‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 260 sur 467 · PATHOLOGIE. LIV · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE. LIV

très-adherente, lrès-douloureuse, acquévant ! le cou et les mamelles, sous forme de petites

rapidement un volume assez considérable, et s’accompagnant de symptômes généraux d'inflammation, d’anxiété qui font bientôt euxmêmes place à un affaiblissement général et à la mort; celle-ci survient dané le court espace de 24 à 36 heures; le traitement de cette variété consiste dans l’excision complète de la tumeur, dans la cautérisation profonde des surfaces vives au moyen d'un ceautère chauffé à blanc, dans le pansement des plaies avec l’eau de Labarraque ou l’eau de javelle, et l'administration à l’intérieur d’antiputrides énergiques (formules n°*° 28, 30 el 31); 2° lorsque le charbon se montre à la cuisse, il porte le nom de trousse-galant; il fait des progrès à vue d'œil et fait périr en 12 ou 24 heures l’animal qui en est atteint : le traitement est le même que pour la variété précedente; 3° le charbon de la langue et du palais se nomme glossanthrax, chancre volant. I] se présente d’abord sous forme de vessies blafardes, livides ou noires, qui se déchirent peu de temps après leur apparition et donnent lieu à des ulcères rongeans qui font des progrès rapides, envahissent bientôt toute l'épaisseur de la langue, s’accompagnent de symptômes généraux fort alarmans, et amènent promptement la mort. Le traitement consiste à enlever les parties #angrenées et à laver les parties malades 5 ou 6 fois par jour, avec l’acide sulfurique étendu d'eau, ou la décoction de quinquina et l’eau-de-vie camphrée, et à faire avaler à l’animal des breuvases antiputrides (n° 31).

b. Chez le bœuf le charbon peut aussi affecter plusieurs forines : 1° une première variété se montre plus particulièrement au poitrail, à la pointe des épaules, au fanon et sur les côtes; c'est.une tumeur d’abord du volume d’une noix et qui fait de tels progrès en grosseur qu'en une demi-heure elle acquiert souvent celle d’une tête d'homme ; elle ne tarde pas à se propager sous le ventre,sur j’épine, le cou, et à faire périr l'animal; 2° une autre variété s’annonce par de simples taches blanches, ou livides, ou noires, qui n’intéressent que la peau presque toujours soulevée et crépitante; sa marche est moins rapide que celle de la variété précédente, mais ses effets n’en sont pas moins funestes : les scarifications et les lotions avec l’essence de térébenthine dans les plaies qui en resultent, ainsi que lapplication de la poudre de quinquina ou de la poussière de charbon, paraissent être les moyens de guérison les plus efficaces; 3° une troisième variété, que l’on nomme charbon blanc, affecte indistinctement toutes les parties du corps, ne forme pas de tumeur, et ne se reconnait qu'à une dureté plus ou moins enfoncée, ronde et circonscrile, où par un enfoncement résultant de la mortification de chairs gangrenées ; elle se remarque particulièrement dans le typhus charbonneux, maladie qui ne pourra trouver place dans ce court exposé des affections des bestiaux; 4° le bœuf est aussi sujet au charbon à la langue (glossanthrax), qui se reconnait et se traite comme celui du cheval.

c. Chez les moutons : 19 le charbon apparaît quelquefois sur quelques-unes des parties dé-

nudées de laine, telles que le dessous du ven-.

tre, la face interne des cuisses et des épaules,

tumeurs dures, circonscrites, dont le centre est marqué d’un point noir. Ces tumeurs acquièrent bientôt la grandeur d’une pièce de cinq francs, et sont entourées de petites vésicules pleines d’une sérosité âcre. Lorsque le charbon s'étend, la perte de l'animai est inévitable. Le traitement consiste à extirper la tumeur aussitôt qu’elle paraît, à brûler avec le cautère chauffé à blanc, la plaie qui en résulte, à panser avec l’onguent digestif (mélange de térébenthine et de jaunes d'œuf, une once pour un jaune), et à faire avaler à l’animal des boissons acidulées (eau tiède rendue acide par l’oximel simple, ou par quelques gouttes d’acide sulfurique). 2° La variété la plus commune est celle qui se montre sous forme d'infiltration aplatie, étendue en Jargeur et en longueur, sur laquelle se développent une ou plusieurs petites vésicules pleines de liquide. Cette infiltration, qui se montre aux aines, à la face interne des cuisses, aux ars, sur les parois de la poitrine et du ventre, au cou, eic., ne tarde pas à se changer en une vaste escarre gangreneuse, et à produire la mort du sujet. Les symptômes généraux sont à peine visibles, et lorsqu'on s'aperçoit de la maladie, l’animal n’a plus que quelques heures à vivre. Il n’y a pas de traitement à opposer à cetle variété de charbon; ou a conseillé l’émigration du troupeau pour en préserver les bê'es saines, lorsqu'il a pris la forme épizootique. 3° Enfin une troisième variété se montre à la tête, et particulièrement autour des oreilles, dont la chute est la suile fréquente de cette maladie; l'animal succombe en 2 ou 3 jours. L’extirpation de la portion charbonneuse, secondée par lapplication sur la plaie d’un mélange d’essence de térebenthine, de poudre de quinquina et de goudron, compte le plus de guérisons.

d. Chez le cochon le charbon se montre souvent au cou, entre la jugulaire et la trachée, sur la région des amygdales, et porte les noms particuliers de bosse, de soie, soyon, probablement parce que les soies de la partie affectée sont droites, hérissées, rudes et forment une espèce de houppe que l’on ne peut toucher sans que l’animal témoigne de la douleur. Sous ces soies la peau est déprimée, colorée en noir chez les cochons blancs et décolorée chez les cochons noirs. Cette maladie est accompagnée de soif, dégoût, extinction de la voix, agitation des flancs, gueule brûlante et baveuse, rougeur des yeux; la mort survient du deuxième au huitième Jour.

Le traitement consiste toujours dans l’extirpation de la tumeur, la cautérisation de la plaie et l'administration des boissons vineuses ou amères (décoction de gentiane ou de petite centaurée ou bien de chicorée sauvage), d’infusions aromatiques (sauge, menthe, lavande, romarin) contenant deux outrois onces d’acétate d’ammoniaque. Le porc est également sujet au charbon de la langue, qui chez cet animal porte le nom de boucle ;il réclame les mêmes soins que celui des solipèdes.

B. Muladies du tube digestif.

$ 1.— Inflammation de la membrane muqueuse de la bouche (stomatite).

Cètte maladie ne consiste quelquefois que dans la rougeur, le gonflement et la chaleur de cette membrane; mais le plus souvent elle se fait remarquer par le développement de petites pustules grises ou blanches qui se convertissent bientôt en petits ulcères arrondis et environnés d’un cercle rouge (aphthes). Ces petits ulcères occupent surtout la face interne des lèvres, les gencives et les côtés de la langue. Cette maladie, très-facile à reconnaître, puisqu'il suffit pour cela d'ouvrir la bouche des animaux, se montre seule ou accompagnée d’autres affections. Chez les animaux ruminans et chez les porcs elle est souvent compliquée d’ulcérations de la même nature qui se forment entre les deux onglons et peuvent parfois déterminer la chute du sabot. La maladie aphtheuse s’est aussi montrée d’une manière épizootique dans le cours de certaines inflammations gastro-intestinales.— Les causes de cette affection paraissent être l’action d’un air froid et humide, de l’atmosphère malsaine des étables, de l'usage d’alimens irritans, d'eaux bourbeuses; chez les jeunes animaux elle ‘peut être attribuée à la malpropreté des mamelles des mères, où à un état maladif de celles-ci. Les alimens durs, fibreux, les brins de fourrage, les dents molaires des vieux chevaux usées inégalement, déterminent aussi souvent des plaies de la bouche, accompagnées de l’inflammation de la muqueuse de cette cavité.

Traitement. Cette maladie est rarement dangereuse par elle-même; son traitement curatif consiste à éloigner les causes connues ou présumées, à soumettre les animiaux à un régime convenable et quelquefois même à la diète; ce régime se compose pour les herbivores d’eau blanche tiède légèrement acidulée, et, pour les carnivores de bouilions de viande légers: en même temps on calme l’inflammation de la bouche par les gargarismes adoucissans (formule n°9). Lorsque la première irritation est passée, on peut, pour hâter la guérison, cautériser les aphthes et les ulcères du pied à l’aide d’un pinceau imbibé d'acide hydrochlorique (esprit de sel). — Quant au traitement des aphthes qui dépendent d’une inflammation gastro-intestinale, il est subordonné à celui de la maladie principale. (Voyez Gastroentérite.)

$ IL. —Inflammation de la langue (glossite).

Cette maladie, assez rare chez les animaux, est quelquefois une conséquence des plaies faites à la langue, ou du contact des substances irritantes et caustiques. La langue enflammeée est ordinairement rouge, chaude, douloureuse, quelquefois livide et violacée, toujours plus volumineuse que dans l’état de santé; les màchoires sont écartées, la salive coule abondamment au dehors, et la fièvre est plus ou moins forte.

Traitement. Lorsque cette maladie est légère, elle cède à la diète, aux boissons adoucissantes ou tempérantes (n° 4 et 12) ou

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rendues légèrement laxatives par l'addition d’un peu de sulfate de soude, et aux gargarismes adoucissans (n° 9). Quaod linflamrnation est forte, il faut en toute hâte pratiquer une saignée au cou et y revenir promptement si la violence de Ja maladie et l'état du sujet y autorisent; il est même bon d’avoir recours à des scarifications plus où moins profondes et nombreuses sur le corps charnu de Ja langue. Lorsque la maladie se termine par suppuration, on ouvre l’abcès et l’on prescrit les gargarisimes acidulés et astringens (n° 38), puis les injections avec la décoction de gentiane. On ne remet que petit à petit l’animal à son régime ordinaire.

$ III. — Angine pharyngée (esquinancie interne).

On nomme ainsi l’inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse l’arrière-bouche (pharynx), accompagnée ou non de l'inflammation de la membrane muqueuse du voile du palais et du palais. De tous nos animaux domestiques c’est le cheval qui y est le plus exposé.— Les causes de cette affection sont le passage subit du chaud au froid, l’action de boissons froides prises lorsque les animaux sont en sueur, l'usage d’alimens irritans. — Les principaux symptômes sont : la rougeur du voile du palais, de ses piliers et de la base de la langue. l'écoulement d’une bave visqueuse, la sécheresse de la bouche, et la difficulté d’avaler les alimens et les boissons. Si la maladie fait des progrès, la déglutition devient impossible, et les alimens ou les boissons avalés reviennent par les naseaux; l’animal témoigne de la douleur quand on lui presse la gorge, et fait quelquefois entendre une toux suivie de l’expulsion de mucosités.

Quelquefois il se développe dans le tissu cellulaire sous-cutané environnant un engorgement plus ou moins considérable : enfin, la maladie, lorsqu'elle est intense, est souvent accompagnée d’un mouvement de fièvre reconnaissable à la plénitude et à la fréquence du pouls, l'accélération de la respiration, la rougeur des yeux, la constipation, etc.

Traitement. Cette maladie est ordinairement peu grave, et dure à peine 10 à 12 Jours; elle ne réclame le plus souvent qu’un traitement simple, consistant en boïssons d’eau blanche tiède, bouchonnemens fréquens, usage de couvertures, administration de gargarismes adoucissans, el de lavements émollients (n°* 7 et 9). On enduit la gorge d’oniguent populéum, et l’on recouvre cette région d’une peau de mouton, la laine en dedans. Si la maladie est accompagnée de toux, on administre fréquemment à l'animal de l’électuaire adoucissant (n° 2); s’il survient de la fièvre, on fait une saignée au cou, et on la renouvelle au besoin. Lorsqu’à l’aide de tous ces moyens l'inflammation est apaisée, il devient souvent avantageux d'appliquer un séton au poitrail.— J’ai obtenu de bons effets de l'emploi d’un large vésicatoire autour de la gorge, dans le cas d’angines graves qui ne cedaient pas au traitement ordinaire.

$ IV.— Gastrite.

Inflammation de la membrane muqueuse

de l'estomac. Cette maladie est peu connue chez Îes animaux.

$ V. — Entérite.

C’est l’inflammation de la membrane muqueuse des intestins. Cette maladie, trèscommune chez les animaux, se présente sous plusieurs formes qui dépendent sans doute de ja nature et de l’étendue de l’inflammation intestinale. Les plus remarquables de ces formes sont: 1° entérite sur-aiguë Où colique

rouge, qui ne se remarque guère que chez |

les chevaux (voy. Maladies du cheval); V'entérite aiguë, — chronique, — diarrhéique, — et dysentérique.

A. Entérite aiguë. X est difficile de la distinguer de la gastro-entérite ( voy. Gastroentérite ).

B. Entérite chronique (gras - fondure ). La chaleur atmosphérique, le froid humide, les alimens avariés, les boissons de mauvaise qualité, etc., peuvent donner lieu à cette affection; mais il faut que ces causes agissent lentement, et sur des animaux faibles et appauvris; cette nuance de l’entérite est encore ‘assez souvent la suite d’entérite aiguë ou de gastro-entérite mal guéries, ou de la présence de vers dans l'intestin. — Tes symptômes de cette affection sont le malaise, la tristesse, la diminution de l'appétit; la peau sèche et adhérente, les poils piqués, la petitesse Jet la fréquence du pouls, l'infiltration et la couleur jaunâtre des yeux, les flancs retroussés, le fondement enfoncé. Les excrémens sont rendus avec peine, ils sout ordinairement coiffés par ne couche de mucosités ; quelquefois ils sont mous, fétides et parsemés de stries de sang; à ces signes se joint la maigreur qui augmente de plus en plus.—Le traitement est simple : au commencement on a recours aux breuvages faits avec la décoction de graine de lin et de têtes de pavot, aux lavemens de même nature, à une demi-diète, à de fréquents bouchonnements. Lorsqu'on a obtenu un peu de mieux, on applique un ou deux sétons, et on remplace les breuvages émolliens par les breuvages amers faits avec la chicorée sauvage; ou la petite centaurée, ou même l’écorce de chène et la camomille. On donne des alimens bien choisis, et on remet petit à petit les animaux au régime et au travail ordinaires.

C. Entérite diarrhéique (diarrhée, cours de ventre, dévoiement ). Elle est aiguë où chronique. La première peut être occasionnée par une indigestion, l'excès souvent répété de la nourriture, l’abus des purgatifs, l’usage de mauvaises eaux pour boissons, l'humidité de la saison; l’usage de foins rases, rouillés, poudreux, moisis et autres alimens de mauvaise nature; le passage subit de la nourriture sèche à la nourriture verte, et réciproquement. — Les poulains sont sujets à être atteints de diarrhée le troisième ou le quatrième jour après leur naissance, surtout lorsqu'ils sont issus de mères affectées de gale, d'eaux aux jambes, ou soumises à un mauvais régime qui influe sur la qualité du lait.— Les bétes 4 laine qui paissent l'herbe nouvelle avec trop d’avidité, sont quelquelois prises d’une diarrhée que l'on arrête facilement en les menant

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