LIV.lir
H Engraissement avec les résidus des boucheries et la chair de cheval.
Les tripailles, le sang et les autres déchets des boucheries, ainsi que la chair de cheval, fournissent une bonne nourriture aux pores d'engrais; ils en consomment en général 8 kilogrammes par jour ; lorsqu'on leur donne en même temps des graines et des pommes de terre, leur lard en est plus ferme et plus savoureux.
1 Engraissement à la glandée.
Le moyen le moins dispendieux d'engraisser les pores est de les laisser à la glandée, mais le résultat qu'on obtient de cette méthode est toujours incomplet. Les glands donnent aux pores une chair et un lard très-fermes ; les faines, au contraire,une chair flasqueet un lard sans consistance qui suinte lorsqu'il est chaud.
Dans quelques lieux les glands sont en si grande abondance qu’on les ramasse pour servir d'engrais aux porcs à l’étable ; dans ce cas, pour en tirer le plus grand profit possible, il faut les drécher ; pour cela on les place dans une fosse, on les arrose d’eau salée et onles recouvre de terre jusqu’à ce qu'ils aient germé; alors on les retire, on les fait sécher, on les égruge et on les délaye dans de l’eau, au moment de les donner aux porcs. Les glands ainsi dréchés se conservent d’une année à l’autre, ce qui est très-important, car les chênes ne produisent ordinairement des glands que tous les 2 ans; on a soin d’alterner cet aliment avec d’autres substances plus nutritives.
J Engraissement asec du grain.
Le seigle, l'orge, l’avoine, le sarrasin et le maïs sont les grains les plus souventemployés,; ce mode d’engraissement ne présente d’avantages que dans un petit nombre de cas : il est plus usité en Angleterre et en Allemagne qu’en France; on donne le grain aux porcs de diverses manières: 1° cru et sec ; les cochons le broyent très-bien, mais il faut en même temps leur donner beaucoup à boire.
Thaër rapporte des cas de rupture d’estomec occasionnés par cette alimentation ; 2° détrempé dans de l’eau, sous cette forme, presque toujours les porcs refusent d’en‘manger au-delà de leur ration d'entretien; on lerend plus nourrissant er le faisant germer, puis sécher ; 3° cuit et crevé; 4° concassé. — Donné ainsi, il engraisse parfaitement, et les cochons ne s’en dégoütent pas, maïs il faut le faire détremper un peu avant l'heure du repas, et en former une pâte bien homogène que l'on éclaircit ensuite avec de l’eau.
L’orge et le maïs sont aussi très-convenables à l’engraissement, surtoyt vers la fin. Les porcs en sont très-friands.
Lorsqu'on veut les engaisser avec des grains et des légumes, il faut bien.se garder de commencer par administrer les grains purs, parce qu’ils rebuteraient ensuite les légumes ; il faut commencer par leur donner les purs légumes détrempés, cuits ou égrugés, et y mêler une quantité de grains de plus en plus forte. }
On a beaucoup vanté l’engraissement avec la pâte aigrie, on a prétendu qu’il était moins coûteux et plus prompt que celui qui s’opère avec le grain. Le grain égrugé ou la grosse farine doivent être délayés dans de l’eau chaude et réduits en pâte ; on y ajoute ensuite du levain, on tient le tout à une température un peu élevée, et en 12 heures il est aigri; on prend alors une portion de cette pâte et on la mélange avec de l’eau pour en faire un breuvage épais que l’on donne aux cochons, lorsqu'il ne reste presque plus de pâte, on y ajoute de la nouvelle farine ou du grain égrugé. Ce breuvage est très-agréable aux porcs, mais neles nourrit pas suffisamment, eta d’ailleurs l'inconvénient
DU MOUTON. 501 d'indiquer, les cochons ont atteint un point d’engraissement convenable, il faut se hâter de les tuer, autrement la cachexie graisseuse pourrait les faire périr en quelques jours.
de produire une chair flasque et légère, peu de lard et peu de graisse, aussi faut-il y joindre une ration de grains ou de pois.
Lorsque par l’un des moyens que nous venons
À. BIx10.