‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 278 sur 467 · LIV. Jii · texte numérisé non relu

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tiquer des saignées plus ou moins répétées au cou; il est encore bon de pratiquer des saignées sur le pied malade, scit en pince, soit sur les parties latérales de la couronne.

Immédiatement après ces opérations il faut entourer le pied malade d'un cataplasme astringent (n° 34) que l’on doit maintenir constamment humide. Si le cheval est tellement méchant qu'il ne veuille pas se laisser appliquer de cataplasmes, dit M. Girard, on peut-pratiquer à l'endroit où il pose ses pieds, quand il est attaché à l'écurie, un grand trou dans lequel on met de la terre glaise délayée avec du vinaigre ou une solution de sulfate de fer. On laisse séjourner les pieds malades dans la terre détrempe et l'on ne change le cheval que pour le faire reposer pendant la nuit; s’il souffre beaucoup, et qu'il ne puisse se coucher, il est inutile de le déranger, et il demeurera les pieds plongés dans la glaise, que l’on entretiendra molle et froide en l’arrosant de temps en temps avec une certaine quantité de la liqueur ci-dessus indiquée, que l'on versera en fomentation sur les parties supérieures. Quelques frictions révulsives faites au-dessus du genou ou du jarret avec l’essence de lavande, des lavemens simples destinés à entretenir la liberté du ventre, et un peu de diète complètent le traitement et suffisent ordinairement pour amener en peu de jours la guérison de la fourbure. Lorsque celte maladie est devenue chronique et qu'il s’est développé une fourmillière et un croissant, il est nécessaire, pour obtenir la guérison, de recourir à des opéralions chirurgicales graves et difficiles, dont la description ne peut trouver place ici.

$ III. — Fourchette échauffée.

On donne ce nom à une altération de la fourchette du pied des animaux solipèdes, qui consiste dans le suintement d’une humeur puriforme, noirâtre, qui s’accumule dans le vide de la fourchette, à la suite du séjour des animaux dans des lieux humides et malpropres, surtout dans l'urine et le fumier. On remédie à cet accident en plaçant les animaux dans des lieux secs et propres, en dégageant la fourchette des portions de corne qui retiennent la matière, et en bassinant fréquemment la partie malade avec de l’eau vinaigrée ou chargée d’extrait de Saturne. Ce simple traitement, aidé au besoin de l'application d’un fer à branches raccourcies, suffit ordinairement pour amener la guérison en peu de temps.

$ IV. — Fourchette pourrie.

Cette affection est la suite de la fourchette échauffée, dont elle ne diffère qu’en ce que l’altération est portée à un plus haut degré. L'humeur est devenue sanieuse et fétide, la corne de la fourchette est molle et filandreuse, et cette partie devient le siége d’une démangeaison qui porte l’animal à frapper fréquemment du pied contre terre. Les causes de cette maladie sont identiques à celles de la fourchette échauffée. Le traitement est le même, à celte exception près qu'il réclame des soins plus assidus et plus longs. On peut avec avantage garantir la fourchette de l’influence

cHAP. 5.

desagensextérieurs,en la couvrant d’une étoupade imbibée d’extrait de Saturne, ou recouverte d’onguent égyptiac, et maintenue en place au moyen d’éclisses. — La fourchette pourrie dont le traitement est négligé peut dégénérer en crapaud,

Pour terminer l’histoire des maladies du pied, il me resterait à parler des Javarts, des seimes, du crapaud, des bleimes, des cerises, de l'oignon, des clou-de-rue et autres accidens analogues, de la sole brülée, etc. ; mais ces différentes maladies réclamant toutes des opérations chirurgicales plus ou moins graves, qui ne peuvent être pratiquées que par des vétérinaires expérimentés, leur description serait déplacée ici.

ART. lil, — Maladies particulières aux

bœufs.

$ Ir. — Pommelière (phthisie tuberculeuse, phthisie calcaire ).

Maladie affectant plus particulièrement les vaches laitières que les autres bêtes à cornes, et consistant principalement dans le dépôt de matière tuberculeuse dans les poumons. Cette maladie parcourt lentement ses périodes et amène peu à peu les animaux qui en sont atteints au dernier degré de consomption. La maigreur générale et une petite toux sèche, rauque, peu forte et particulière, en sont dans le commencement les principaux signes ; à une époque plus avancée, la sécrétion du lait diminue et les vaches engraissent, mais quelque temps après le lait tarit tout à fait, la respiration devient plus gênée, la maigreur survient de nouveau, l’animal a des momens alternatifs de bien et de mal, la toux devient plus fréquente, plus petite; enfin, il survient du dégoût, de Ja tristesse, une maigreur extrême, des frissons et la mort.—Une fois la pommelière développée, il est presque impossible d’en arrêter les progrès ; c’est à la prévenir, en plaçant les animaux dans des circonstances opposées à celles qui déterminent son développement, que doivent surtout tendre les efforts des propriétaires et des praliciens.—On attribue généralement la pommelière à l'influence des étables basses, humides, chargées de vapeurs et de miasmes, privées de lumière et de bon air, et encombrées de fumier; au repos continuel dans lequel on fait languir les vaches laitières, à la mauvaise nourriture et aux boissons malsaines qu’on leur administre.

$ II. — Maladie des bois (mal de brou).

On nomme ainsi une maladie que des vétérinaires regardent comme une gastro-entérite, que quelques autres considèrent comme une indigestion gangréneuse, et qui provient de ce que les animaux ont mangé de jeunes feuilles d'arbres, et surtout des bourgeons de chêne.--Les symptômes qui annoncent l’invasion du mal sont : la chaleur de la bouche, la soif, la constipation, la difficulté d’uriner, la concentration des urinès, la force et Ja {ré-

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