‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 238 sur 467 · LIV: 11i · texte numérisé non relu

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foncé. Seulement, dans les vaches et autres femelles qui ruminent, on aperçoit par place sur cette surface, les cotylédons, espèces de gros mamelons qui ont acquis un développement considérable pendant la gestation.

Lorsque la sortie de la matrice est complète, elle pend, sous la forme indiquée ci-dessus, jusque sur les Jarrets de la femelle quand celle-ci est debout. Souvent, la surface en est altérée par le contact de lair, salie par les parcelles de fumier ou de paille qui s’y sont collées, ou froissée et ecchymosée par les frottemens et les manipulations indiscrètes auxquels elle a été exposée. L'espèce de pédoncule par lequel cette masse tient à la vulve, et dans lequel passent les différens vaisseaux qui sortent de la matrice ou qui s’y rendent, peut être assez tendu pour que la circulation y devienne fort difficile. Alors le sang qui arrive dans le tissu de la membrane muqueuse ne peut s’en échapper que lentement et avec peine, engorge son tissu, distend ses vaisseaux, et lui donne une teinte sombre et quelquefois violacée. La bête est dans un état d’agitation qu'expliquent facilement les vives douleurs qu’elle éprouve.

Il est donc urgent de remédier le plus tôt possible à un état de chose qui ne pourrait se prolonger sans danger pour la vie de la femelle. La rentrée de l'organe déplacé, son rétablissement à l’aide de manipulations particulières et bien entendues dans sa position nor male, et l'emploi de moyens propres à le contenir pendant quelque temps dans cette position, sont lesindications qui se présentent à remplir.

Ces opérations s’exécutent à peu près de la même manière dans le cas de renversement du vagin et de la matrice; elles sont seulement plus difficiles dans ce dernier cas. Je me bornerai à dire comment il convient d'agir quand la matrice est renversée, ces indications pouvant parfaitement s'appliquer au cas plus simple de renversement du vagin.

Avant de commencer aucune manœuvre de réduction, on nettoie la surface de la tumeur, soit avec de l’eau émolliente quandles parties sont vivement irritées, soit avec du cidre, de la bière, ou du. vin tiède, quand elles ont une teinte päle, blafarde ou plombée. Si la muqueuse est très-engorgée, infiltrée par beaucoup de liquide séreux ou sanguinolent, on la dégorge par beaucoup de mouchetures de 3 ou 4 lignes de profondeur, en pressant légèrement sur les parties infiltrées pour exprimer le liquide qu’elles contiennent. On doit aussi, avant de faire aucune tentative, vider le rectum des excrémens qu’il peut renfermer ; et, si l’exploration fait reconnaitre un état de plénitude de la vessie, on doit désemplir cet organe, en donnant une issue à l’urine au moyen d’une sonde creuse introduite par le conduit urinaire, dont l’ouverture, dans ce cas, se trouve en dessous du pédoncule de Ja tumeur, à 5 ou 6 pouces environ de Fangle inférieur de la vulve. Ces premières précautions prises, on se met en devoir de procéder à la réduetion.Aceteffet,on fait disposer le sol du local de manière qu’il soit plus élevé dans l'endroit où doivent reposer les membres postérieurs, et on fait préparer une bonne litiéré; on fait relever la bête, si elle est couchée; et, si on

cap. 3 RENVERSEMENT ET RÉDUCTION DU VAGIN ET DE LA MATRICE.

la déplace, on fait soutenir la matrice par des aides au moyen d’un drap qui sert ensuite à soulever l'organe et le maintenir à la hauteur convenable pour la facilité de la réduction. Il est souvent utile de chercher à détourner l'attention de la bête, en lui mettant un tord-nez si c’est une jument, et en lui pinçant la cloison nasale si c’est une vache. Si Ja bête est chancelante, on la fait soutenir par quelques aides. Après s'être coupé les ongles bien uniment, et s'être graissé le bras avec une huile douce quelconque, ou avec un autre corps gras non altéré, on fait soulever et élever à la hauteur de la vulve sa matrice placée sur un drap huilé ou trempé dans l’eau de lin, et dont les coins sont noués au cou de deux aides, placés de chaque côté et destinés à le maintenir. On examine si la délivrance est parfaltement opérée, s’il ne reste pas quelques débris ou des portions plus considérables d’arrièrefaix qui peuvent encore adhérer. Cela fait, on cherche à détacher les fragmens des cotylédons, s'il s’agit d’une femelle didactyle, en commençant par ceux qui présentent le moins de résistance, et l’on fait verser de l’eau tiède sur les parties qu'on tend à séparer. Quant aux fragmens qui exigent une certaine force pour être isolés, on soutient de la main gauche la face interne de la matrice, et de la droite on tire et on sépare tout ce qui tient aux cotylédons. On continue ainsi jusqu’à ce que tous les restes du délivre, ou le délivre en entier, soient complétement détachés; s’il existe des escarres gangreneuses, on les enlève, puis on procède à la réduction proprement dite ainsi qu'il suit:

L'opérateur cherche dans la masse formée par la matrice la plus grande corne, celle qui renfermait le fœtus, la saisit par le fond et la pousse avec le poignet, la main étant fermée, de manière à la faire rentrer sur elle-même; on maintient cette corne, en partie rentrée, avec l’autre main, et, déplacant le poignet, on Japplique sur les parties qui sont restées en arrière: on pousse de cette manière jusqu’à ce que l’on soit arrivé à da vulve ; on engage les parties dans les lèvres de cette ouverture, et l’on fait en sorte de les faire arriver dans le bassin, où l’on agit graduellement dans la direction de la cavité pelvienne, en évilant de pousser au moment où la bête fait des efforts expulsifs ; pendant qu’elle les exécuie, on se contente de maintenir purement et simplement les parties, pour éviter leur retraite et sans chercher à vaincre l'obstacle instantané, car les tissus, placés entre deux forces opposées, pourraient se déchirer. Dès que les efforts expulsifs cessent, on pousse de nouveau à l'effet d'avancer la réduction et de la terminer. Quand une portion est rentrée, on met une inain sur la vulve et de l’autre on cherche les autres portions pour se comporter de même à leur égard. On a soin d'étendre la matrice pour prévenir une seconde invaginalion. L'opération étant terminée, si le déplacement est récent, si la bête ne fait que peu d'efforts expulsifs, il peut suffire de la tenir à lécurie ou à l’étable, de telle sorte que le derrière soit plus élevé que le devant, en évilant de l’inquiéter et de la solliciter au moindre mouvement, néanmoins presque toujours, surtout dans la vache, la matrice tend à se déplacer

denouveau au moindre effort; c'est pourquoi il est très-souvent indispensable de contenir momentanément les parties dans la position où on les a rélablies au moyen de l’un des bandages où pessaires usités en pareille circonstance. Il est quelquefois avantageux, quand la femelle est jeune et vigoureuse, et que les efforts qu’elle fait résultent de l’état d'irritation manifeste de la muqueuse de la watrice, de pratiquer une ou deux saignées pour calmer cet état. On fait en même temps, ais avec la plus grande précaution, des injections tièdes de décoction de racine de guimauve ou de graine de lin; les lavemens de même nature, en facilitant les défécations, préviennent aussi des efforts qui pourraient amener un nouveau renversement.

Les moyens contentifs conseillés pour faire obstacle à une rechute immédiate après la réduction, sont de deux ordres. Les uns sont de simples bandages appliqués à l’extérieur des cavités génitales; les autres sont des instrumens qui pénètrent dans les cavités, et les soutiennent par leur fond. Ces derniers sont connus sous le nom de pessatres.

Je parlerai d’abord des bandages, que je regarde, avec le plus grand nombre des vétérinaires, comme de beaucoup préférables aux pessaires par des motifs faciles à comprendre. Les pessaires en effet par le contact prolongé sur la face interne du vagin ou de la matrice, par la pression, par les frottemens mème qu'ils y exercent, irritent encore cette surface déjà trop irrilée; et, occasionnant par leur présence un sentiment de gêne à l’animal, le sollicitent à de nouveaux efforts alors qu’on doit: tout faire au contraire pour les éviter. Un autre inconvénient des pessaires, surtout de ceux qui ont un certain volume, est de rendre difficiles l'expulsion et la sortie de l’urine.

Plusieurs formes de bandages ont été conseillées; les deux suivantes sont celles qui me paraissent les plus simples à la fois et les plus faciles à mettre en usage.

L'un de ces bandages employés dans beaucoup de parties de la France (8. 197), se compose d’un collier de cuir muni d'une boucle ou d’une longe de corde, et d’une corde de Ja grosseur du petit doigt, d’une longueur telle, qu'elle puisse parcourir tous les contours qu'on lui fait suivre sur l'animal : cette longueur peut être d'environ trente pieds. J’observerai que dans les campagnes on trouve pour remplir ce but des guides de chevaux de charrue très-propres à cet objet. On place d’abord le collier à l’origine de l’encolure; ensuite on plie la corde en deux parties égales, puis on la place à cheval sur la partie postérieure du garrot, de manière à laisser chaque portion tomber sur les parties latérales et antérieures des côtes pour passer sous les ars antérieurs. En arrivant à la partie antérieure du poitrail, chaque portion de cette corde se conduit, celle de droite à gauche, et vice versä pour l’autre portion, de manière qu'il y ait croisement; de ce point, chaque portion, se conduisant toujours séparément, suit la partie antérieure des épaules, en passant sur le collier de dessous en dessus; puis ensuite l’une et l’autre portion de la corde se réunissent à la parlie supérieure de l’origine de l’encolure par un nœud simple, c’est-à-dire formé par

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serré ou reläché à volonté. A huit ou dix pouces de ce nœud, on en établit un autre plus solide, plusieurs autres, suivant la taille de la vache, et tous à peu près à la méme distance, jusqu’à la partie supérieure du troncon de la queue, où on pratique un nœud simple, comme celui de la partie supérieure de l’encolure, puis un second pareil au-dessous du tronçon de la queue ; de là chaque portion de la corde se partage de chaque côté de la vulve et se réunit à sa commissure inférieure par un nœud simple. Pour terminer cet appareil, la corde se divisant encore en deux portions égales, chacune d’elles passe sur les ars postérieurs, et de là sur les flancs, pour être fixée à un des nœuds qui se trouvent aux environs des lombes, par une boucle très-facile à défaire au besoin.

Il me reste à faire connaître un bandage contentif, généralement usité chez les nourrisseurs de Paris, et qui est ainsi décrit par M. Girard, qui a eu occasion de l’examiner, lorsqu'il était appliqué sur des vaches :

« Presque entièrement formé de sangles, » cet appareil représente un harnais que l’on » place sur le corps de l’arimal, et qui se fixe » antérieurement au moyen de son surfaix. Il » se compose : 1° du surfaix dont il vient d'être » fait mention; 2° d’une grande plaque de » cuir, sorte de grille à peu près carrée, qui » s'applique contre la vulve, et s'oppose à la » chute de l4« matrice; 3° enfin, de quatre san- » gles longitudinales qui attachent le surfaix à la plaque. La deuxième partie,assurément » la principale, portant de dix à douze pouces » tant en hauteur qu'en largeur, résulte de » l'assemblage de cinq traverses de cuir noir, » fixées et cousues par leurs extrémités à des » morceaux de sangles; ces traverses, chacune

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