‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 460 sur 467 · CHAPITRE XX. — pes · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. — pes

L'éducation des oiseaux de basse-cour est une industrie lucrative et qui demande peu de frais, quand on sait proportionner le nombre et l'espèce des volatiles qu’on élève, à l'étendue de Pexploitation, à la nature du sol et des produits qu’on récolte, et surtout à la facilité qu’on a de s’en défaire avantageusement.

On divise les oiseaux de basse-cour en gallinacées, oiseaux dont le bec est ordinairement pointu et les doigts du pied libres : poule, dindon, paon; et cn oiseaux aquatiques, à bec large et plat et à doigts réunis par des membranes : canard, oje, etc.

SECTION 1'°.— De la basse-cour.

Dans presque toutes les fermes on laisse aux volailles la liberté de vaguer dans les cours au milieu des bestiaux, afin qu'elles puissent recueillir dans les fumiers et les litières les grains échappés des mangeoires ou rendus dans les excréments sans avoir été altérés par la digestion, ce qui procure le double avantage de les nGurrir pour ainsi dire sans frais et de débarrasser les fumiers d’une foule de grains qui plus tard germeraient daps les terres, au grand détriment de la culture. Aux yeux de la plupartdes cultivateurs, c’est même là le plus grand avantage qui résulte de l'éducation des volailles.

Mais lorsque l'on attache à la volaille une grande importance, soit par le plaisir qu'on éprouve à l’élever, soit par la facilité qu’on a de la vendre à baut prix, on construit pour son habitation un local particulier qu’on appelle basse-cour.

La basse-cour doit être séparée des autres bâtimens de la ferme au moyen d’un mur, d’un treillage ou d’une haie très-épaisse, afin que la volaille ne soit pas troublée par ies autres animaux domestiques. On y plante des arbres, des müriers, ou des sureaux par exemple, qui, tout en donnant de lombrage, fournissent une nourriture saine, et en été un refuge pour la nuit aux poules et aux dindons qui aiment mieux s’y jucher que de rentrer dans leur poulailler. La basse-cour doit présenter :

1° Un amas de sable ou de cendres, parce qu’en été surtout les poules aiment à s’y rouler pour se débarrasser de la vermine qui les ronge ;

2° Un carré de gazon pour qu'elles puissent y paître et prendre leurs ébats ;

3° Au niveau du sol, des baquets couverts dans lesquels, en passant leur tête par des ouvertures pratiquées exprès, elles peuvent s’abreuver d’une eau pure qu’on a soin de renouveler chaque jour en hiver et deux fois par jour en eté ;

4° Une ou deux mares pour les oiseaux aquatiques, à moins qu’il n'existe dans le voisinage de la ferme un ruisseau ou un étang où l’on devra les laisser vaguer tout le jour au gré de leur caprice, en ayant soin seulement de les appeler vers la maison pour la distribution de leur nourriture; la volaille remarque bientôt l'heure de ces distributions, et ce moment venu, accourt d'elle-même au logis.

5° Enfin un poulailler.

$ 1%. — Du poulailler.

Dans l'éducation des oiseaux de basse-cour, il faut autant que possible seconder leur ipstinct ; ainsi, comme il est reconnu qu'un instinct naturel porte les poules à se serrer au poulailler l’une contre Pautre, les dindons à percher en plein air sur des arbres, les canards et les oies à se nicher sous des toits pratiqués dans des lieux bas et humides, les pigeons à occuper le faite des bâtimens les plus élevés, il faut tenir compte de tous ces indices dans la disposition d’une basse-cour., Le renouvellement de l'air dans leur demeure est de première nécessité ; car tout le monde a remarqué que, lorsqu'ils ont passé la nuit dans des endroits resserrés et malpropres, dès qu’on leur en ouvre la porte, ils se précipitent au dehors avec une vivacité qu'on ne peut expliquer que par le malaise qu'ils éprouvent. Il faut donc les soustraire à l'influence

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