DES PRINCIPALES RACES DE CHEVAUX
ne sont pas seuls, même dans les départemens el les cantons les plus fertiles, mais qu'ils se trouvent occuper le pays avec la race normande propre au carrosse, qui doit être classée dans une autre catégorie. Une considération est encore à placer ici; c’est que tandis qu’à partir de la rive droite de la Seine les travaux aratoires se font au moyen de chevaux, le bœuf devient le compagnon du laboureur
dans plusieurs parties d’entre la Seine et la Loire.
$ V. Chevaux poitevins de diligence, d'artillerie et de cavalerie.
Au-delà de la Loire il devient rare de voir lPélève du cheval de trait et du cheval de diligence conserver aulant de développement qu'entre la Seine et la Loire. Une exception existe cependant bien frappante, et elle a déjà été signalée; elle consiste dans la production de larace mulassière du Poitou Mais on auraitune bien fausse idée de l'élève du chevaldans ce pays, si on supposait que le Poitou, etmême seulement le Bas-Poitou, ne se livre qu’à la producüon de la race mulassière. Des habitants qui peuvent faire autorité, entreautres M. Bujault, cultivateur près de Melle, déplorent sa rareté etsoninsuffisance pour la propagationdu mulet, et son remplacement par une race plus légère, plus élégante, obtenue en grande partie par l'emploi d’étalons normands de la plaine de Caen, donnés par l'administration des haras.
La race mulassière est, selon toute probabilité, celle qui est naturelle à la plupart des marais qui se frouvent près des bords de la mer, depuis Paimbœuf jusqu’à Blaye, c’ést-àdire depuis l'embouchure de la Loire jusqu'à celle de la Gironde. Une première cause, le desséchement plus où moins complet de ces marais, a dû influer sur ila race qui s'élève à l’état de liberté, D’autres moyens ont eu aussi leur part d'influence. L'établissement des prairies artificielles a permis à des cultivateurs soit du Poilou, soit d’autres provinces, de retirer des marais un plus grand nombre de poulains, et de corriger, par l'emploi d’alimens plus nourrissans, l'influence de la nourrilure aqueuse qui a contribué à la formation de la race poitevine. Les croisemens l'ont modifiée. Les dépôts d’étalons de Saint-Maixent, (Deux - Sèvres), et de Saint - Jean - d'Angély (Charente -Inférieure), placés à la proximité de cantons abondans en jumens poulinières, ont agi sur la race d’une manière d'autant plus sensible que des remontes de cavalerie ont été faites en grand nombre dans le Poitou, et que l'élève du mulet a dû être gênée à plusieurs reprises ‘par la perte de Saint-Domingue et d’autres circonstances politiques.
Les cultivateurs poitevins, sollicités de différentes manières, ont créé des chevaux pour beaucoup de services, sans établir de races bien distinctes. Des cultivateurs des parties centrales de la France et des nourrisseurs normands achètent les produits qui promettent de devenir propres au service des diligences, ou bien à celui du carrosse et de la grosse cavalerie, selon leur développement.
C’est dans le département de la Charente. en gagnant le Limousin, qu'émigrent les poulains les plus légers, dont on fait des chevaux de
cavalerie légère et de dragons. Les foires les plus renommées pour la recherche de ces pouains légers sont celles de Saint-Jean-d’Angély, de Matha, de Neuvicq.de Ballans, de Pons (Charente-Inférieure), et celles de Rouillac, de Jarnac, de Ruffec (Charente): tandis que plus au nord, à Saint-Maixent(Deux-Sèvres) et à Saint- Gervais(Vendée), l’ontrouveen bien plus grand nombre les carrossiers et les chevaux de diligence. On reproche à ces chevaux de diligence d’être trop élevés sur jambes, de ne pas présenter la solidité et la résistance des bretons et des percherons, et d’avoir des pieds platset faibles. On reproche aussiaux chevaux plus légers d’avoir une charpente osseuse trop développée et surtout une tête trop grosse et pesante; on leur reconnaît aussi des pieds plats. Et en général, cette largeur des pieds est le caractère le plus constant de tous les chevaux élevés dans les marais du Poitou.
Sous beaucoup d’autres rapports, ils diffèrent considérablement entre eux, et ne peuvent constituer de races distinctes; nous n’en avons parlé que parce qu’ils se trouvent dans le Poitou en grande quantité.
$ VI. Race navarrine.
Il est bon de rappeler, avant de parler de la race navarrine, une réflexion qui s'applique à cette race et à toutes celles qui lui sont analogues par leur énergie, jointe à leur peu de développement, et qui sont naturelles au midi de la France, à l’Auvergne et au Limousin ; toutes ces races sont loin d’avoir autant de valeur, eu égard à l’état de notre civilisation, que celles qui sont bien plus communes et moins agréables.
Nous rappelonsaussi que les chevaux nobles et légers paraissent ne pouvoir être tous confondus ensemble, mais qu’ils se rapprochent au contraire, soit du type andalous, soit du type anglais ; et nous ajoutons que les navarrins semblent devoir être classés plutôt dans la première catégorie que dans la seconde.
Sous la dénominalion de navarrins, l'on peut comprendre les petits chevaux qui se rencontrent dans les Hautes et Basses-Pyrénées , l'Ariège, la Haute-Garonne d’abord , et dont on retrouve des traces dans la plupart des produits d’entre les Pyrénées et la Dordogne , et un peu au-delà de cette rivière.
L'ancienne race, que les croisemens tentés par l’administration des haras n’ont pu fatre disparaître, possède encore les qualités et les défauts des chevaux espagnols, et nommément des andalous ; elle a, quand elle est pure, leur tête un peu longue et busquée, leur étoffe, leurs allures un peu raccourcies à la vérité, mais solides, pleines de grâce et de souplesse.
Il est intéressant de voir comment, par un système qui a réussi à l'étranger, on a fait plus de mal que de bien à cette ancienne race. Nouslaissons à un officier des haras,M. lecomte de Lastic Saint-Jal, le soin de prouver quelles conséquences a présentées la pratique des courses publiques pour la race navarrine.
Après nous avoir dit que la race navarrine est moins dégénérée qu’on ne le suppose, aw’autrefois on recherchait pour l’entretenir des étalons andalous, à cause de la liberté de
ANIMAUX DOMESTIQUES : DES CHEVAUX ET DE LEUR ÉLÈVE