DU METISSAGE : TROUPEAU DE PROGRESSION
métissage sur le mode progressif, puisque sans dépenser un écu de plus, le cultivateur qui suivrait la méthode de M. Morel de Vindé aurait obtenu des valeurs annuelles beaucoup plus grandes, et enfin un troupeau bien certainement supérieur au troupeau métis. C’est là, en effet, une opération facile et lucrative; nous ne dirons pas qu’elle n'exige absolument aucun soin extraordinaire, qu’elle ne modifie en rien les habitudes de la ferme où on l’adopte; il est bien certain que des mérinos ne peuvent supporter un régime aussi dur que celui que Fon imposerait sans danger à des méus ; il faudra leur préparer des provisions d'hiver plus nombreuses et mieux choisies ; mais loir de considérer cela comme un inconvénient, nous le regardons au contraire comme un avantage, car le fermier sera forcé de perfectionner son agriculture en perfectionnant son troupeau, et le bénéfice qu’il en retirera à l’aide de la culture perfectionnée, développera en lui le goût des améliorations agricoles,
Quelle que soit, du reste, la méthode que l’on emploie pour augmenter la valeur d’un troupeau commun, dès que l’on réunit ensemble des bêtes de deux variétés, il est nécessaire de soumettre les animaux à une marque qui puisse indiquer facilement à quelle génération ils appartiennent. Les cultivateurs du Berri se servent pour cela d’un moyen très-simple; ils ont remarqué qu'il n'y avait jamais plus de 4 générations à la fois dans le troupeau, et ils en ont conclu que 4 marques étaient suffisantes ; en conséquence, iis ont établi leur distinction comme il suit :
ire distinction : Aucune marque.
2° distinction : Environ 1 pouce de l’oreille droite coupé net et carrément.
3° distinction : L’oreille droite laissée entière et environ 1 pouce de l'oreille gauche coupé net et carrément. ï
4° distinction : La même opération aux 2 oreilles,
Enfin, pour ceux qui ont eu le bon esprit d'’adopter le trou peau de progression, la distinction générale, et exclusivement destinée aux bêtes pures d'origine, est la queue coupée.
Cette opération, qui se fait ordinairement à tous les mérinos, et dont l'effet, à ce qu’on croit, est d'augmenter la force du rein et la laine du dos, est réservée aux seules bêtes pures et les distingue d’une manière aussi visible que sûre.
Ainsi, dans leurs troupeaux, il n’y a jamais d’erreur possible, et l’on peut suivre les croisemens jusqu’à la huitième ou neuvième génération sans aucune difficulté, en procédant comme il suit :
Bêtes communes, nulle marque.
Première génération, l'oreille droite coupée.
Deuxième génération, l'oreille gauche coupée.
Troisiéme génération , les oreilles coupées.
Quatrième génération, nulle marque; ti n'y a plus alors de bêtes communes.
Cinquième génération, l'oreille droite coupée ; il n'y a plus de bêtes de première génération.
Sixième génération, l'oreille gauche roupée; n'y a plus de bètes de la deuxième géneration.
Septième génération, les deux oreilles coupées ; iln'y a plus de bétes de troisième génération.
Huitième génération, nulle marque ; él n'y a plus alors de bêtes de quatrième gérération.
Nous verrons plus tard que cette nrarque, trèsconvenable quand il ne s’agit que de simples croisemens où les générations en masse sont seules un objet d’étude, deviendrait insuffisante, si chaque bête individuellement devait être soumise à use étude particulière, comme cela doit avoir lieu dans les troupeaux de perfectionnement.