DU SOLEIL
premier battage, huit ou dix jours après on procédait à un second qui produisait peu audelà de ses frais, et on liait les poignées en fagots.
nfin, on a essayé avec succès le battage au fléau, et l’on est facilement parvenu à éloigner les minces débris des capsules par le ventement. Cette méthode expéditive offre d'autant moins d’inconvéniens, que l’on peut au besoin achever de nettoyer lagraine,avant de l’envoyer au moulin, dans un crible perce de trous assez fins pour ne laisser passer qu’elle.
M. Rousseau établit la moyenne de production de graines d’œillette dans ses cultures à 15 hectolitres à l’hectare;— M. DE DOMBASLE à 14et demi. — Dans le nord on compte généralement sur 18 à 20 hectolitres. — Notre confrère Daizzy, sur neufhectares ensemencés en pavot, avait obtenu, vers 1820, à Trappes (arrondissement de Versailles ), 18 hectolitres de graines par hectare, plus 360 bottes de tiges bien garnies de feuilles, pesant chacune environ 9 kilog. — La graine récoltée sur chaque hectare lui a rapporté 121 fr., déduction faite de toute dépense. — Son troupeau s'est fort bien accommodé des feuilles et des tiges encore un peu fraïches de la plante, quoique cependant, après en avoir mangé une cerlaine quantité, ses bèles aient éprouvé un léger effet d’assoupissement, au moins dans le commencement. — Les tiges entiérement sèches ont servi à chauffer l’étuve de la belle féculerie établie près de la ferme.
Dans diverses localités, afin de ménager la paille, au dieu de donner le bois d'œillette a jourrageraux moutons, On préfère l'utiliser pour former surles meules une couverture parfaite. — Il peut servir 2 ans à cet usage, après quoi il n’est plus propre qu'à augmenter la masse des fumiers.
La graine d’œillette donne en huile environ 28 litres par hectolitre.— Cette huile, qu’il serait déraisonnable de comparer à celle d’olive, est cependant douce, saine, d’une saveur agréable, et elle n’a rien de l'odeur désagréable de celle du colza, du lin, du chanvre, etc.
Vizmorin et O. LECLERC-THOUIN.
SECTION x. — Du Soleil.
Le Soleël ou Tournesol, Hélianthe annuel (Helianthus annuus; angl. Sunflower; all.
Sonnenblume; ital. Gér ou Sole annue) ( voy.
sa figure, tome I, p. 22. fig. 19), appartient à la tribu des Corymbiferes dans la famille des Syranthérées. — Ses tiges cylindriques, remplies de moelle, garnies à leur sommet de quelques rameaux florifères, s'élèvent jusqu’à la hauteur de 3 à 4 mètres ;—ses feuilles sont alternes, en cœur, hérissées de poils, longues souvent de plus d’untiers de mètre; —ses fleurs sont jaunes, portées sur un court
édicule et fixées sur un réceptacle parfois arge de plus de 6 po. (0® 162).—Ses graines, volumineuses, noires, grises ou blanchätres rayées de gris, sont tellement rapprochées qu’on en a compté jusqu’à dix mille sur un seul pied.
On connaît et on cultive maintenant dans
beaucoup de jardins, une race d’Hélianthe (Hel. ann. nanus; angl. Dwarf sunflover; it. Gir ou Sole nano), qui se distingue principalement de l'espèce ordinaire par sa taille peu élevée etses moindres dimensions en tous sens.Rarement dans sa croissance elle dépasse 18 po. (0487). Cependant sa fécondité est toutaussi remarquable, et, comme on peut la planter 3 ou 4 fois plus épais dans le même terrain, on doit croire qu’on en obtiendrait, en grand, des produits plus considérables.
Les graines d’'Hélianthe contiennent en abondance une huile douce et de saveur agréable, également bonne à manger et à brüler ; —elles sont en outre pour lés volailles une excellente nourriture; —en Portugal, on en fait méme du pain et une espèce de gruau, et, en Amérique, on les fait brûler et on les emploie comme le café. — Les feuilles, vertes ou sèches, produisent un excellent fourrage pour les vaches, et, chose importante, leur abondance est telle qu’on peut en supprimer une partie avant la maturilé des graines, sans nuire sensiblement à leur production; enfin, les tiges, soit qu'on les brûle comme chauffage ou pour en extraire la potasse, soit qu’on les destine à servir de tuteurs dans les jardins potagers, présentent encore d’utiles produits.
Malheureusement, à côté de ces avantages se trouvent d'assez graves inconvéniens : le soleil ne prospère que sur de bons fonds, en des terres abondamment fumées, et il les effrite tellement qu’on a pu le considérer comme une des plantes les plus épuisantes; — les oiseaux sont tellement avides de ses He qu'ils les détruisent en partie avant ‘époque de Ja complète maturité ; — enfin, l'huile dont ces mêmes graines abondent est en grande partie absorbée, lors de l’extraction, par l’écorce épaisse qui les recouvre et dont on ne connait jusqu'ici aucun moyen de les débarrasser. — Cette absorption est si grande que, d’après les expériences de M. Gauyac, tandis que 960 kilogrammes de
raines de colza ont donné 380 kilogrammes ‘huile, 800 kilogrammes de graines de soleil n’en ont produit que 120.
L’hélianthe étant originaire du Pérou, est fort sensible aux gelées de nos climats ; on ne
eut donc le semer vers le centre de la
rance que dans le courant d’avril.— Le semis se fait en place à la volée, ou mieux en ligne, parce qu'ilest très-utile de pouvoir butter la plante, ce qui s'exécute beaucoup plus économiquement au cultivateur qu'à la binette à main.
Les gelées seules arrétent la végétation de cette plante, et, à cette jépoque, il y a déjà long temps que les premières têtes sont müres. — La récolte ne peut donc se faire que progressivement. — Pour empêcher lé pillage des oiseaux, qui sont très avides des graines du tournesol, on pourrait les couper lorsque ces graines commencent à noircir, et les suspendre ensuite dans un lieu aéré; mais, par cemoyen, il est reconnu que la quantité d'huile est sensiblement moindre.
ViLmorix et O. LEcLERC-THOUIN,