‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 25 sur 467 · LIV. If · texte numérisé non relu

LIV. If

Un terrain doux, léger, quoique substantiel, profondémentameubli par les labours, et fumé à peu près comme nous l’avons dit pour le colza, convient particulièrement au pavot. — Dans les terres médiocres sa culture est rarement productive. — On peut en dire autant des terres argileuses, où la multiplicité des façons absorbe le plus souvent presque tout le bénéfice.

L'époque des semis d’œillette varie, selon les contrées ou les habitudes locales, du commencement de l'automne à la fin du printemps.— Cette plante ayant peu à craindre de l'effet des gelées de notre climat, et donnant des piedsincomparablement plus forts, toutes circonstances égales d’ailleurs, lorsqu’elle devient bisannuelle, ce dont chacun a pu se convaincre sans sortir de son jardin, nous serions disposés à recommander les semis de septembre, et nous croyons qu’on pourrait les étendre avantageusement du midiau centre et même plus avant vers le nord de la France. Toutefois, comme le sol peut n’étrepas toujours convenablement préparé dès cette époque, nous ne prétendons nullement proscrire les semis du printemps dontunelongue etheureuseexpérienceasanctionnéla pratique dans l’Artois, la Flandreet une partie de l’Allemagne.

Pour semer en septembre ou octobre, on donne un premier labour immédiatement après la récolte dernière; un second peu de temps après; et on multiplie, coup sur coup, les hersages jusqu’à parfait ameublissement du sol. — On répand ensuite la semence à la volée dans la proportion de 4 à 5 livres (2 à 2 1/2 kil.) à l'hectare; — on l’enterre, à une très-faible profondeur, par un dernier hersage; —enfin, dans beaucoup de lieux, on termine l'opération en faisant passer le rouleau.— 11 est bon de faire observer que le pavot réussit incomparablement moins bien après une céréale qu'après un trèfle ou une luzerne, et que, dans ce dernier cas, le cultivateur est mieux à même de prendre son temps pour donner au sol les facons nécessaires.

M. pe DomBasLe recommande de semer le pavot dans le courant de l’hiver, le plus tôt qu'il est possible d’entrer dans les terres.

Pois on peut le faire dès le mois de janvier; en général, d’après cet agronome, on ne doit pas passer celui de février. — En pareil cas on sème presque toujours sur un labour d'automne, suivi peu avant le semis des hersages nécessaires; mais alors la terre est rarement assez ressuyée pour permettre un bon travail, et les semis en rayons, sion voulait les essayer, seraient on peut dire lin possibles dans presque tous les sols de consistance moyenne, par suite du piétinement qu’entrainent les hersages, le rayonnage et le semis au semoir.

Dans la Flandre on donne aussi un premier labour avant l'hiver. — Aux approches de mars, après la fumure, on en donne un second suivi de hersages répétés et quelquefois d'un roulage, qui précède immédiatement les semailles. — On enterre à la herse retournée el on roule de nouveau.

Assez souvent 07 sème avec le pavot des graines de carottes qui remplissent utilement

cHaP. 1%.

l'espace qu’on est forcé de laisser entre chacun de ses pieds, mais qui entravent necessairement la bonne culture de la plante principale. ur

Le produit brut de l’œillette est considérable, mais Les frais de main-d'œuvre ne le sont souvent guère moins. — Les sarclages el les binages qu’on est obligé d’opérer à la main sur les cultures à la volée, élèvent considérablement la dépense.— La culture par rangées la diminuerait d'autant en facilitant et en simplifiant ces travaux. On doit même croire qu’elle ajouterait à la quantité des produits; mais, d’un autre côté, on ne peut se dissimuler qu’elle donnerait plus de prise aux vents qui nuisent parfois considérablement aux récoltes de pavots.— Nous regreltons de ne pouvoir donner aux cultivateurs des données assez bien assises sur les avantages comparatifs des deux modes de semis à la volée et en rayons; le 1‘ étant presque le seul en usage dans la pratique, nous n’engagerions à tenter le second qu’à titre &essal.

Quoi qu’il en soit, La culture d’entretien de cette plante consiste en plusieurs façons à la

‘binette. La première, dès que les jeunes pavots ont quatre à cinq feuilles, et la dernière quand ils commencent à monter en tige. Assez communément deux binages suffisent ; quelquefois on en donne jusqu’à trois, ce qui augmente sensiblement la dépense, quoiqu'un troisième binage ne soit jamais aussi dispendieux qu’un premier et même un second.

Au second binage on éclaircit les pieds de manière à les espacer de 6 à 8 po. (0162 à 0® 216 ) et même plus les uns des autres, selon la fécondité du sol.

La récolte de la graine se fait de diverses manières; le plus souvent, dès que la maturité s'annonce par la couleur grisätre que prennent les capsules, on arrache les plantes, on les lie par poignées sans les incliner, et on les réunit debout par petits faisceaux: c’est la méthode que nous avons observée en Artois.

D’autres fois oz coupe Les tétes sur place et on les transporte sur des draps dans un grenier sec, aéré, et dont le plancher soit bien joint, pour les y laisser mürir complètement.

D’autres fois encore, pour l'espèce ordipaire, afin de ne rien perdre, après avoir étendu des draps dans le champ, même au pied des plantes semées en rayons, on les incline et on les secoue pour faire tomber les

raines müres avant de les arracher et de les ler en faisceaux.

Dans beaucoup de lieux, o7 égrène les tétes de pavot une à une à la veillée, après avoir coupé la sommité des capsules qui ne sont pas naturellement munies d’opercules ; — dans d’autres, on réunit les tiges par poignées et on frappe deux de ces poignées l’une contre l’autre.

Feu M: Armand Rousseau, qui a cultivé avec SUCCÈs l’œillette dans l'arrondissement d Etampes pendant un certain nombre d'années, la faisait battre dans des cuves à lessive

ue l’on transportait dans les champs d’un

aisceau à l’autre ;— on frappait les poignées avec un petit bâton, à un pied des capsules.

Toute la graine n'étant pas obtenue de ce

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