OISEAUX DE BASSB-COUR
de leur propre infection, en donnant de l’espace à leur logement, en le blanchissant àla Chaux, en y brülant quelquefois uue botte de paille, en le pettoyant a fond de temps en temps, et en repouvelant fréquemment leur litiére.
Lorsque, malgré toutes ces précautions, le poulailler est devenu trop infect et trop malsain, il faut le désinfecter, comme les bergeries, au moyen du chlorure de chaux.
La propreté influe beaucoup sur la santé des oiseaux, et par suite sur la qualité de leur chair qui devient plus ferme et plus savoureuse; mais ilne faut pas se contenter de purifier leur demeure, il faut encore que leurs nids, leurs juchoirs et leurs auges soient nettoyés et quelquefois même lavés à l’eau chaude; il faut aussi renouveler souvent le foin et la paille dont ils sont garnis, sans quoi la fiente ne tarde pas à engendrer une vermine qui attaque les petits et incommode la mère au point de lui faire abandonner sa ceuvée.
Le poulailler doit être construit dans un endroit sec et exposé à l’est ou au sud-est, de maniere à recevoir les rayons du soleil aussitôt qu’it paraît sur Phorizon. 11 faut qu’il ne soit ni trop froid Phiver, ni trop chaud l'été, que les poules puissent s’y plaire et ne soient pas tentées d’aller coucher et pondre à laventure. Quoique le plus souvent toutes les espèces de volailles soient logées ensemble, il est préférable qu’elles soient isolées par des séparations et qu'elies aient des entrées particulières, afin que chaque espèce puisse recevoir les soins spéciaux qui lui convienuent. Le poulailler doit être subdivisé en plusieurs logemens destinés spécialement aux poulets, aux disdons, aux canaräs, aux oies, et en outre aux nouvelles couvées, aux volailles à l’engrais et aux volailles malades. Quand l'emplacement est petit, les pièces destinées aux différentes espèces peuvent être placées les unes au-dessus des autres; dans ce cas, les canards et les oies doivent occuper jes cases inférieures. Dans chaque pièce, des ouvertures fermées de volets sont disposées l’une vis-à-vis de l’autre, de manière à ce qu’en été il s'établisse un courant d'air qui assainit et rafraichit le poulailler, et qu’en hiver il suffise de tenir les volets fermés, pour y maintenir une température douce.
Ces fenêtres se composent d’un grillage très-serré pour interdire. l’accès du poulailler aux ennemis des volailles. La porte doit presenter à son milieu une petite ouverture par laquelle les poules puissent entrer du dehors à l’aide d’une échelle, et se placer sur le juchoir qui se trouve toujours au niveau de cetie ouverture.
La grandeur du poulailler doit dépendre de la quantité de volailles qu'on veut entretenir. Chaque poule a besoin d’un emplacement de 1 pied 1/2 carré. Le mobilier d’un poulailler consiste : 1° dans l'échelle extérieure dont nous avons parlé ; 2° dans le juchoir : c’est une large échelle de bois appuyée d’un côté à la partie supérieure du mur du poulailler, et de l’autre reposant sur le sol avec une inclinaison telle que les poules juchées dans le haut ne salissent pas celles qui sont placées audessous ; les échelons inférieurs doivent être placés assez près du sol pour en faciliter l'accès aux poulets qui n’ont pas encore la force de s’y jucher en volant ; 3° dans les nids dont on facilite l'accès aux poules par de petites échelles qui leur permettent d'y arriver sans efforts et sans qu'elles courent le risque de casser leurs œufs.
$ 11. — De la fille de basse-cour.
Dans les grandes fermes, si l’on veut tirer de l'éducation des volailles tout le profit possible, il faut leur donner un surveillant spécial. C'est une femme qu’on charge ordinairemeut de ce soin : il faut qu’elle soit douce, patiente, adroite et vigilante, qu’elle se fasse connaître et aimer de $es volailles, en venant souvent au milieu d'elles, en ies caressant, en leur donnant à manger dans le
creux de la main une nourriture dont elles soient friandes, en protégeant les plus faibles contre les attaques des autres.
Elle doit faire la distribution de la nourriture chaque jour à la même heure : le matin au lever du soleil, et le soir vers 3 heures ; la moindre irrégularité dans ces distributions tourmente les poules, qui perdent à attendre leur nourriture le temps qu’elles emploieraient à chercher celle dont elles doivent se pourvoir elles-mêmes.
La fille de basse-cour ‘doit en outre passer les volailles en revue et les compter de temps à autre pour savoir si aucune d'elles ne s’est égarée : elle doit examiner si leur appétit est bon, si la nourriture qu’elles prennent leur profite, et enfin épier leurs allures afin de profiter de leurs dispositions à pondre ou à couver; elle doit visiter de temps à autre les nids où les poules pondent, faire le triage des œufs destinés à être consommés ou couvés.
La nourriture chaude paraît donner aux oules une excitation qui favorise leur fécondité : il faut la leur présenter à l’intérieur, ou à la porte du poulailler ; on attache ainsi les poules à leur demeure, et on évite que les canards et les dindons viennent leur en enlever la plus grande partie.
Il faut enfin qu’une fille de basse-cour connaisse les méthodes de chaponner et d’engraisser, et qu’elle puisse reconnaitre les maladies des volailles et les remèdes à employer pour les guérir.
SECTION 11. — Du coq et de la poule.
La femelle du coq s’appelle poule ; le petit, d’abord poussin, puis poutei. On appelle chapon et poularde le coq et la poule que la castration a rendus impropres à la reproduction.
Il existe des variétés nombreuses de poules : nous parlerons seulement des plus répandues en France.
1° La poule ordinaire (fig. 320) est en général
d’une couleur rouge brun, mais on en trouve de toutes les nuances ; tantôt elle porte une crête très-developpée, très-large ou très-longue, tantôt elle a la tête garnie d’une huppe qui parfois lui retombe au-dessous des yeux ; quelquefoiselle porte sous le cou une espèce de barbe charnue ayant le même caractère que la crête; tantôt cette barbe est aussi composée de plumes et lui forme une espèce de collier. Du reste, aucun de ces caractères n'indique des qualités particulières. La qualité de ses produits, le peu de frais qu'exige sa nourriture, le petit nombre de ses maladies et la facilité de les prévenir ou de les guérir, la rendent la plus utile parmi tous les oiseaux de son espèce.
2° La poule anglaise ( fig. 321) est remarquable
par les petites dimensions de toutes les parties de son corps. Ses pattes sont garnies de plumes jusqu’au bout des ongles, ses ailes sont presque tou
ANIMAUX DOMESTIQUES : DES OISEAUX DE BASSE-COUR