‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 31 sur 467 · DU COTONNIER, SES ESPECES ET VARIÈTES : ET SA CULTURE · texte numérisé non relu

DU COTONNIER, SES ESPECES ET VARIÈTES : ET SA CULTURE

sont doux, on les taille très-courts au printemps. À Malte, en Sicile et dans les îles de Lipari, le coton herbacé vit plusieurs années. Pour les espèces vivaces, le climat doit être celui où il ne gèle pas, ou du moins où il gèle si peu que ces espèces ne puissent en souffrir.

Ce climat favorisé du ciel existe à Alger, et c’est à où l’on pourrait se livrer sans crainte à la culture des espèces que nous venons d'indiquer.

Indépendamment de la colonie d’Alger, La France possède beaucoup de départemens où elle pourrait acclimater le Cotonnier herbacé. M. pe CANDOLLE, ce sayant botaniste, qui a voyagé dans une partie du midi pour compléter sa Flore francaise, a indiqué comme propres au coton : 1° le sud des Cévennes, dans les départemens du Gard et de l’Hérault ; 2° Ze Roussillon ; 3° le département des Landes. Nous y ajouterons celui de a Corse:

d’après les essais faits en 1828 par notre honorable collègue, M. ANGELLIER, alors préfet de ce département, il résulte que plusieurs espèces ou variétés de cotonnier, ielles que le Caroline, graine verte, graine noire et longue soie, le santorin et le nankin de Siam, peuvent accomplir leur végétation sur plusieurs points de cette ile, et y devenir l’objet d’une culture importante.

Nous ferons maintenant connaître la nature et la préparation du terrain convenable au cotonnier.

SIT. —Terrain, engrais.

Le meilleur terrain est un sol meuble, modérément argileux, substantiel, frais, bien divisé, qui permette aux racines de s’enfoncer et de s'étendre. On a remarqué que plus la racine du cotonnier s'enfonce, plus on en obtient de duvet. Il est donc essentiel de labourer le terrain profondément. La charrue est le moyen le plus actif et le plus économique.

Le cotonnier étant une plante vorace, il lui faut des engrais bien préparés et d’une prompte et facile dissolution On emploie à cet effet, en divers endroits de l'Italie, les matières fécales fermentées, mélangées avec de la terre meuble et bien préparée, les dépôts des rivières, les vases des canaux, des fossés et mares ou étangs, les terreaux suffisamment consommés, la chaux, les résidus des plantes oléifères, les cendres végétales ou minérales. Nous recommandons aussi le noir animalisé de M. PAYEN, qui, doué d'une activité merveilleuse, offre l'avantage d’être très-économique.

$ II. — Graines et ensemencement.

La graine du cotonnier garde plusieurs années sa faculté germinative, surtout si elle est conservée avec son duvet et en lieu sec. La plus mûre, la plus fraîche et la plus pesante, est celle qui doit obtenir la préférence. Il faut aussi choisir la semence qui vient d'un climat qui se rapproche le plus, par sa latitude, de celui où on veut la semer; le succès en est plus assuré.

Dans plusieurs espèces ou variétés, la

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graine est très-adhérente au duvet : avant de la semer, il faut la bien frotter avec de la terre sèche et fine pour en séparer ce duvet, afin qu’il n’oppose pas de difficultés à l’ensemencement.

Nous ne déterminerons point l’époque fire à laquelle on doit semer le coton. La saison la plus propice est celle où l’on n’a plus à craindre les gelées printanières, c’est-à-dire du milieu de mars à la fin d'avril. Le temps le plus favorable à l’ensemencement est celui qui est disposé à la pluie. Il est utile, pour faciliter la germination, de faire tremper pendant 36 heures la graine, soit dans de l’eau de rivière, soit dans une lessive de cendre ou de suie. Après l’ensemencemert on aplanit le terrain.

On seme le coton de 3 manières : à la volée, en rayons, ou dans des trous creusés à la surface du sol. La première méthode, ne pouvant mettre d’égales distances entre chaque plant, présente des difficultés pour les travaux subséquens, qu'on doit exécuter avec la houe à cheval. La seconde et la troisième sont meilleures. La semence doit être peu recouverte, surtout lorsque le terrain est humide à l’époque de la semaille.

Pour ensernencer un hectare, en plaçant les graïnes 4 par 4 dans les trous espacés à 3 pieds les uns des autres, nous estimons qu’il en faut 40 lit., contenant par apercu 120,000 graines ou environ 30 livres, le litre pesant les 4 cinquièmes d'une livre.

Le coton lève ordinairement au bout de huit jours, et quelquefois plutôt.

$ II. — Soins pendant la végétation.

Dès que les jeunes plantes commencent à sorlir de terre, la principale attention est d’extirper les mauvaises herbes, et cela autant de fois qu’elles paraîtront, en rapprochant un peu la terre des pieds du cotonnier pour les soutenir contre les vents, et pour les aider à résister plus facilement à la sécheresse. On ne laisse dans chaque trou qu'un seul pied, et on enlève les autres à l’époque où ils ont au moins 4 feuilles. Si des graines ont manqué quelque part, on les remplace par des pieds enlevés avec précaution dans les trous trop garnis.

L’arrosage est indispensable pour certaines espèces, inutile pour d’autres. Les Maltais prétendent que le coton blanc du Levant, et celui de Siam à couleur rousse, ont besoin d'être arrosés, tandis que celui des Indes peut s’en passer. Les habitans des iles Baléares pratiquent et conseillent l'irrigation. Nous pensons que,sous leclimat de la France, on ne doit pas en abuser, surtout si l’on est

lacé près d’une rivière, d’un lac ou sur les

ords de la mer. En général, on ne doit l’employer que pour faciliter l’accroissement, car on retarderait la floraison, la fructification et la maturité, si on prolongeait longtemps l'irrigation.

Lorsque le cotonnier est parvenu à la hauteur de 30 centimètres, on doit pincer ou tailler l'extrémité des tiges principales qui monteraient trop, ne donneraient pas de gousses où n’en donneraient que de tardives.

il ne faut pas pincer ou tailler dans le ten-

dre, mais dans Ja partie où la tige commence à se durcir. On pince également ou on coupe à leur tour les extrémités des branches latérales, lorsqu'on y voit deux gousses, de manière à obtenir une touffe à la partie supérieure. — On répète cette opération chaque fois que les pousses se reproduisent.

A l’époque où les fruits se disposent à se former, ox commence à ébourgeonner. On pratique rarement cette dernière opération sur les espèces qui doivent durer un certain nombre d'années, et cet usage est inconnu en Espagne, où le colonnier vit jusqu’à 10 ans, lorsqu'il n’est pas détruit par les gelées ou par quelque autre accident. Mais il est indispensable d’ébourgeonner l'espèce dite annuelle, et toutes celles qu’on ne veut conserver qu'un an.

$ IV.— Maladies et animaux nuisibles.

Le cotonnier craint les grands vents froids, les sécheresses excessives, les trop fortes pluies, surtout au moment de la floraison.

Cet arbrisseau est aussi attaqué par plusieurs ennemis qui lui font beaucoup de tort: en outre de ceux qui lui sont communs avec beaucoup d’autres plantes, et dont il est traité ailleurs, la czenille à coton est le plus redoutable, d’abord parce qu’elle se jette souvent avec tant de voracité et en telle abondance sur les cotonniers, qu’en 2 ou 3 jours elle les dépouille de toutes leurs feuilles, ensuite parce que, après avoir parcouru en moins d’un mois les différens élats de chenille, de chrysalide et de papillon, elle reparaît sous sa première forme, disposée à faire de nouveaux ravages, qui durent quelquefois 10 mois de suite. Nous faisons observer cependant que c’est dans l’Inde et en Amérique que le cotonnier rencontre ces ennemis : il est probable qu’en Europe et sous notre climat il en trouvera en moindre quantité, el peut-être ceux-là seulement qui attaquent les mauves et les guimauves.

Il y a peu de moyens pour détruire tous ces insectes. Une surveillance excessive, des soins continuels, et quelquefois les secours du ciel, c’est-à-dire les pluies fraîches et abondantes, les nuits froides qui sont suivies de chaleurs excessives, délivrent la culture de quelques-uns de ces fléaux.En France, les vers blancs sont beaucoup à redouter, d'autant plus qu’il n’y a encore aucun remède qui puisse les atteindre. Nous faisons des vœux bien ardens pour que le gouvernement français nous écoute une fois et qu'il ordonne le hannetonnage par commune, en accordant des primes à ceux qui en présenteront à la mairie locale une certaine quantité.

$ V. — Récolte.

Après la floraison des cotonniers, il se forme des gousses en nombre plus où moins considérable : d’abord elles sont vertes, ensuite elles jaunissent. Lorsqu’elles sont toutà-fait müres, les valves qui renferment le duvet s’écartent, et laissent échapper le coton en flocons avec les semences qui y sont adhérentes; c'est alors qu'il faut les cuerllir.

On choisit à cet effet un temps chaud, ou au moinssec, et, lorsque les capsules sont suffisamment ouveries, il vaut mieux enlever avec les doigts le coton adhérent aux graines, et qui est prêt à s'échapper, que de cueillir les capsules elles-mêmes dont les débris peuvent le tacher. La récolte doit se faire à plusieurs reprises, suivant les degrés de maturité des capsules.

A mesure qu’on détache le coton des gousses, on le place dans des corbeilles en le secouant d’abord, afin de faire tomber les insectes ou autres ordures qui pourraient y rester attachés, et on sépare le bon du mauvais. Ensuite on le dépose dans un lieu bien aéré, bien sec; on l’étend, s’il est possible, sur un plancher; c’est la manière d'obtenir une prompte et entière dessiccation.

Il faut aussi faire attention à ce que certains animaux, Qui sont friands de la semence, ne pénètrent pas dans cet endroit; car ils y laisseraient des ordures qui détérioreraient considérablement le coton. à

Le coton, sorti de sa gousse, rettent avec quelque ténacité Les graines qui lui sont adhérentes. Pour l’en séparer, on a imaginé de petits moulins très-simples,peu coûteux,composés de deux rouleaux de bois ou cylindres, qu'on fait mouvoir l’un sur l’autre en sens contraire, soit avec une manivelle ( /g. 15),

Fig. 15.

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