‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 296 sur 467 · LIV. LI · texte numérisé non relu

LIV. LI

risé en outre par l'obliquité et la friabilité | tact avec'le fer dans aucune partie de son

trèsgrande de la paroi, le peu de hauteur des talons, le volume de la fourchette et le défaut d'incurvation de la sole qui se trouve à peu près plane et de niveau avec le bord plantaire de la paroi. Il résulte d’une telle disposition des parties composantes du sabot, que l'élasticité Sy trouve à peu pres détruite, puisque l’un de ses principaux ressorts, la concavité de la sole, n'existe pas. Mais la conséquence la plus fâcheuse de ce manque d’incurvation de la sole est, sans contredit, le danger auquel sont continuellement exposées les parties sous-jacentes d’être foulées et comprimées par les inégalités du sol; car dans le poser d’un pied plat, la plus grande partie de la surface de la sole se trouve en contact avec le terrain. Aussi rien p’est-il plus fréquent que de voir des pieds ainsi vicieusement conformés atteints de bleimes, d'oignons, et devenir fourbus.

Ces dernières conséquences de la mauvaise conformation du pied sont les seules auxquelles on puisse obvier par la ferrure. Les premières sort lout à fait irremédiables. I] n’est pas, en effet, possible de rendre à la sole la forme qu’elle devrait avoir normalement; mais on peut, en la revétant d’un fer suffisamment large, la soutraire à l'appui sur le sol et la protéger contre ses inégalités.

Les fers que l’on adapte dans ce but au pied plat, sont dits fers couverts (fig.216) ou à

Fig. 216.

branches couvertes.

Ces fers, qui sont ainsi nommés de ce que leur largeur excède, à grandeur égale, la largeur des fers ordinaires, peuvent présenter une couverture plus ou moins grande, suivant que l’exige le degré plus où moins avancé de la défectuosité du pied qu’ils sont destinés à réparer. C’est pour cela qu’on les distingue en fers demi-couverts, couverts et trés-couverts.

Bien que les fers couverts aient une plus grande largeur que les fers ordinaires, ce-

endant, à grandeur égale, ils ont à pea près e même poids, parce que leur épaisseur, loin d’être en rapport avec leur couverture, est au contraire beaucoup moindre que celle des fers ordinaires.

Pour adapter convenablement un fer couvert, on pare à plat le pied défectueux en diminuant le moins possible l’épaisseur de la sole, et n’enlevant du bord de la muraille que ce qui est strictemeut nécessaire pour l'empêcher d’éclater ; on laisse à la fourchette tout son volume, et l'on n’abat que très-peu les talons.

Quant au fer, on lui donne la profondeur d’ajusture que nécessite le degré de la défectuosité; en général, cette ajusture doit être assez forte pour que la sole ne soit en con-

étendue. Si les talons sont trop bas, les éponges du fer devront être nourries pour suppléer à leur peu d’élévation; si la corne du pied plat est tendre ou friable, comme il arrive le plus ordinairement, on ne devra fixer le fer qu'avec des clous à lames très-délicates. Enfin, il ne faut pas oublier que, pour le pied plat surtout, il est très-dangereux de faire porter le fer à chaud.

$ IV. — Du pied comble ( fig. 217).

Fig. 217.

Fig. 218.

Le pied comble présente à un degré exagéré la défectuosité du pied plat. La sole, au lieu d’y former. comme dans un pied normalement constitué, une espèce de voûte élastique, est au contraire incurvée en bas, et dépasse, en se bombant, le bord inférieur de la paroi. Il résulte d’un tel vice de conformation, que c’est principalement la sole qui sert avec la fourchette à l'appui sur le terrain, et que le bord plantaire de la muraille y est complétement soustrait. Il est facile de prévoir combien doivent être funestes les conséquences d’une manière d’être aussi anormale.

Dans l'appui sur le terrain, les parties sensibles sous-jacentes à la sole, mal protégées par cette égide cornée trop mince et trop vicieuse dans sa forme, et douloureusement impressionnées par le contact des inégalités du sol, s'irritent, se congestionnent et s’enflamment. De là les bleimes, les oignons, les fourbures partielles ; de là ces claudications douloureuses qui mettent les animaux dans l’impuissance absolue de rendre des services.

Etant donné un pied ainsi conformé, quel fer devra-t-on lui adapter pour en pallier la défectuosité ?

On aura trouvé la solution de ce véritable problème, si l’on parvient par la ferrure à faire participer à l’appui sur le sol les régions de la face plantaire du sabot qui devraient normalement y participer, et à soustraire à cet appui celles dont la participation est tout à fait vicieuse.

Or, lorsque la convexité de la sole n’est pas outrée au dernier degré, et n’existe pas dans toute son étendue, qu’elle n’a lieu, par exemple, qu’en pince, comme dans le cas de crotssant, le fer très-couvert avec une ajusture très-forte peut parfaitement remplir ces conditions. Par cette ajusture, on soustrait la sole à l'appui sur le terrain, et on reporte cet appui sur le bord plantaire de la paroi.

Lorsque la convexité de la sole n’a son siége que d’un seul côté du pied, comme dans le cas d'oignons, on obvie à cette défectuosité avec un fer à une seule branche couverte, à laquelle on donne assez d’ajusture

DE LA FERRURE DES PIEDS DÉFECTUEUX

pour éviter à la partie bombée de Ja sole le | de l’élasticité du sabot et la compression dou-

contact du fer et du terrain.

Mais lorsque la sole est bombée dans toute son étendue, et dérobe complétement à l’appui le bord de la paroi, alors le fer couvert avec l’ajusture ordinaire ne suffit pas pour rétablir les choses dans leurs conditions normales, il faut avoir recours au fer dit & bord renversé.

Le fer & bord renversé ( fig. 218) est un fer à branches très-couvertes, auquel on a im-

rimé une ajusture très-profonde dans toute ‘étendue de plus des deux tiers postérieurs de sa couverture, tandis qu'on à maintenu plane toute sa circonférence externe dans un espace de trois lignes à peu près. La concavité de l’ajusture sert à loger toute la convexité de la sole, et la surface plane de la circonférence fournit un point d'appui au bord plantaire de la paroi. Au moyen d’un tel fer, on reporte sur ce bord tout l'appui du sabot, et l’on soustrait la sole au contact du terrain. Mais comme on n’a pu donner à ce fer une ajusture aussi profonde, sans imprimer à sa face inférieure une forme un peu convexe, il en résulte qu'un pied ferré de la sorte ne saurait avoir la solidité normale, puique son poser sur le sol se fait au moyen d’une surface courbe. On obvie en partie à cet inconvénient, en munissant les éponges du fer, de crampons qui donnent aux talons un point d'appui sur la terre, et augmentent le nomne des points de tangence du pied avec le sol.

Pour adapter au pied comble un fer à bord renversé, on pare le pied le moins possible, on laisse à la sole toute son épaisseur, aux talons toute leur hauteur, à la fourchette tout son volume : on ne fait jamais porter le fer à chaud sous le pied, et lorsqu'il a l’ajusture convenable,on le fixe au moyen de clous à lames longues et très-délicates.

Lorsque la fourchette elle-même est trop mauvaise, que la sole est tiès-mince, et la face plantaire du sabot très-sensible, on peut la dérober tout à fait au contact du sol au moyen d’une plaque de tôle que l’on interpose entre le fer et le sabot, et qui supplée par son épaisseur et sa résistance à la minceur et à la flexibilité de la sole.

$ V.— Du pied encastelé (fig. 219).

Fig. 219. Fig. 220.

II est caractérisé par le défaut d'obliquité norniale de la paroi et des barres dont la direction ést à peu près verticale, par la grande élévation, la perpendicularité et le resserrement des talons, par la profonde incurvation de la sole, et enfin, en général, par le défaut de volume et ja dureté de la fourchette.

Les conséquences graves d’une conformation aussi vicieuse, sont l’absence complète

loureuse que cette enveloppe fait subir aux parties qu’elle renferme. L’encastelure est un défaut d'autant plus funeste, qu’elle est presque exclusivement le partage des chevaux de noble race, et qu’en opposant un obstacle presque insurmontable à la liberté de leurs allures, elle les met tout à fait dans l’impuissance de rendre le seul service auquel ils soient aptes par leur conformation.

Et en effet, l’encastelure serait à peine un défaut dans les chevaux destinés au service d’un pénible tirage, mais pour les animaux propres aux courses rapides, elle est un vice capital; car, en privant complétement leurs pieds d’élasticité, elle les rend incapables de supporter sans douleur les percussions violentes de la course. Aussi rien n'est-il plus fréquent, lorsqu'on pare les pieds encastelés, que de rencontrer dans lépaisseur de leur corne des taches de sang, preuves évidentes de l'irritation dont les tissus vivans ont été le siége; et comme conséquences de cette irritation, rien de plus fréquent aussi que les claudications dont sont affectés les animaux aux pieds encastelés.

Un vice de conformation qui entraine après lui d'aussi funestes résultats a dû fixer de tout temps l'attention des hommes de l’art. Jusqu’à présent, pour y remédier, beaucoup de moyens ont été proposés, beaucoup ont été essayés, et tout autant ont été rejetés comme inutiles, sinon comme nuisibles. La plupart de ces moyens sont fournis par la ferrure; tous ils n’ont qu'un but, c’est de rendre au pied l’élasticité dont il est dénué par le fait de sa conformation. Nous ne parlerons dans cet article que de ceux dont l'expérience a démontré sinon l'efficacité complète, du moins l’heureuse influence palliative.

Deux fers ont été surtout conseillés et sont assez généralement adoptés pour parer aux conséquences de l’encastelure; ce sont le fer dit & planche, et le fer & croissant où à Lunettes.

Le fer à planche ( fig. 220 ) est un fer dont les deux éponges sont réunies par une traverse; il a moins d'épaisseur et un peu plus de couverture qu’un fer ordinaire. La traverse qui réunit les deux éponges doit toujours offrir une largeur au moins égale à fa couverture du fer, et il est mieux qu’elle pèche plu- Lôt par excès que par défaut : les étampures doivent être plus éloignées des talons que dans le fer ordinaire.

L'adaptation de ce fer sous le pied enéastelé a pour but de soustraire leurs talons ordinairement si sensibles à l'appui sur le sol, et de reporter principalement cet appui sur la fourchette et la partie antérieure du bord de la paroi; par ce moyen, on donne plus de liberté aux mouvemeéns de dilatation des sabots, et on rend au pied un peu d'élasticité. Maïs une condition indispensable de l'adaptation efficace de ce fer, c’est que la fourchette ait assez de volume pour en supporter la traverse; sans cette condition, le fer à planche ne saurait soustraire les talons à Fappui sur le sol, et son but serait tout à fait manqué.

Lorsque la fourchette est assez volumineuse pour permettre l'adaptation du fer à planche, il faut, après avoir paré le pied, abattre les

talons en dessous de son niveau, afin de Ja mettre en saillie et d'empêcher le fer apuyé sur elle par sa traverse de porter sur es talons. En outre, on aura soin de donner peu d’ajusture et beaucoup de garniture au fer, et de placer les étampures le plus loin possible des éponges.

Tel est le mode de ferrure le plus apte à pallier l’encastelure, lorsque la conformation du pied le permet. Mais il arrive souvent que le fourchette est trop petite pour fournir à ce fer un point d'appui, force est alors de renoncer à SON SeCOUrS.

Le fer qui convient le mieux pour le remplacer, est le fer à croissant ou à lunette de LarossE (/2. 222). C’est un fer à branches

Fig. 221. Fig. 222.

très-courtes qui ne revêt que la pince, les mamelles et la moitié antérieure des quartiers, mais ne recouvre pas leur moitié postérieure et les talons dont il ne gêne en rien les mouvemens. Pour l'adapter au pied encastelé, on ne le pare que dans toute l’étendue de la surface plantaire que doit garnir le fer, en limitant cette étendue au moyen d’une entaille que l’on pratique en avant des talons dans l'endroit où doit aboutir l'extrémité des éponges. Puis on enlève en avant de cette entaille, et sans toucher aux talons, une épaisseur de corne justement égale à celle du fer. En sorte que lorsque le fer se trouve adapté sous le pied, les talons et sa face inférieure se trouvent au même niveau et posent en même temps sur le sol.

Telle est la ferrure bien raisonnée que La- Fosse avait proposée pour tous les pieds en général, mais qui n’est malheureusement pas assez efficacement protectrice des sabots pour pouvoir être aussi généralement adoptée que le proposait son auteur. Elle présente, il est vrai, l'important avantage de ne pas mettre de limites à la liberté des mouvemens des talons; mais elle offre aussi le grave inconvénient de laisser ces parties exposées sans défense aux percussions sur le sol, et pour peu

welles soient sensibles, de rendre la marche dolor et pénible. Aussi, dans la plupart des ateliers, maintenant remplace-t-on le fer à croissant par un fer très-léger, étampé loin des éponges, à branches courtes, mais assez longues cependant pour se prolonger jusque sur les talons.

Ces deux moyens que fournit la ferrure contre le vice de l’encastelure doivent, pour devenir efficaces, être aidés par l'emploi d’autres moyens conservateurs. Ainsi l’on a conseillé avec raison pour donner plus de souplesse à la corne, et pour faciliter le jeu de ses mouvemens, de l’enduire de corps gras et d'onguens qui s'opposent à sa dessiccation. On devra donc, lorsque le cheval est au repos dans son écurie, envelopper ses sabots de cataplasmes émolliens unis aux corps gras, afin

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