‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 322 sur 467 · DES PRINCIPALES RACES DES CHEVAUX · texte numérisé non relu

DES PRINCIPALES RACES DES CHEVAUX

de Caux, où ils émigrent pour finir de s’élever.

Dans le Boulonnais, où le travail de la terre se fait avec des jumens, les cultivateurs s’adonnent à la multiplication des poulains; ils gardent des femelles en quantité suffisante pour remonter leurs écuries ; le surplus est vendu; les mâles sont tous vendus, soit dans leur première, soit dans leur seconde année, selon les prix plus ou moins avantageux qu’en trouvent les propriétaires et la quantité de fourrages qu’ils ont à faire consommer. Le cultivateur étant débarrassé du soin de continuer l'élève des poulains, la reproduction attire toute son attention; et comme la vente est communément facile, assurée, et qu’elle ne se fait pas attendre, qu’on peut compter sur cette spéculation faite en grand pour réaliser de l'argent, l'entretien des jeunes animaux est loin d’être réglé avec parcimonie. C’est déjà un point fort important à leur complet développement, que dans leur jeunesse ils soient bien soignés.

Achetés par des habitans du Vimeux et du pays de Caux, les poulains continuent de se trouver dans les meilleures conditions; chez leurs seconds possesseurs, les soins leur sont donnés avec d'autant plus d'intelligence que là ne:se trouvent pas de jumens poulinières en grand nombre, pour partager l'attention et les dépenses des propriétaires. Il est rare que dans le Boulonnais comme dans le pays de Caux, les poulains et les jeunes chevaux n’aient pas mangé de grain, et l’on conçoit que ce régime contribue à la bonté de leur tempérament. Tout ce qu’on peut reprocher aux usages suivis dans l’élève de cette race, c’est que les pouliches qui n’émigrent pas, qui ne sont pas vendues et revendues, sont moins bien traitees; mais c’est un inconvénient auquel l’aisance des cultivateurs et leur esprit de prévision pourraient seuls remédier.

Partout l'élève des gros chevaux n’est pas partagée, comme cela vient d’être indiqué, entre les cultivateurs qui font naître les poulains et ceux qui en continuent l'élève ; il est des fermiers qui, dans le pays de Caux et ailleurs, ont des jumens poulinières. Partout la culture n’est pas dirigée de manière à pouvoir permettre la consommation du grain, élément indispensable de la vigueur des chevaux, mais alors aussi la race s’altère; nourrie avec des fourrages qui, sous plus de volume, contiennent moins dé parties nutritives, elle a le ventre plus développé et plus long : elle devient moins bonne, lors même qu’en apparence elle ne changerait pas dans sa forme extérieure; elle appartient, comme le disent les marchands, aux mauvais pays. Les chevaux picards, ils le savent bien, n’ont que rarement la bonté de ceux de la Haute-Normandie.

$ II. Race poitevine mulassière.

Moins répandue et moins nombreuse que la race boulonnaise, Ha race poitevine mulassière ne laisse pas que d'être encore fort considérable et de mériter l'attention des cultivateurs et de l'administration, Au moins aussi volumineux que nos chevaux de la Picardie, de l'Artois, de la Haute-Normandie,

ANIMAUX DOMESTIQUES : DES CHEVAUX ET DE LEUR ÉLÈVE

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