‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 306 sur 467 · LIV. Ti · texte numérisé non relu

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de boire, parce que dans certains cas (par une température humide, par exemple) les bêtes se trouveraient forcées, pour se nourrir, de prendre plus de Hiquide qu’il ne leur convient. Si une trop forte proportion de substances sèches peut les disposer à des obstructions et à des maladies inflammatoires, l'excès contraire leur est encore plus nuisible en relâchant et en affaiblissant leurs organes digestifs. Les bêtes qui donnent du lait exigent en général des alimens plus aqueux que les autres.

D. Le bon effetet la valeur nutritive des alimens se trouvent augmentés par un emploi convenable, par des mélanges appropriés, par la variété et par une bonne préparalion.

Tel fourrage qui a beaucoup de vaieur pour l’engraissement en a peu pour des vaches laitières ; tel autre qui, seul ou sans préparation, nourrit peu, devient fort bon lorsqu'il est bien préparé ou mélangé avec un autre aliment d’une nature différente. C’est par des mélanges semblables que l’on peut faire consommer avec avantage des alimens trop ou trop peu substantiels, trop aqueux ou trop secs et ligneux.

E.Le passage d’une nourriture usitée depuis longtemps à une autre à laquelle le bétail n’est pas habitué, ne doit avoir lieu que progressivement et avec précaution.

Les heures de repas doivent être autant que possible réglées, et, lorsqu’on le peut, on tâche de donner pendant toute l’année une ration uniforme, eu égard aux besoins de l’animal et aux services qu’il rend.

Ainsi, pendant l'hiver, il n’est pas nécessaire de nourrir les chevaux aussi fortement que pendant l’époque des travaux; dans cette même saison, on trouvera souvent de l’avantage à peu nourrir les vaches laitières, sauf à pe pas les traire. Mais dans aucun cas on ne doit réduire la nourriture au-dessous de la ration d’un bon entretien, de même qu’il faut éviter de tomber dans l'excès contraire pour toutes autres bêtes que celles à l’engrais. En général, les variations trop grandes ei surtout brusques, dans la quantité comme dans la qualité de la nourriture, sont toujours nuisibles.

Pour ce qui est de la distribution de la nourriture, il est difficile de donner à cet égard des principes applicables à tout bétail. On peut dire cependant qu’en général, il faut éviter de faire manger et surtout boire les animaux immédiatement après une course ou autres mouvemens violens et continus et lorsqu'ils sont en sueur; qu’il est bon de donner, lorsque cela se peut, plusieurs espèces d’alimens dans chaque repas, el commencer par les alimens de moindres qualités pour donner vers la fin ceux dont le bétail est le plus avide ; qu’il faut faire consommer avant de boire les substances aqueuses, et donner

‘après tout ou portion des meilleurs alimens

| composant le repas, pour le terminer par de

la paille entière ou du foin; qu’enfin, on ne doit présenter à l'animal qu’une petite quantité de nourriture à la fois.

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& 1V.—Des substances alimentaires propres à la nourriture des-bestiaux.

Les alimens qui servent principalement à la nourriture du bétail en été sont : le £réfle, la /uzerne, le sainfoin, les vesces et l'herbe en vert (voyez les articles Péturage et Plantes fourragères, tom. 1°", pag. 454 et suiv.). En hiver on supplée à cette nourriture par les alimens SUivans :

A. Foin et regain. Le foin est le fourrage le plus sain lorsqu'il vient d’une bonne prairie ; mais favorisant plus particulièrement la force musculaire et l'énergie, il convient mieux aux bêtes de travail qu'aux autres. Le regain est préférable pour les bêtes laitières ou à l'engrais. Il en est de même des fourrages artificiels séchés qui, surtout le sainfoin, équivalent au bon foin. Du reste, il est rarement avantageux de ne nourrir les animaux que de foin.

B. La paille donnée seule est un mauvais aliment, mais mélangée avec d’autres substances, surtout avec des alimens aqueux, elle peut être employée avantageusement à la nourriture du bétail, et, dans quelques cas, remplacer le foin. On hache quelquefois la paille et les fourrages secs en général; cette méthode est bonne lorsqu'on veut mélanger ces alimens avec des grains, ou avec des substances aqueuses, ou bien lorsqu'on veut les faire tremper; il est nécessaire néanmoins de donner toujours une partie de la paille et du foin entiers. Toute la paille que l’on destine pour litière peut être mise d’abord devant les

êtes qui en tirent le meilleur. C’est le matin à jeun etle soir que le bétail mange le plus volontiers la paille.

C. Les feuilles d'arbres. Plusieurs espèces d’arbres(voy. t. IV, Agric. forestière), coupées en août et séchées, fournissent un bon fourrage, surtout pour les moutons et les chèvres. Les feuilles du peuplier du Canada sont regardées par BLocx comme équivalant au meilleur foin.

D. Pommes de terre. Elles forment une excellente nourriture pour les diverses espèces de bestiaux ; mais les bêtes bovines et ovines seules s’en accommodent lorsqu'elles sont crues, encore faut-il que ces animaux y soient accoutumés, et jamais elles ne doivent composer plus de la moitié de la nourriture; le reste doit être donné en foin ou paille. Quant aux pommes de terre cuites, elles sont mangées avec plaisir par tous les bestiaux et peuvent composer une partie notable de leur nourriture. Lorsqu'on donne en outre du grain et du foin, ou de la paille, il est bon de hacher ces derniers et de mêler le tout ensemble.

L’expériencea prouvé, du reste,que les pommes de terrecrues favorisent davantage la sécrétion du lait, tandis que les pommes de terre cuites sont préférables pour l’engraissement. On les regarde comme équivalant en moyenne à Jun peu plus de la moitié de leur poids en foin.

La cuisson augmente un peu leur valeur nutritive. Cuites, elles se donnent écrasées et refroidies; les pommes de terre crues, de méme que toutes espèces de racines, se coupent avecun coupe-racines. Deux hommes coupent avec le coupe-racines circulaire, jusqu'à deux

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