‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 321 sur 467 · LIV. Xl · texte numérisé non relu

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que nos maîtres de postes dussent remplir leurs écuries de races tout-à-fait légères et distinguées, ainsi que cela se pratique en Angleterre. Il suffit de voir nos voitures publiques pesamment chargées, nos routes fatiguées par le roulage pour être bien persuadé que les chevaux de nos postes ne peuvent être pris dans les races les plus légères et qu'il importe beaucoup de propager en France le cheval commun de poste et de diligence, dont le type existe dans la race percheronne, qui, par sa conformation et son tempérament, réunit à beaucoup de force une vitesse assez grande.

Nous croyons donc, d’après tout ce qui précède,que destypes secondaires doivent étre ad mis dans la catégorie des chevaux fins et dans celle des chevaux communs;etque nous devons rapporter au chevalanglais depursang les races les plus vites; au type andalous les chevaux les plus maniables, les plus agréables; et dans les chevaux communs distinguer ceux qui sont propres aux travaux les plus lents, dont le modèle existe dans la race boulonnaise, des chevaux percherons plus convenables que les boulonnais aux postes et aux diligences.

SECTION II. — Des races de chevaux les plus intéressantes à connattre.

Après ce premier coup d’œil jeté sur les différents genres de conformation à reconnaître dans les races de chevaux, la tâche de les étudier devient moins difficile. Elle

Fig. 243.

THIEBAULT.

doit être bornée à l’examen de leur classification, des caractères qui les font distinguer, des méthodes les plus communément suivies dans leur élève.

Les chevaux communs, qu’ils soient tout-àfait lourds, ou qu’ils conviennent aux services des diligences, sont, nous le disons par avance, bien plus demandés en France que les chevaux fins; ils ont plus de réputation , ils Ja méritent mieux, et rapportent généralement un bénéfice plus assuré au cultivateur. ;

Dans les races communes l’on cite parmi les plus lourdes. la boulonnaise, et celles de plusieurs parties de la Bourgogne et en particulier de la Puisaie, de quelques points de la Champagne, du Poitou et de la Franche- Comté; parmi les races moins pesantes, l’attention doit étresurtoutattirée sur lespercheronnes, les bretonnes et les vendéennes,

PL

CITAP. 8e.

$ I. Race boulonnaise.

Ce n’est pas sans motif que la race boulonnaise a été prise pour type des chevaux communs destinées aux travaux Jents, el spécialement aux travaux araloires; on n'en voit pas de meilleure et il n’en est guère de plus répandue. Pour M. le duc de Guiche, le cheval boulonnais est le cheval de tout le nord de l'Europe. Sans considérer cette race d’une manière aussi générale, et en nous bornant à l’étudier dans notre pays, où elle a du reste acquis toute sa perfection, nous pouvons avancer qu’elle n’est pas particulière au boulonnais, mais qu’elle s’étend dans tout le nord de la France, depuis la rive droite de la Seine jusqu’à la Belgique, et qu’elle n’est même pas tout-à-fait limilée par la rive de la Seine, puisque sur le côté gauche de ce fleuve se retrouvent encore des chevaux qu’on ne saurait distinguer de ceux de la race boulonnaise.

Sans être les plus volumineux de leur espèce, car en Belgique, en Angleterre, dans quelques parties de l'Allemagne, se voient des races encore plus grandes et plus étoffées, les chevaux boulonnais ont toute la taille et la corpulence qui peuvent rendre les animaux en état de suffire aux travaux lents les plus pénibles; dans ces chevaux d’ailleurs la grande taille n’exclut ni une bonne conformation, ni un bon tempérament. Il n’est pas rare d’y voir des chevaux hauts de cinq pieds et au-dessus, larges, courts et trapus, dont toutes les masses musculaires sont bien développées, et qui par ce motif et leur énergie naturelle sont plus agiles qu’on ne le croirait au premier aperçu. u

La bonté de leur tempérament provient de l'harmonie de toutes leurs parties, de leur genre d'alimentation, et de la méthode suivie dans leur élève, On peut étudier sur plusieurs points de la riche partie de la France dans laquelle existent nos gros chevaux les causes qui contribuent à la conservation de cette race précieuse. On trouvera que les jumens poulinières ne sont pas toujours laissées à l’état de liberté dans les pâturages, mais qu’elles gagnent par leurtravailetrecoivent à l’écurieune vourriture substantielle; on reconnaîtra que les poulains mâles de cette race se vendent facilement, et qu'ils reçoivent dès leur jeune âge de bons alimens en suffisante quantité, par suite de l'intérêt prochain que le premier possesseur espère en retirer. On s’assurera que, passés dans d’autres mains, ils ne sont pas moins bien traités, pour qu'ils puissent travailler aussitôt que possible et être revendus sains et en bon état à l’âge adulte. On se convaincra que, d’après ces méthodes,chaque cultivateur appelé à faire justement ce qu lui convient le mieux, est d'autant plus

isposé à se livrer à des dépenses, qu’il espère plus prochainement en retirer le bénéfice.

Généralement l'élève se partage, comme nous venons de le voir pour les chevaux de race boulonnaise ; nulle part cette industrie ne peut mieux se connaître que dans les localités où la race a toute sa perfection ; nous voulons parler du boulonnais d'abord, où paissent les poulains, et du Vimeux et du pays

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