‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 241 sur 467 · CHAPITRE IV. — PHARMACIE VÉTÉRINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — PHARMACIE VÉTÉRINAIRE

On appelle médicament, toute substance qui, adminisirée à l’intérieur, ou appliquée à l’extérieur du corps des animaux, concourt à la guérison de leurs maladies.

L'action des médicaments est locale ou générale ; on appelle locale celle qu'ils exercent directement sur les parties sur lesquelles on les applique. Ainsi, les astringens, l'extrait de Saturne, par exemple, appliqués à la surface d’une plaie saignante, déterminent le resserrement des ouvertures des petits vaisseaux qui fournissent le sang, et l’hémorragie est arrêtée.

L'action locale est dite réeulsive, lorsqu'on agit sur une partie saine pour y appeler et y fixer une inflammation développée à lintérieur sur un organe plus important à la vie.

On appelle générale Yaction qui s'exerce sur tout le corps. Ainsi, quand on fait avaler à un animal un médicament excitant, du camphre, par exemple, il y a d’abord une action jocale, qui résulte du contact de cette substance avec l'estomac; mais bientôt il est absorbé, et porté avec le sang dans tout le corps, auquel 1l communique une excitation générale.

Les effels des médicamens sont primitifs ou secondaires. On nomme primitifs les changemens produits par l’action directe des médicamens sur les organes ; secondaires, les effets qui ne se produisent que plus tard, et qui sont la conséquence des primitifs. Par exemple, lorsqu'on brûle une plaie avec le sublimé corrosif, la désorganisation des tissus et la formation de lescarre qui résultent immédiatement de l’application, sont les elfets primitifs; linflammation et la suppuration qui suivent bientôt, et à l’aide desquelles l'escarre :se détache, sont les effets secondaires.

SEcTioN 1°. — Des formes des médicamens.

On prépare les médicamens sous un grand ombre de formes; nous allons indiquer en

quelques mots les plus usitées.

AGR

$ 1%. — Médicamens soliues.

On appelle espèces, des mélanges de plusieurs plantes ou parties de plantes, jouissant de propriétés analogues, séchées, coupées menues et mêlées soigneusement;

Poudre, toute substance solide réduite en particules fines par la pulvérisation.

$ IL. — Préparations molles.

On appelle extrait, le produit mou de l’évaporation d’un liquide, obtenu soit par la simple expression des végétaux, soit par leur infusion, décoction ou macération dans l’eau, le vin ou l'alcool;

Electuaires des composés mous formés de poudres où d’autres médicamens incorporés dans le miel, la mélasse ou un extrait végétal;

Pommade, iout médicament dissous ou mélangé dans la graisse de porc, ou une autre graisse ; ;

Cataplasmes, des mélanges de farines, de poudres où de pulpes déjayées dans un liquide bouillant, en général l’eau où le lait, et qu'on applique à la surface du corps à l’aide d’un bandage. Lorsque la farine de moutarde fait la base du cataplasme, il prend le nom de sizapisme.

$ HI. — Préparations liquides.

On désigne sous les noms de :

Boissons, les liquides que les animaux prennent d'eux-mêmes sans aucun secours etranger ;

Breuvages, les médicamens liquides qu'on administre aux animaux à des doses et à des heures prescrites, à l’aide d’une bouteille, d'une corne, ou d’un autre instrument,

On appelle zxfusion, la dissolution de certains principes d’un corps, obtenue en versant sur ce corps de l’eau ou un liquide bouillant ;

Décoction, la dissolution obtenue en faisant bouillir le corps avec le liquide ;

Macération, celle qu'on obtient en plongeant un Corps dans un liquide à la tempé-

rature ordinaire, et y abandonnant pendant un temps plus ou moins long;

Lotion, tout liquide qui sert à laver une partie du corps.

Lavement, tout liquide destiné à étre injecté dans les intestins par l'anus; on l’injecte à l’aide d'une seriugue, d’une vessie munie d’une canule, d’une corne percée, ou enfin d’une bouteille ordinaire percée d’un trou à son ventre pour permettre à l’air de s’y introduire ;

Gargarismes, les liquides destinés à être injectés dans la bouche;

#njections, les liquides que l’on verse ou que l’on pousse dans toutes les autres cavités naturelles ou accidentelles ;

Collyres, les médicamens liquides destinés à être appliqués sur les yeux;

Liniment, un composé à consistance et à

base oléagineuse, dont on frotte diverses parties du corps.

$ IV. — Administration des médicamens.

Les doses auxquelles on administre les médicamens sont différentes pour chacun d’eux, suivant leur nature et leur degré d’activité. En général, les doses d’une même substance médicamenteuse doivent varier suivant les effets qu'on se propose d'obtenir, suivant l’âge, le tempérament de l’animal, et surtout suivant l'espèce à laquelle il appartient. Les circonstances qui font varier les effets des médicamens sont trop nombreuses pour qu'il soit possible de fixer par des rapports simples les doses des médicamens qui conviennent pour les différentes espèces d'animaux; cependant on admet que la quantité des remèdes administrés à l’intérieur doit être pour le chien huit ou dix fois, et pour le mouton trois ou quatre fois moins considérable que pour le cheval. Bourgelat estime que pour le poulain d’un an, la quantité de médicament à employer doit être d'environ le tiers de celle qui est convenable pour un cheval adulte, de la moitié pour un poulain de deux ans, et des deux tiers pour celui de trois ; il pense que les doses doivent être calculées sur les mêmes bases pour les autres animaux.

Les effets des médicamens diffèrent souvent complétement, suivant la dose à laquelle on les administre. C’est ainsi que la plupart des substances astringentes, toniques et excitantes, n’ont guère qu'une action locale, quand on les donne à petites doses ; tandis qu’au contraire, à plus hautes doses, elles étendent leur influence sur toute l’économie.

SECTION 11. — Classification des médicamens.

On classe les médicamens d’après les effets qu'ils produisent, en:

1° Emolliens, relächans ; 2 tempérans, réfrigérans ; 3° siimulans, diffusibles; 4 10niques, fortifians; 5° astringens, styptiques ; 6° purgatifs et laxatifs; T° vomitifs, émétiques ; 8 diurétiques ; 9 emménagogues ; 10° zarcotiques, sédatifs, antispasmodiques ; 11° fondans ; 12° sudorifiques, diaphorétiques ; 13° rubéfians, épispastiques et caustiques ; 14° vermifuges.

ANIMAUX DOMESTIQUES : PHARMACIE VÉTÉRINAIRE

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