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d'en pénétrer leur corne, et de lui rendre autant que possible sa flexibilité. On peut, par l'emploi de ces moyens combinés, pallier assez les conséquences de la mauvaise conformation des pieds pour rendre les animaux aptes à remplir encore leur service, mais jamais on n'arrive à une cure radicale.
$ VI. — Du pied à talons serrés.
Le pied à talons serrés (fig. 221) ne péche, dans sa conformation d’ailleurs régulière, que par le défaut d’obliquité et le resserrement des talons, double cause qui produit la compression des tissus vivans et le défaut d’élasücité du sabot. Des claudications opiniâtres, persévérantes et difficiles à reconnaitre, sont souvent les conséquences de ce vice de conformation.
On reconnaît le resserrement des talons, lorsqu'on pare le pied, aux contours brusques que fait le bord plantaire de la paroi en arrivant aux glômes de la fourchette, comme aussi à la présence fréquente de bleimes sèches plus où moins douloureuses dans la région des talons.
Le fer à planche, aidé de l'application des corps gras, est le meilleur moyen, lorsque la fourchette le permet, de pallier cette défectuosité.
$ VIT. — Du pied étroit.
Le pied étroit est rétréci dans le sens du diamètre latéral, et allongé suivant l’étendue du diamètre antéro-postérieur : sa paroi, dont l’obliquité est normale en pince, est au contraire verticale en quartiers. Ce vice de conformation, qui est le plus souvent concomitant avec Île resserrement des talons, donne aussi lieu fréquemment à des claudications difficileinent curables. La ferrure le plus apte à en prévenir les conséquences est la ferrure à planche, si la fourchette est assez volumineuse pour la supporter ; sinon, on a recours à un fer léger garnissant beaucoup en dehors, et dont les étampures sont placées loin des éponges.
$ VIII. — Du pied cerclé.
On donne le nom de pied cerclé ( fig. 218 et 219)au pied qui présente sur sa paroi des éminenceset des dépressions circulaires.Cette défectuosité de la paroi accompagne ordinairement d’autres défectuosités du sabot, et peut être toujours considérée comme le témoignage irrecusable des irritations et des douleurs dont a éié le siége le bourrelet, organe générateur de la paroi. Ainsi dans les pieds plats, les pieds combles, les pieds encastelés et à talons serrés, vous voyez toujours la muraille déformée par des cercles. Lorsqu'un pied est frappé de fourbure, lorsqu'un javart se développe sur le bourrelet ou au-dessus du bourrelet, lorsque la carie envahit le cartilage iatéral de l’os du pied, lorsqu'une piqûre de la face plantaire du sabot détermine des altérations graves dans le pied; dans tous les cas, enfin, où les tissus internes du sabot sont le siége de douleurs violentes, vous voyez des cercles se dessiner sur
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la paroi, plus ou moins profonds, plus ou moins nombreux, plus ou moins descendus, suivant que l’irritation a été plus intense el suivant qu’elle a duré plus longtemps. Pour trouver le rapport de causalité entre l’irritation des tissus internes et la présence des cercles sur la paroi, il suffit de se rappeler que les parties externes du sabot sont engendrées par les parties internes, et que conséquemment, lorsque ces dernières sont modifiées par uneirritalion, il doit en résulter une modification pour les premières. Ainsi, lorsque le bourrelet irrité se congestionne, les cercles qui se forment sur la paroi doivent être considérés comme la conséquence, soit d’une déviation que la turgescence du bourrelet fait éprouver aux fibres de la paroi, soit d’une plus grande activité sécrétoire dans l’organe formateur de la corne. Il est des cas, cependant, où les cercles formés sur la paroi ne sont en rien préjudiciables à l'intégrité du sabot, parce qu'ils ne résultent pas de l’action d'une cause irritante. Tels sont, par exemple, ceux qui descendent du bourrelet à l’époque du printemps, lorsque l'alimentation des animaux, devenue plus succulente, imprime à toutes leurs fonctions un surcroit d'activité dont se ressentent les organes sécréteurs de Ja corne.
La cerclure de la paroi n'étant qu’une défectuosité secondaire, ne peut être réparée directement par la ferrure. Ce n’est qu'en obviant à la défectuosité primitive qu'on fera cesser la cause et conséquemment les effets,
$ IX. — Des pieds à talons bas,
Les pieds à talons bas sont caractérisés par leur grand évasement, l’obliquité très-forte des fibres de la paroi et le peu d’élévation des talons. Il n’est pas rare que cette défectuosilé s'accompagne du défaut d’incurvation de la sole. Les pieds à talons bas sont ordinairement de mauvais pieds : le peu d’élévation des talons les expose à être foulés et à devenir bleimeux; la grande friabilité et le peu d’épaisseur de leur corne les rend sujets a devenir douloureux et fourbus.
Ces pieds exigent un grand soin de la part du maréchal. Le fer qui leur convient le mieux est un fer couvert, à éponges légèrement nourries, et que l’on adapte avec de petits clous, après avoir paré le pied à plat, sans toucher aux talons et en méuageant la fourchette.
$ X. — Des pieds à talons faibles.
Le pied à talons faibles joint aux caractères du pied à talons bas une très-grande flexibilité de la corne des talons qui les expose davantage encore aux foulures el aux bleimes.
Le but dé la ferrure de ces pieds doit être de soustraire leurs talons à l'appui sur le sol. Le fer très-couvert et à planche convient parfaitement pour remplir celte indication, lorsque la fourchette est assez volumineuse.
$ XI. — Du pied mou ou gras.
On désigne sous les noms synonymes de
DE LA FERRURE DES PIEDS DEFECTUEUX
pied mou ou gras, les pieds dont l'enveloppe cornée n'a pas assez de résistance et d’épaisseur pour protéger efficacement les parties qu'elle renferme contre les corps extérieurs et la dureté des percussions. Cette défectuosité coïncide bien rarement avec la belle conformation; elle accompagne le plus souvent les pieds plats, combles, à talons bas et faibles. Elle demande beaucoup de soin de la part du maréchal, parce que le peu d'épaisseur de la corne rend difficile et dangereuse l'implantation des clous. Le fer le plus convenable à un pied ainsi vicieusement conformé, est le fer couvert fixé avec des clous petits et délicats.
$ XII. — Du pied dérobé (fig. 223).
Fig. 224.
Le pied appelé dérobé est caractérisé par des éclats ou des brèches au bord plantaire de la paroi. Cette défectuosité peut être purement accidentelle et attaquer le pied le mieux conformé. Ainsi, qu'un cheval soit forcé de marcher nu-pieds sur une route pierreuse; la corne de ja paroi éclatera et le piedébréché sera dérobé; ou bien encore, que l’on.broche en hiver de gros clous à glace dans le trajet des anciens clous,rien ne sera moins rare que de faire sauter par éclats des po rtions de la muraille et de dérober le pied.
Mais il est des pieds dont la corne est en quelque sorte prédisposée par sa grande friabilité à cette défectuosité. Et c'est en eux qu’elle entraine de plus graves inconvéniens ; car il peut arriver qu'un sabot dont la corne est cassante se dérobe sur toute la circonférence de son bord plantaire et qu'il soit impossible de lui adapter un fer, jusqu'à ce que la corne ait assez repoussé pour permettre l'implantation des clous.
La ferrure, lorsque la défectuosité n'est pas portée au dernier degré, fournit les moyens d'en annuler les conséquences. Pour ferrer un pied dérobé, on enlève avec un rogne-pied bien tranchant toutes les portions de corne qui ont éclaté ou qui sont seulement fendillées, on tâche de niveler autant que possible avec le boutoir le bord inférieur de la paroi, et l’on arrondit avec la râpe ses aspérités angnleuses. Le fer qu'on adapte ( fig. 224) est un fer assez mince, qu'on élampe dans les régions correspondantes aux parties de la paroi où la corne permet de brocher des clous. Les clous que l'on choisit à lames longues et délicates doivent être brochés trèsfaut, et rivés avec le plus grand soin, pour éviter les accidens graves qui pourraient survenir si le pied se déferrait. Lorsque le sabot ne s'est dérobé qu'accidentellement, la défectuosité disparait d'elle-même, dès que
la corne a repoussé. Mais lorsque ce vice est la conséquence de la grande friabilité de la paroi, il faut avoir la précaution, pour aider es soins de la ferrure, de donner à la corne une souplesse artificielle en la maintenant toujours enduite de corps gras.
$ XIII. — Des pieds rampins.
Les pieds rampins sont caractérisés par la direction perpendiculaire de la paroi en pince, et la grande hauteur des talons qui égale presque celle de la pince : d’où il résulte qu'un sabot ainsi conformé représente assez bien un cylindre dont toutes les dimensions en hauteur sont à peu près égales.
Le pied rampin est différencié du pied encastelé par son évasement normal.
Cette conformation, très-ordinaire dans le mulet et l’âne,se rencontre quelquefois aussi dans le cheval; elle ne nuit en rien aux services que rendent ces premiers animaux el n’est que très-peu préjudiciable aux seconds. La démarche du cheval rampin est libre et sans gêne, son appui sur le sol se fait dans toute l’étendue de la surface plantaire du sabot, sans hésitation ni douleur. Cependant, comme cette défectuosilé présente l’inconvénient grave de prédisposer les animaux à se bouleter, on a cherché s’il ne serait pas possible d'y remédier par la ferrure.
La ferrure donne en effet les moyens de reparer cette défectuosité, Mais pour être efficaces, ces moyens doivent être lentement employés et longtemps mis en usage. Ils consislent à diminuer peu à peu la hauteur des talons sans toucher à la pince, et à adapter au pied un fer à éponges très -minces, dont la pince assez épaisse déborde un peu la paroi.
Par cette méthode de ferrer, on rend peu à peu au sabot son obliquité normale et son appui naturel. sans fatigue pour les tendons, comme il arriverait nécessairement si cette pratique était brusquement mise en usage.
$ XIV. — Du pied pinçard (fig. 225).
Fig. 225.
Fig. 226.
On dit que le pied est pincard, lorsque, avec une conformation d’ailleurs régulière. 1] n’appuie sur le sol que par la pince et non par toute l'étendue de la surface plantaire. Cette conformation, presque toujours acquise, est uné conséquence nécessaire des douleurs permanentes que le cheval éprouve dans les régions des talons ou des tendons suspenseurs.
Dans l’un ou l’autre de ces cas, en eftet, l’appui doit se faire en pince : dans le premier, pour éviter aux talons le contact douloureux du sol; dans le second, pour épargner aux tendons les douleurs des tiraillemens dont
ANIMAUX DOMESTIQUES : DE LA FERRURE
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ils seraient le siége, si toute la surface solaire posait naturellement.
L'existence de la douleur dans les talons ou les tendons suspenseurs doit donc être considérée comme la cause première de la défectuosité dont nous parlons; mais sous l'influence unique de cette cause, cette défectuosité ne serait que passagère et cesserait avec la douleur qui l’a produite, s’il n’en était uneautre en quelque sortesecondaire et consequence de la première, dont l’action persistante rend la défectuosité plus durable. Je veux parler de la rétraction qu’éprouvent bientôt les tendons suspenseurs, pour peu que se prolonge la douleur dont ils sont le siége. Dans la plupart des chevaux pinçards depuis longtemps, cette rétraction est la seule cause de la défectuosité dont ils sont atteints.
Pour y remédier, il faut, si la date de son existence n’est pas ancienne, faire disparaître la douleur par tous les moyens adoucissans que fournit la médecine; mais si le cheval est déjà pinçard depuis quelque temps, si déjà ses tendons se sont rélractés, c’est à la ‘ferrure qu'il faut avoir recours pour les ramener à leur longueur normale ; la ferrure dans ce cas peut être efficace si on l’emploie avec une lente persévérance.
Le fer qui convient le mieux pour reparer cette défectuosité est le fer dit à pince prolongée (fig. 226). Ce fer, comme l’indique son nom, a pour caractère principal lagrande étendue en largeur de sa pince que l’on a prolongée par le martellement du côté de sa rive externe, en sorte que la courbe décrite par cette rive est à peu près celle d’une ellipse plus ou moinsétroite, tandis que celle de la rive interne se rapproche plus de la circulaire. Le fer à pince prolongée a moins d’épaisseur que le fer ordinaire; ses branches sont plus étroites et plus courtes, et portent seules les étampures placées en arrière de la pince. Pour l’adapter au pied pincard, il faut laisser à la paroi toute sa hauteur en pince, diminuer l’éiévation des talons et fixer le fer au moyen de clous à fortes lames, brochés haut et solidement rivés Lorsque le fer est fixé, la paroï se trouve débordée en pince de tout le prolongement du fer dont on fait varier les dimensions suivant que l’exige le degré plus ou moins avancé de la défectuosité.
Pour comprendre toute l'efficacité que peut avoir ce mode de ferrure, il faut se rappeler ce qui a été dit dans l'article Extérieur, que la succession des trois phalangiens et du sabot représentait le bras de levier de la puissance antagoniste des tendons suspenseurs, agissant sur les grands sésamoïdes (voy. fig 91,art. Ext. ), et que dans le poser du pied sur le sol, le tiraillement des tendons suspenseurs devait être d'autant plus grand que le bras de levier représenté par les phalanges et le sabot était lui-même plus long.
Ceci étant reconnu, il est évident qu’en laissant à la pince toute sa hauteur et en prolongeant les dimensions du fer dans cette région, on augmente d'autant la longueur du bras de levier de la force antagoniste, qui agit alors avec plus d'intensité pour opérer l'allongement des tendons.
Telle est la théorie qui guide dans la fer-
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rure du pied pinçard, théorie qui se trouve en rapport avec l'expérience, puisque souvent par ce mode de ferrure on parvient à rendre aux tendons leur longueur normale et au pied son poser naturel. Mais lorsque la défectuosité est trop ancienne, et que déjà le tendon rétracté se trouve le siége d’une vieille induration, la ferrure est inefficace, et force est de recourir à une opération chirurgicale si l’on veut obtenir une cure prompte et radicale.
Secrion v.— De la ferrure considérée dans ses rapports avec les aplombs.
Considérée dans ses rapports avec les aplombs, la ferrure rend encore un important service à l'économie des animaux domestiques, mais principalement du cheval. Jusqu a présent nous avons vu que cet art utile fournissait le moyen de conserver les pieds sains dans leur intégrité et de remédier assez aux conséquences fâcheuses de défectuosités qui sans lui metltraient les animaux qu’elles atteiguent dans l'impuissance d'être utilisés. Nous allons rechercher maintenant comment il est possible de rendre aux chevaux vicieux dans leurs aplombs la rectitude de poser et la régularité d'appui qui manquent à leurs membres ; nouvelle question non moins importante que les deux autres et dont la solution présente des difficultés souvent insurmontables. On peul la formuler en ces termes : Etant donné un cheval dont les aplombs sont défectueux, lui appliquer ur mode de ferrure qui rétablisse ses membres dans les conditions normales de poser et d'appui.
Pour arriver d’une manière rationnelle à la solution aussi complète que possible de ce problème, il est bien important de définir ce que l’on entend par défauts d’aplomb, de rechercher les causes de ces défauts, et d'apprécier les circonstances où 1l est possible de remedier par la ferrure aux effets des causes, et celles où les moyens employés seraient plutôt nuisibles qu'utiles.
Nous renvoyons à Particle Extérieur, pour .a définition des aplombs et l'étude de ieurs lignes normales ou défectueuses. Nous r'appellerons seulement ici que les défauts d’aplomb sont la conséquence soit d’une fausse direction d’un membre tout entier ou seulement de quelques-uns de ses rayons osseux, soit d’un vice de conformation de quelquesunes des régions du corps et d’un défaut de proportions dans les parles qui le constituent. Nous rappellerons encore que les rayons qui pèchent par défaut de direction ou de proportion peuvent avoir leur siége dans les parties supérieures où inférieures des membres. Ceci étant posé, nous allons tâcher d'apprécier, en passant en revue les défauts d’aplomb, si chacun d'eux est de nature ou non à pouvoir être réparé par la ferrure.
$ 1‘, — Du pied de travers.
Le pied de travers est caractérisé par l'inégalité de hauteur des parties correspondantes du sabot. Ce défaut d’aplomb, qui a pour conséquence fàcheuse de fausser les rap-