L'étroitesse du bassin. Elle peut être portée à un haut degré, et provenir, soit d'une

disposition originelle, soit de la formation de tumeurs osseuses en dedans de cette cavité.

Lorsque le fœtus est bien placé, on peut essayer de le faire sortir en tirant légèrement; mais si l'obstacle est insurmontable, il faut promptement avoir recours, soit à l’embryotomie, soit à une autre opération que l’on nomme césarienne abdominale, suivant qu’on tient à conserver la mère ou le petit sujet.

Qu'on se garde bien surtout d’exercer sur le fœtus de violentes tractions au moyen de cabestans, de chevaux ou de bœufs attelés sur les cordeaux qui tiennent les membres et la tête du fœtus, etc., car ces manœuvres sont inévitablement suivies de la mort du petit sujet et de la mère, tandis que, par les opérations cilées plus haut, il est presque toujours possible de sauver l’un ou l’autre.

2° L’induration du col de La matrice. Elle est pour l'ordinaire de Ja nature du squirrhe. Il est quelquefois possible, dans ce cas, de sauver tout à la fois la mère et le petit sujet, en pratiquant une opération dite césarienne vaginale. Toutefois, lorsqu'une femelle a subi cette opération, elle ne doit plus ensuite être livrée à la reproduction.

3° Des excroissances charnues polypes,condylomes ) développées soit dans la matrice, soit en dehors de cette poche, dans le vagin. Elles rendent encore nécessaire l’une des opérations césariennes dont il a été fait mention ci-dessus, et qui, comme il est facile de le comprendre, ne peuvent être faites que par une main exercée et adroite.

SECTION xIII. — )e La délivrance.

L’'arriére-faix ou délivre sort ordinairement très-peu de temps après le fœtus, surtout chez la jument. Chez la vache, quoiqu’en général il reste un temps plus long, il est cependant expuisé le plus souvent dans les vingtquatre heures qui suivent l'accouchement; il y a néanmoins des exceptions à cette règle :

elles se font surtout remarquer dans les cas d’avortement.

Chez la jument, comme chez la vache, lorsque le délivre n’est pas sorti au bout de vingtquatre heures, il faut donner un breuvage vineux aromatisétel que ceux que nous avons indiqués dans le cas du part languissant. On a aussi conseillé de faire usage de sabine, de seigle ergoté, etc.

Comme dans la plupart des cas où la délivrance est retardée, une portion du délivre pend entre les cuisses de la femelle, plusieurs personnes sont dans l’habitude d’attacher à ce cordon un sachet rempli de pierres, ou un autre poids quelconque, afin d’en hâêter la sortie par le tiraillement que ce poids produit sur la portion du délivre qui est restée dans la matrice. Ce moyen, généralement mauvais, en ce qu'il peut déterminer, par suite des efforts expulsifs qu’il provoque, le renversement de la matrice, ou d’autres accidents graves, ne doit cependant pas être rejeté d’une manière absolue; car lorsque le sachet ou le poids ne pèse que très- peu (une livre par exemple), il peut, enexcitant légerement les efforts de la matrice, favoriser la sortie du délivre. Toutefois, un autre inconvénient inhérent à cette méthode est

de determiner la rupture du cordon auquel le sachet est attaché, ce qui rend beaucoup plus difficile l'extraction de ce qui est resté dans la matrice.

Lorsque le délivre n’est point sorti, quarante-huit heures après l’accouchement, il faut, sans attendre plus longtemps, appeler un vétérinaire, afin de faire extraire le délivre par des manipulations particulières : car si cette opération est mal faite, elle est suivie d'hémorragie ou du renversement de la matrice; et si elle est incomplète, si une partie du délivre reste dans la matrice, cette portion se putréfie bientôt, est rejetée par morceaux; et si la bête ne meurt pas de fièvre putride, elle maigrit et on éprouve une diminution notable dans la quantité de lait qu’elle fournit.

Lorsqu'il y a plus de trois ou quatre jours que le part a eu lieu, le resserrement de l’entrée de la matrice empêche qu'on puisse extraire le délivre avec la main. D'ailleurs cette opération fût-elle possible, ne serait pas sans danger pour celui qui la tenterait. Alors il n'y a pas d'autre moyen que d'attendre là sortie du délivre en morceaux par suite de la putréfaction qu’il éprouve dans la matrice.

On emploie avec succès, pour en hâter l’expulsion, les injections d’eau aromatisée tiède dans le vagin, en ayant soin de pousser le liquide de l'injection jusque dans la matrice.

On peut remplacer avec avantage ces injections par celles de chlorure de chaux liquide que l’on emploie de la même manière.

SECTION XIV. — Renversement et réduction du vagin et de la matrice.

Il arrive assez fréquemment, dans les vaches surtout, qu’à la suite d’un part laborieux, d’un avortement, ou d’une délivrance difficile, le vagin se renverse seul, ou bien que ce renversement soit accompagné de celui de la matrice.

Dans le premier cas, l’accident se reconnait aux caractères snivans : une tumeur d’autant plus considérable que le renversement est plus complet se montre au dehors et sort par la vulve. Sa surface est celle d’une membrane muqueuse de couleur variable du rouge clair au rouge foncé ou violacé. Le pourtour de la base par laquelle cette tumeur tient à la vulve ne présente aucune espèce de conduit par lequel il soit possible de pénétrer dans les organes de la génération. A sa partie la plus postérieure et la plus déclive, on remarque des rides au milieu desquelles on rencontre une excavation prolongée et profonde qui constitue un véritable canal par lequel on peut parvenir à la matrice.

Le renversement de la matrice, lorsqu'il est complet, est caractérisé par une tumeur trés-volumineuse, allongée en forme de poire, figurant une espèce de grand sac qui sort par la vulve et semble lui appartenir. L’extrémité qui répond à cetteouverture est moins grande, et la base qui descend est renflée et plus volumineuse. De même que lors du renversement du vagin, la surface de cette tumeur est une membrane muqueuse d’un rouge variablement

Page 1