LIV. if, tier, dans un endroit où il ne puisse ni se cou
| cher ni se frotler. Douze heures après cette
friction, on en fait une seconde avec les mémes soins et la même quantité de teinture ; on en fait une troisième douze heures après la seconde, et tout est fini : il n’y a plus alors qu’à attendre l'effet du traitement. Ainsi, il suffit de trois frictions en vingt-quatre beures avec dix-huit onces de teinture de cantharides. Ce traitement donne lieu à un engorgement considérable de la partie frictionnée, et à la formation d'un grand nombre d’ampoules, qui ne tardent pas à crever. On tient le cheval attaché au râtelier pendant une semaine. Dix à douze jours après les frictions, les poils commencent à tomber par larges plaques croûteuses, mais ne tardent pas à être remplacés par d’autres poils; et quinze à dix-huit jours après le commencement du traitement, le cheval est ordinairement guéri. Il arrive parfois que ce traitement ne donve pas lieu à une guérison complète, mais seulement à une diminution notable de la boiterie, Dans ces cas, assez rares, on recommence le traitement sur nouveaux frais, et après ce second traitement, la boiterie est le plus souvent disparue.
L'efficacité de la méthode que je viens de faire connaitre, le peu de douleur qu'elle occasionne aux animaux, la brièveté du traitement, doivent engager les praticiens à la mettre en usage, de préférence aux saignées, aux émolliens, aux frictions spirilueuses qui, trop
| souvent, laissent passer la maladie à l’état chro-
| nique.
2° Effort de genou. Cet effort est caractérisé par le gonflement, la chaleur, la douleur du genou malade, et une boiterie plus où moins forte. L'expérience m'a prouvé dans maintes circonstances que l’on pouvait facilement triompher de cet accident à l’aide du traitement suivant : 1° à l'effort {éger et récent opposer les bains froids, longtemps prolongés et fréquemment répétés, les frictions avec leaude-vie camphrée et le repos; 2° traiter les efforts récens et graves, c'est-à-dire accompagnés d’une baiterie intense, par des frictions avec la teinture de cantharides dont j'ai donné la formule en décrivant le traitement de l'écart. Trois frictions faites daus les vingt-quatre heures, c’est-à-dire à douze heures d'intervalle, suffisent habituellement. Il faut employer dans ce traitement toutes les précautions que J'ai fait connaitre au mot £cart auquel je renvoie
| pour éviter des répétitions. 3° Les efforts cAro-
niques sont fréquemment traités avec succès
DE se || ARE : : :
du bras avec l’avant-bras, une friction avec six | par les frictions de teinture de cantharides;
mais l'application du feu en raies réussit généralement mieux.
3° L’effort de boulet (mémarchure) ; 4 l’effort de cuisse (allonge, effort de hanche); 5° l’eyfort de grasset ; 6° l'effort de jarret ; T° le tour des reins, réclament absolument le même traitement que l'écart et l'effort de genou.
$ VIl. — Exostose ( {umeur dure).
Tumeur osseuse développée à la surface d’un os. Les exostoses se manifestent plus particulièrement sur les parties qui avoisinent de très-près les articulations ; elles sont susceptibles de plusieurs variétés relatives à leur forme, leur volume, leur nombre, leur situa-
tion et leurs causes. Tantôt elles préseritent une saillie large et peu considérable, à base étendue ou étroite et comme pédiculée, et à surface lisse ou irrégulière; tantôt elles sont uniques, isolées, et n’occupent qu'un petit espace; tantôt elles existent sur plusieurs os, ou sont placées à quelque distance les unes des autres sur les mêmes os. Elles ont recu différens noms, suivant les régions qu’elles occupent : celles du jarret du cheval sont la courbe, l'éparsin calleux, la jarde; celles du ‘canon portent les noms d’osselet, suros, chapelet, fusée; à la couronne on les nomme forme, ete.—Les causes des exostoses chez les animaux sont peu connues : il paraît que l’influence héréditaire est pour beaucoup dans leur développement. Aussi éloigne-t-on soigneusement des haras les étalons qui en sont atteints. Les heurts, les coups, les chutes, et d’autres violences extérieures exercées sur les os, à travers les parties molles qui les recouvrent, sont, dit-on, des causes assez fréquentes de la production de ces maladies. Les exosloses se développent le plus souvent d’une manière lente et presque insensible; lorsqu'elles sont bien formées et qu’elles affectent des os superficiellement situés, elles sont faciles à reconnaitre; elles constituent alors des tumeurs dures, résistantes, incompres sibles, fixes et ne changeant jamais de situation.-— On ne connait pas encore de moyen bien déterminé pour en obtenir la guérison. Le feu, soit en raies, soit en pointes pénétrantes, est le seul moyen qui soit réellement susceptible, sinon de les faire disparaitre, du moins d'arrêter les progrès de leur développe ment.
$ IX.—Tumeurs synoviales (Tumeurs molles).
On nomme ainsi des tumeurs qui surviennent, soit aux articulations, soit dans les eoulisses tendineuses des membres, et qui consistent dans l'accumulation de la synovie dans les poches qui sécrètent cette liqueur et la renferment. De même que les tumeurs osseuses, elles ont reçu différens noms suivant les régions qui en sont le siége : celles du vide du jarret portent le nom de vessioons ; celles de la pointe du jarret sont appelées capelets où passe-campanes; mais celles-ci sont souvent d’une autre nature; celles qui surviennent le long de la région tendineuse du canon, ou sur les parties latérales et supérieures du boulet, sont désignées sous le nom de molettes. Ces dernières, de même que les vessigons, sont dites simples quand elles ne se montrent que d’un côté, et chevillées ou soufflées lorsqu'elles existent en dedans comme en dehors. — Les violences extérieures, les coups, les chutes, les distensions forcées, lés travaux pénibles, l’action du froid humide en sont les causes les plus ordinaires. —Les frictions avec l'essence de lavande et l’eau-deviecamphrée lorsque les animaux sont jennes; les vésicatoires, et mieux la cautérisation transcurrente lorsqu'ils sont vieux et fatigués, sont les seuls moyens susceptibles de faire disparaitre ces tumeurs.