HYGIÈNE
que défont les plantes, est la fonction la plus essentielle à la constitution du corps animal, c’est elle en quelque sorte qui lanimalise; aussi un air pur est-il la première condition d'existence pour l'animal.
On conçoit facilement d'après cela quels résultats fâcheux doit avoir sur la santé des animaux l'air vicié des étables, écuries, bergeries où on les tient. Les cultivateurs ne sont pas assez persuadés du mal qu'ils font à leurs bestiaux en les tenant renfermés dans des espaces étroits, privés d'air et de lumière, et remplis des gaz malsains que dégage le fumier qu'on y laisse s’accumuler. Cest là la cause d’une foule de maladies plus ou moins graves que les cultivateurs ne savent à quoi attribuer ou qu'ils attribuent à des sortiléges. Avec la nourriture au pâturage, cet inconvénient se fait moins sentir ; mais dans la nourriture à l’étable, il présente souvent tant de gravité, qu'il rend impossible ou au moins très chanceux ce mode de nourriture qui, du reste, offre tant d'avantages dans la plupart des localités. Il est un seul cas où l'air pur n’est pas nécessaire, où il est même nuisible, c’est dans l’engraissement. Mais il ne faut pas perdre de vue que l’état de graisse est un véritable état de maladie, et que lanimal à l’engrais ne doit et ne pourrait vivre longtemps.
On a proposé divers moyens pour désinfecter les habitations des animaux. J'ai obtenu d'assez bons résultats de celui qu’a fait connaître SPRENGEL, et qui consiste à tenir constamment dans ces lieux des vases plats dans lesquels se trouve de l'acide hydrochlorique étendu d’eau. Toutefois ce moyen est peu énergique. On obtient des résultats plus prompts avec la méthode de Guyron-MorvEAU, également très-simple. On verse de l’acide sulfurique sur du sel. Il en résulte un dégagement de chlore et d'acide hydrochlorique. Comme ce dégagement a lieu instantanément et avec force, 1l ne faut verser l'acide sulfurique qu'avec précaution, se tenir assez éloigné et n’opérer qu’en l'absence du bétail. On ferme pendant quelque temps les issues, après quoi on les ouvre avant de faire rentrer les animaux.
$ IL. — De la nutrition.
Après la respiration vient, sous le rapport
| de l'importance, la zutrition.
Chaque espèce d'animaux doit recevoir la nourriture qui lui est la plus propre, et qui convient le mieux à sa nature. Si on ne peut lui procurer entièrement les alimens qu’elle préfère à l’état de liberté, on doit tâcher de lui en donner qui s’en rapprochent. L'état particulier de chaque animal doit aussi ameper une différence dans la nourriture : des bêtes malades demandent d'autres alimens que les bêtes en bonne santé; les bêtes qui
| sont pleines veulent des alimens légers, nu-
tritifs et d'une facile digestion; celles qui nourrissent demandent des substances qui favorisent la sécrétion du lait, par conséquent des alimens assez aqueux quoique nutrilifs; celles qui travaillent veulent des substances qui, tout en nourrissant, donnent surtout de l'énergie et de l’activité; tandis que les substances nourrissantes, mais débilitantes en
même temps, conviennent mieux aux bêtes à l'engrais.
$ LIL. — Quantitéet qualité de la nourriture à donner aux bestiaux.
A.Les animaux dont on tire parti doivent recevoir plus d’alimens qu’il ne leur en faudrait Pour s’entretenir dans le même état, c’est-àdire plus que la simple ration ordinaire d’entretien; car tous les produits qu’ils donnent, soit en travail, soit en lait, en laine, en viande, ne peuvent être créés que par la quantité d’apere qui est en sus de la ration d'entretien;
e là aussi ce principe, qu'un petit nombre d'animaux bien nourris rapporte davantage qu'un grand nombre mal nourris, la ration d’entrelien n’étant d'aucun produit pour le cultivateur, Un simple calcul le prouvera suffi- Samment : en donnant à une vache de moyenne taille 12 livres de foin par jour, on la conservera dans le même état; elle ne maigrira ni n engraissera, mais elle ne donnera aucun produit, sauf le fumier, par conséquent les 12 livres de foin seront à peu près perdues. Si, au contraire, on lui en donne 20 livres. on en obtiendra 6 à 7 litres de lait qui paieront la nourriture en tout ou en majeure partie. Le même calcul s'applique aux autres bestiaux, soit de rente, soit de travail. Aussi dit-on avec ralSOn : Bien nourrir coûte, mais mal nourrir coûte bien davantage.
La quantité de 3 livres de foin pour chaque quintal du poids vivant de l'animal, quantité qu'indi ue Burger, paraît être une moyenne assez généralement applicable à tous les ani-
maux dont on tire parti, excepté pour ceux |
qu'on engraisse. M. de Dombasle a trouvé, il est vrai, que la ration d'entretien pour un lot de moutons pesant 438 livres était de 15 livres de foin, ce qui fait à peu près 3 livres 5/12°° par quintal ; mais il faut observer ici que la ration d'entretien était en même temps une ration de production pour la laine.
Du reste, lorsque les produits ne sont pas de la graisse, on ne doit pas dépasser une certaine limite dans la ration de production, sans quoi une partie de cette ration est employée à produire de la viande au lieu de travail, de lait ou de laine que l'on a en vue. É
B.Il doit y avoir unrapport convenable entre le volume et la faculté nutritive des alimens.
Tous les animaux, surtout les ruminapns, demandent à avoir l’estomacrempli jusqu’à un certain point; et une nourriture qui, avec une grande valeur nutritive, aurait un trop petit volume, leur conviendrait tout aussi peu,seule, que celle qui pècherait par l'excès contraire. Ainsi, On réussirait tout aussi mal en ne donnant que du grain qu’en ne donnant que de la paille. M. BLock a trouvé que, pour une vache de taille moyenne, le volume normal était de 2,7 pieds cubes en hiver (avec du foin ) et 3,3 pieds cubes en été (avec du fourrage vert ).
C.Il doit également exister un rapport convenable dans la nourriture entre les substances solides et l’eau.
La RApporaon convenable varie selon l’espèce de bétail ; mais la quantité d’eau ne doit Jamais être assez forte dans la nourriture pour que les animaux soient d'ordinaire dispensés
ANIMAUX DOMESTIQUES : ÉCONOMIE DU BÉTAIL