JAI£BAULT
Avec des allures plus courtes , le type andalous a des mouvemens plus trides, plus relevés. La moins grande impulsion imprimée à Pavant-main par Ja détente de larrière-main permet aux rayons des membresantérieurs de se plier, de se relever, pour retomber presque dans la même place, tandis que, dans les allures plus rapides du cheval anglais, ils sont portés en avant par la ligne la plus courte, c’est-à-dire en rasant la terre.
La conformation des parties antérieures concourt à établir ces différences. Le poitrail est plus large,les épaules plus charnues; lencolureest forte, etnaturellementelleest plus relevée que dans le cheval anglais. Les muscles qui de l’encolure vont aux rayons supérieurs des membres pour les porter en avant, ayant plus de développement et agissant dans une direction qui se rapproche davantage de la verticale , les mouvemens deviennent plus forts et plus relevés. La liberté dans les épaules , la hauteur dans les mouvemens, la souplesse et la sûreté des allures, deviennent des traits distinctifs du type andalous, de méme que la vitesse caractérise le cheval anulais.
Cette dernière qualité, il faut en convenir, est celle que l’on commence à estimer
par-dessus tout en France comme en Angleterre; mais il fallait faire voir que l’extrème vitesse s'accorde difficilement en général avec d’autres qualités que nous devons apprécier à leur juste valeur. Celles dont est doué le cheval de nianége ne sont pas seulement agréables , elles sont de la première utilité pour certains services; le cheval de guerre qui ne serait pas maniable, qui ne pourrait s’arrêter facilement , tourner sur lui-même sans beaucoup d'efforts, ne serait pas un modèle dans ce genre. Rarement on en trouverait de tels dans les chevaux anglais. Toute leur machine est construite pour une progression rapide ; leur tête portée en droite ligne en avant rend les conduits de l'air moins sinueux et la respiration facile ; mais dans l’impossibilité où le cavalier se trouve de faire fléchir
le cou de sa monture, d'en ramener la tête.
dans la direction verticale, qui favorise l’action des branches du mors, ilne maîtrise pas à beaucoup près aussi bien son cheval, et il lui est extrêmement difficile de faire les évolutions qui lui sont commandées.
Nous verrons plus tard que certaines races de chevaux français ont quelques-uns des ca-
ractères du type andalous; nous agiterons la | question de savoir s’il convient à l'intérêt de | |
tous, et en particulier à celui de l’agriculteur. de les changer par le métissage en chevaux anglais ; et c’est alors seulement que nous rendrons plus palpable la nécessité d'établir dans les chevaux fins les deux divisions dont il vient d’être parlé.
Fig. 242.
Les chevaux communs, nous l'avons dit en commençant cet article, ne peuvent ious ressembler au cheval boulonnais; l'on a, en France particulièrement, le plus pressant besoin de chevaux communs plus vites et moins massifs, pour le service des postes et de toutes les voitures publiques. Nos meilleurs chevaux de diligences sont les percherons (fig. 242). Rien n'empêche et tout au contraire engage à faire de ces chevaux de diligences une classe à part, qui n’a pas à la vérité de caractères opposés à ceux du type boulonnais (fg.243), mais qui se distingue par une épaule plus longue, un garrot plus sorti, une encolure moins courte, un ventre moins gros, toutes conditions qui, dans les chevaux communs comme dans les chevaux fins, favorisent la progression. Ce serait une erreur de croire, comme l'ont supposé certains auteurs,
ANIMAUX DOMESTIQUES : DES CHEVAUX ET DE LEUR ÉLÈVE