‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 36 sur 467 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

34 CULTURES INDUSTRIELLES : PLANTES TEXTILES ET FILAMENTEUSES. 1iv.n.

CavaniLes a expérimenté que les fibres de son écorce,après avoir été purgées de leur mucilage et du tissu cellulaire par le broiement étla macération, pouvaientétre converties en cordes assez bonnes. Dernièrement l’expérience de CAVANILLES a élé répétée à Toulon avec succès, el l’auteur a envoyé à la Société d'horticulture, des échantillons de cordes faites avec cette plante.

Mauve à feuilles crépues (Malva crispa, Lain.; angl., Curled leaved mallow; ital., Malva riccia), plante annuelle, originaire de la Syrie, croissant très-bien en France, où elle atteint presque la hauteur d’un homme, et fait l’ornement des jardins par ses grandes feuilles élégamment crispées et frisées sur les bords. Je n’en parle ici que parce que l’on dit que CavaniLLes est parvenu à fabri-

uer d'assez bonnes cordes avec les fibres

e son écorce. Je ne sache pas que depuis cet auteur personne ait tenté d’en extraire.

$ VIL — Des müriers.

Murier à papier (Broussonetia papyrtfera, Wivep.; angl., Paper mulberry; all., Papier-Maulbeerbaum; ïal., Moro papirifero) (fig. 24), grand et gros arbre du Japon,

Fig. 24.

à fleurs dioïques, les mâles réunis en chaton, et les femelles formant une boule de 8 à 9 lignes de diamètre, de la circonférence de laquelle sortent de gros filets rouges, Charnus, mangeables, portant chacun upe graine noirâtre au sommet ; les feuilles, grandes, drapées et un peu rudes, sont la plupart divisées en deux ou trois lobes. Cet arbre croît très-bien en France. n’est difficile ni sur le terrain ni sur l'exposition, etse multiplie facilement de graines.

On a cru perdant longtemps que c'était avec l’écorce des rameaux de cet arbre que les Chinois faisaient ce beau et fin papier que nous appelons ici papier de Chine, et on

om

espérait, en l’introduisant en France, trouver le moyen d’en tirer aussi un papier d’une qualité supérieure aux nôtres; mais on a appris depuis peu que c’est avec une plante cypéracée, dont l’espèce ne nous est pas connue, que les Chinois fabriquent leur beau papier. Du reste, le mürier en question leur sert à faire du papier inférieur et quelques tissus ; dans des îles voisines du Japon, on en fait des habillemens; mais il n’entre pas dans la confection de ce qu’on nous vend sous le nom de papier de Chine. Néanmoins, d’après les premières idées, FAUJAS DE SAINT- Foxp a essayé d’en fabriquer du papier à la manière européenne, el il a eu lieu de s’applaudir de son essai. Aujourd'hui, on se borne à considérer le mûrier à papier come pouvant contenir une assez bonne filasse dans son écorce, sans que personne le démontre par des expériences convaincantes.

Murier BLANC (Morus alba, Lax.; angl.

White mulberry; all., Weisser maulbeerbaum; ital., Moro bianco). OLIVIER DE SERRES, dans son Théâtre d’agriculture,rapporteet détaille le procédé qu’il a employé pour tirer de l’écorce du mürier une belle et forte filasse dont il a fait faire de la toile. On ne doute pas de la vérité de ce qu’a dit ce patriarche de l’agriculture, et pourtant on ne s'occupe guère aujourdhui ni de répéter, ni de perfectionner son expérience.

$ VIII: — Des Orties.

OrTtE de la Chine (Urtica nivea, Tan.; augl., White leaved nettle; ilal., Ortica bianca) ( fig. 25), plante vivace, d’une végétation

Fig. 25.

vigoureuse, formant, par le nombre de ses tiges, de grosses touffes hautes de 5 à 6 pieds. Ses feuilles, dénuées de ces poils piquans et brûlans, propres à plusieurs espèces d’orties, sont innocentes,alternes, ovales-acuminées.

grandes et très-blanches en dessous, ce qui rend la plante propre à l’ornement des grands jardins. Elle ne fleurit pas ordinaire

ment aux environs de Paris, mais on la multiplie par la division de ses touffes.

L'écorce destiges contient des fibres d’une srande force, très-nombreuses, qui peuvent ètre préparées comme le chanvre et converties en toile. Sous ce rapport, l'ortie de la Chine offrirait de grands avantages par la

ersistance de ses racines, par les tiges nom- Rene qui s’en élèvent chaque année sans presque aucun soin, et par la finesse et le moëlleux de la filasse de son écorce. nl

OnTIE ordinaire, grande ortie (U/rtica dioëca, La. angl., Common nettle ; all., Brennnessel, ital, Ortica pungente). Si l'on excepte les pauvres gens qui cueillent lorie pour la donner à manger à leurs vaches, cette plante est généralement dédaignée par tout le monde, et mème en horreur, parce qu’on ne peut guère la toucher sans en ressentir une démangealson brûlante, causée, dit-on, par une liqueur qui transsude à l'extrémité de chacun des poils qui couvrent la surface des feuilles et des tiges. À part cet inconvénient, l’ortie n’est pas sans mérite, puisque ses tiges brülées iournissent une grande quantité de potasse, et que, rouies et préparées à la manière du chanvre, on en retire une filasse peu inférieure à celle du chanvre même, sinon par la force, du moins par la finesse, la blancheur et la facilité de la convertir en toile. On en a fait de très-beau papier en Allemagne. Au Kamtschatka, les habitans en font des cordages, des filets pour la pêche et du fil pour coudre. Toutes ces propriélés de lortie ont été confirmées par la Société d'agriculture d'Angers, qui en conseille la culture sous ces divers points de vue.

Quant à La culture en elle-même, elle n’est nullement difficile; l’orlie vient partout; les endroits pierreux, d’un labour impraticable, peuvent lui être consacrés, soit en y répandant de ses graines, soit en y plantauc de ses racines qui tracent et se propagent avec ra-

idité. Cette plante n’a pas d’ennemis, st les intempéries sont presque sans action sur sa vegelation.

ORTIE à feuilles de chanvre ( Urtica carnabina, Lan.; angl., Hemp leaved nettle).

Celle-ci est originaire de la Tartarie, et croit très-bien en France, où elle n’est connue que dans les jardins de botanique.

Elle est vivace et ses Liges s'élèvent chaque année à la hauteur de 5 pieds; ses feuilles, quoique velues, ne sont pas piquantes comme celles de notre ortie ordinaire. Je trouve que ses tiges se rompent sans de grandes difficultés ; cependant Bosc pense que sa culture serait une bonne spéculation agricole, ne fûüt-ce que pour en rebrer du papier commun.

$ IX.—Du Genêt.

GENÈT d'Espagne (Spartium junceum, Lan.; Genrista juncea, Desr.; angl., Spanish broom; all, Pfrieme, Skorpion-Pfrieme ; ital., Ginestro) (fig. 26), arbrisseau de 10 à 12 pieds, dont les rameaux effilés, verts, flexibles et très-forts, sont munis latéralement de petites feuilles lancéolées, peu nombreuses, et se terminant par de grandes fleurs jau-

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