‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 259 sur 467 · PATHOLOGIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE GÉNÉRALE

tère fémorale, à la face interne de la cuisse près de l’aine.

Le sang tiré aux animaux se sépare au bout de quelques heures en deux parties:

le sérum et le caillot. Dans les inflammations, et surtout à leur début, le sérum est peu abondant, et le caillot très-consistant se recouvre souvent d’une couche verdâtre qu’on appelle couenne inflammatoire.

$ III. — De la Convalescence.

On appelle convalescence le temps qui s'écoule depuis la terminaison de la maladie jusqu’à l’entier rétablissement des forces.

Les symptômes de la maladie ont disparu, mais en laissant des traces. Les fonctions ne reprennent leur libre exercice que graduellement, et d’autant plus vite que l'affection a été plus courte et moins grave, que J’animal est plus jeune, qu’il est mieux dirigé dans son régime, et que l’on n’abuse pas de ses forces en le remettant trop tôt au travail.

Les soins, en pareil cas, ne sauraient jamais être trop multipliés ; en effet, l'animal convalescent, quoique débarrassé desa maiadie, n’en est pas moins prédisposé à des rechutes tou- Jours fâcheuses. Pendant la convalescence, l’économie animale se remet insensiblement des secousses qu’elle a éprouvées; les muscles, les organes des sens, reprennent peu à peu leur énergie première; l’embonpoint se rétablit et annonce l'exercice régulier des fonctions; l'appétit revient, mais ne doit être satisfait qu'avec la plus grande circonspection; le pouls est encore un peu fréquent; enfin la respiration, encore un peu faible, exige qu’on ne livre pas les animaux à un exercice trop violent.

$1V.— Diagnosticet pronostic.

Le diagnostic a pour objet la distinction de la maladie.

A, On comprend sous le nom de signes diagnostiques, toutes les circonstances propres à éclairer sur le genre et l'espèce d'une maladie. Les principaux sont les symptômes passés ou présens, les causes de la maladie, la manière dont elle a débuté, l’effet des moyens mis en usage. Parmi les signes diagnostiques, tous n’ont pas une importance égale; les uns, dits caractéristiques, Sufisent seuls et en petit nombre pour faire reconnaitre la maladie :

c’est surtout à la connaissance de ces signes que s’attachent les praticiens; les autres, nommés communs, équivoques, se rencontrent dans beaucoup de maladies, et n’appartiennent exclusivement à aucune.

B,Le praticien qui voit un animal malade pour la première fois, commence par Jeter sur lui un coup d'œil rapide ; s’il est debout, son attitude est la première chose qui le frappe; s’il est couché, l'observateur, après avoir examiné sa position, doit autant que possible le faire lever pour continuer son examen. Cela fait, on interroge le propriétaire de l'animal, ou la personne chargée de lui donner des soins, sur les antécédens du malade ; on s’informe de l'état habituel de sa santé, du nombre et du genre de maladies dont il a été affecté, de l’époque à laquelle on s’est aperçu de l'exislance de la maladie, des circonstances qui

PATHOLOGIE. LIV. ItL.

l'ont précédée, des principaux symptômes que | toute la série des causes prédisposantes et oc-

l’on a observés. On passe ensuite à Pexamen de l’état présent, on s'assure de l’âge de l’animal, et par la même occasion on voit l’état de la bouche; puis on passe à l'examen des naseaux , on regarde la couleur des yeux, on tâte la ganache, et l’on explore le pouls avec toute l'attention possible. On examine ensuite la poitrine, et l’on apporte à cette exploration d'autant plus de soin que l’on est plus porté à soupconner que l'affection a son siége dans cette cavité. On passe ensuite à l'examen du ventre et de la digestion, on se fait rendre compte de la nature des excrémens et des urines ; on explore enfin successivement toutes les fonctions, et on netermine qu'après avoir fixé son opinion par un résumé fait avec calme. :

Le pronostic est le jugement que le praticien porte d'avance sur le cours et la terminaison de la maladie.

$ V. — Thérapeutique.

La thérapeutique a pour objet le traitement des maladies. Un grand nombre d’affections sont susceptibles de guérir sans traitement, par la seule force de la nature; mais le plus souvent les secours de l’art sont nécessaires.

SECTION 11. — Pathologie spéciale.

La pathologie spéciale envisage chaque maladie en particulier, fait connaitre ses causes, sessymptômes,sa marche, son traitement, etc.

Que l’on ne s’attende pas à trouver ici un cadre complet de toutes les maladies qui peuvent sévir sur les bestiaux; un pareil travail serait ici un hors-d'œuvre. Je ne m'attacherai qu'aux maladies principales.à celles qui se *encontrent le plus fréquemment. Jecommencerai par décrire les maladies communes à la plupart des animaux domestiques, en les groupant autant que possible par systèmes d'organes; cela fait, j'examinerai pour chaque animal en particulier les maladies spéciales auxquelles cet animal est sujet, et que l’on ne remarque pas sur les autres.

ART... — Maladies communes à plusieurs quadrupèdes domestiques.

À. Maladies qui peuvent attaquer la plupart des organes.

$.I°r. — De l’inflammation.

On peut définir l'inflammation une irritation dounant lieu à un afflux de sang plus ou moins considérable dans la partie qui en est le siége, et caractérisée par la chaleur, la douleur, la rougeur et le gonflement, par un seul ou par plusieurs de ces symptômes suivant sa force. — La plupart des tissus du corps peuvent être le siége de l’inflammation.

Relativement à ses causes, l'inflammation a été distinguée en accidentelle et <pontanée.

La première est due à des causes externes évidentes (contusions, plaies, feu, caustiques, etc.). La seconde se développe sous l'in flueuce de causes quinous échappent souvent :

casionnelles que j'ai passées en revue plus haut, peut la faire développer.

Les symptômes peuvent être divisés en Locaux et en généraux. Les premiers ne sont pas toujours également faciles à reconnaitre ; plusieurs même échappent à notre observalion lorsque l'organe a son siége à l’extérieur ; la rougeur est dans ce cas; ce signe n’est pas toujours bien appréciable chez les animaux domestiques, dont la peau, recouverte de poils, : n’est pas susceptible de prendre cette teinte. La chaleur n’est pas un signe plus constant que la rougeur; cependant, lorsque l’inflammation est située extérieurement, ce signe est quelquefois précieux pour le praticien, et supplée à la teinte inflammatoire que l’on ne peut apprécier. La douleur est un des phénomènes les plus constans de l’inflammation; les animaux la ressentent aussi bien que l’homme. Toutes les fois que le tissu enflammé est susceptible de se dilater, d'acquérir une expansion suffisante sans contracter une grande dureté, la douleur n’est pas très-forte; mais elle devient très-aiguë lorsque cette expansion est difficile et bornée; c’est pour cela que les inflammations des parties fibreuses, et celles qui se développent dans le pied des animaux pourvus de sabot, sont accompagnées de douleurs si vives. Le gonflement ou la tumeur, Quatrième symptôme de l'inflammation, résulte d’un afflux plus considérable de sang dans le tissu enflammé. Ce gonflement est d'autant plus fort que la partie enflammée est plus pourvue de vaisseaux, plus lâche, plus dilatable, et que l’inflammation est ellemême plus forte.

Lorsque l'inflammation est très-intense, à ces signes locaux, vient bientôt s'ajouter un troubie général plus ou moins grave; le pouls augmente de fréquence, la respiration s’accélère, la digestion est troublée, les sécrétions sont en partie suspendues, etc. C’est à ces phénomènes généraux que l'on donne les noms de févre inflammatorre, fièvre de réaction, etc.

La durée de l’inflanmation varie de quelques Jours à un mois et plus.

La terminaison peut avoir lieu: 1° par la disparition subite ou graduelle des symptômes ; 2° par szppuration :il se forme alors, à la surface ou dans l’intérieur des tissus enflammés, un liquide nommé pus, qui, lorsqu'il est de bonne nature, est blanc mat ou jaunûtre, crémeux, plus pesant que l’eau, légèrement salé et d'une odeur fade; ce liquide se présente sous quatre formes, relativement à l’organe qui le fournit : tantôt en couche étendue sur une membrane; tantôt sous forme &@epanchement où de collection dans une cavité naturelle fermée de toutes parts; tantôt sous forme d'infiltration; tantôt enfin, sous celle d'abcés ou de collection formée hors des cavités naturelles du corps; 3° par gangrène, c’est-à-dire par la mort de la partie enflammée, c’est la terminaison Ja plus redoutable; 4 enfin par l'ézduration qui a lieu lorsque, les phénomènes de l’inflammation étant disparus, la partie reste gonflée et gorgée de fluides.

Le traitement de l’inflammation comprend:

1° les moyens qui diminuent directement l'irritation des tissus (saignées générales et locales, application du froid, topiques émot-

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liens, narcotiques, astringens; lavemens et boissons de même pature, elc.) : c’est surtout au début de linflammation que ces moyens doivent être employés ; 2° les agens qui affaiblissent et font cesser indirectement l’inflammation, en l’appelant sur des parties moins importantes que celles qu'elle occupe : ce sont les révulsifs (sinapismes, vésicatoires, ventouses, séton, feu, purgatifs, lavemens 1rritans, etc.); 3° enfin les moyens e2piriques, c’est-à-dire dont l'expérience a constaté l’effieacité dans tels ou tels cas, et dont le mode d'action n’est pas encore bien connu (le soufre pour la gale, l’iode pour les engorgemens froids, le quinquina pour certaines fièvres, etc.).

$ II. — De la gangrène.

La gangrène est l’extinction complète et définitive de la vie dans une partie; elle prend ie nom de zécrose, lorsqu'elle affecte un os : les causes en sont multinliées. Parmi elles on range l’oblitération des artères par la ligature, la compression, l’engorgement des petits vaisseaux, engorgement qui est tantôt inflammatoire, tantôt purement mécanique, comme on l’observe après une longue compression, l'introduction dans l’économie animale de substances délétères (seigle ergoté, chairs putréfiées, humeur du charbon); les contusions prolongées, l’action du feu, du froid intense, etc.

Les symptômes de la gangrène sont locaux et généraux. Les premiers sont : 1° la couleur ordinairement livide et noirâtre, mais souvent peu appréciable à cause de la couleur foncée de la robe des animaux; 2° la consistance ordinairement diminuée, et les tissus réduits en pulpe (gangrène humide), ou plus durs et comme raccornis ( gangrène sèche ); 3° l'odeur caractéristique : il suffit de l'avoir senti une fois pour ne jamais l'oublier; 4 labolition complète de la sensibilité, du mouvement et de la chaleur dans la partie gangrenée. Lorsque ces phénomènes locaux sont bornés à une petite étendue, on dit qu'il y a escarre ; il y a sphacele lorsque la gangrène est trèsétendue et très-profonde. — Les phénomènes généraux ne s’observent que lorsque la gangrène frappe un organe intérieur, ou lorsque,

externe, elle envahit une grande étendue, |

ou bien enfin lorsqu'elle est produite par un agentseptique. Ces phénomènesse manifestent sous deux formes bien différentes l’une de l’autre : tantôt, en effet, la gangrène s’accompagne des signes de l’inflammation des principaux organes; savoir : la fréquence, la plénitude et la dureté du pouls, la chaleur de la peau, la sécheresse de la langue, la soif, etc. ; tantôt, au contraire, elle détermine des phénomènes d’affaiblissement profond, tels que Ja faiblesse, la petitesse et la fréquence du pouls, le ralentissement et la difficulté de la respiration, les excrétions fétides, la lividité des membranes muqueuses apparentes, etc.

On distingue la gangrène en interne et en externe, d’après la distinction des organes affectés. L’externe se présente sous plusieurs formes: la gangrène simple, lagangrène par le froid, le charbon, la pustule maligne, la gangrène par l’inoculation de certains venins, etc,

PATHOLOGIE SPÉCIALE

30i — La succession des phénomènes de la gangrène présente quatre périodes : la première est caractérisée par les phénomènes locaux et généraux que J'ai indiqués; la seconde, par la formation d’un cercie inflammatoire destiné à circonscrire l’escarre; la troisième présente la suppuration etla chute de l’escarre; la quatrième comprend tout le temps qu'exige la cicatrisation de la plaie qui reste après la chute des parties gangrenées.— Le pronostic de la gangrène est toujours grave; la mort peut survenir à tous les périodes de la marche de la maladie.

Le traitement présente trois grandes indications à remplir : 1° prévenir la formation de la gangrène : on conçoit que les moyens seront différens selon les causes qui auront donné lieu à lamaladie; 2 'arrèter les progrès et combattre les symptômes locaux et généraux; ici deux choses sont à considérer : la gangrène ellemême et l’inflammation qui l'accompagne, la précède ou la suit. Les conséquences qui en découlent sont que, lorsque linflammation prédomine sur la gangrène, et à plus forte raison quand elle en est la cause, le traitement antiphlogistique est le seul convenable ainsi on devrasaigner Panimal une ou plusieurs fois, en ayant égard, pour la quantité de sang à extraire, à la force el à l’âge du sujet, à la violence de l’inflammation; il faudra en même temps administrer des boissons rafraichissantes composées en faisant dissoudre du miel dans de l’eau, en y ajoutant du vinaigre jusqu'à agréable acidité, et administrer au besoin à l’intérieur des breuvages faits avec la gomme arabique, les décociions de graine de lin ou de racine de guimauve légèrement nitrées. Il est bien entendu que l’änimal devra être mis à la diète. Quand, au contraire, la gangrène l’emporte sur lPinflammation, £’est au traitement antiputride ettonique qu'il faut avoir recours. Le campbhre, le quinquina, la cannelle, le vin, l'acide sulfurique étendu, etc., sont les médicamens les plus efficaces (voyez Médicamens toniques et formules n°° 28,30, 31). 3° Quant à la troisième indication, elle consiste à favoriser la séparation des parties frappées de mort. On y parvient par le feu, les caustiques (sublimé corrosif, pierre infernale, pierre à cautère }, et l’instrument tranchant, elc. À

Les affections gangreneuses demandent à être traitées énergiquement; un vétérinaire habile et expérimenté est seul capable de diriger convenablement ce traitement.

$ IL. — Du charbon.

Le charbon où anthrax est une des formes de la gangrène; il attaque tous les animaux, mais surtout les herbivores. Les viciscitudes des saisons, les longues sécheresses et les longues pluies, l'usage d’alimens avariés et d’eau altérée, l'insalubrité des habitations, les travaux forcés y donnent assez souvent lieu. Il présente des caractères particuliers suivant l'espèce d'animal qu'il attaque.

a. Chez les solipèdes (on appelle solipèdes les animaux qui ont le pied renfermé dans un seul sabot, comme le cheval, l’âne, etc.), il peut affecter plusieurs formes : 1° il s'annonce quelquefois sur la surface du corps par une petite tumeur dure, de la grosseur d’une fève

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