DE LA GUIMAUVE ET DE LA REGLISSE
jusqu’à présent’ ces essais n'ont pas eu de succès.
La guimauve n’est pas difficile sur la zature du terrain; elle croit assez bien dans tous les sols, pourvu qu’ils ne soient pas marécageux ou composés d’un sable aride; mais celui qui lui convient le mieux et où elle réussit le plus, est une terre franche, légère, profonde et un peu humide. — Quand on ne plante la guimauve que pour les besoins d’un ménage, et il faut toujours à la campagne en avoir quelques pieds dans son jardin, on peut la multiplier en arrachant en novembre ou décembre de vieux pieds qu’on éclate, qu’on divise en plusieurs, et qu'on replante tout de suite. Mais, quand on veut cultiver cette plante pour en fournir les marchés des villes, il faut en récolter de la graine à l’automne, et la semer au printemps dans une terre bien labourée. — Pendant
racine est blanchâtre, vivace, pivotante, de | l'été on sarcle le jeune semis pour le débarras-
la grosseur du doigt; ses tiges sont droites, cylindriques, recouverles comme toute la plante d'un duvet cotonneux et blanchâtre ; ses feuilles sont allernes, pétiolées, ovalesaiguës, anguleuses, veloutées; ses fleurs, d'un rouge pâle, pédonculées et axillaires, forment au sommet de la tige une sorte de grappe alongée. Cette plante croit naturellement en France, en Angleterre, en Allemagoe, etc., dans les terrains humides et sur les bords des ruisseaux; elle fleurit en juillet et août.
Toutes les parties de la guimauve, les racines, les feuilles, les fleurs et même les fruits, sont émollientes et mucilagineuses, mais ce sont principalement {es fleurs ei les racines qu’on emploie en médecine. Les preiières doivent être cueillies au moment où elles paraissent, séchées à l'ombre, et conservées dans un lieu sec, renfermees dans des sacs. Préparées en infusion théiforme, elles sont d’un usage journalier dans les affections catarrhales et dans toutes les maladies où il Yairritation ou inflammation. Les racines se récoltent seulement à l'automne ou pendant l'hiver ; alors on les arrache de terre, on les lave, on fend et on divise les plus grosses en morceaux au plus de la grosseur du petil doigt et à peu près de la même longueur ; on les blanchit en les pelant, on les enfile et on en forme de longs chapelets que l’on suspend dans un lien sec, aéré et même dans une chambre chauffée afin de les faire sécher pes promptement si la saison est froide et
umide. Soit sèche, soit fraiche, la racine de guimauve est, en général, la base des décoctons émollientes et adoucissantes qu'on prescrit en médecine dans toutes les affectons inflammatoires internes ou externes, et, sous ce double rapport, la consommation en est considérable; ce qui exige que la plante soit cultivée pour suffire aux besoins des herboristes et des pharmaciens.
On fait des brosses à dents avec les racines de guimauve effilées en filamens. Plusieurs personnes ont tenté à diverses reprises de fabriquer des cordes avec l'écorce des tiges el surtout avec les racines de la guimauve ; mais ces cordes ne sont pas solides; on à même essayé d'en faire du fil et des étoupes proores a ouater ou à fabriquer du papier ;
ser des mauvaises herbes et on lui donne au moins deux birages. À l’automne, on enlève le jeune plant avec la bêche, afin d'en ménager les racines, et on le replante aussitôt dans un terrain convenable et bien Jabouré, en disposant les pieds en quinconce et espacés de manière qu'ils soient distans de 18 à 20 pouces les uns des autres. L'année suivante on donne deux binages au moins pendant le printemps et lété. À l'automne et pendant l'hiver suivant, on arrache successivement tous les pieds pour les porter au marché.
Bosc dit qu’il a calculé qu’un arpent de terre planté en guimauve aux environs de Paris, devait rapporter près de 1000 francs ; mais il ajoute que le prix de cette racine est si variable, que cette culture ne peul pas faire l'objet des spéculations d’un riche cultivateur.
SECTION 11. — De la Réglsse.
La Réglisse glabre (Glycyrrhiza glabra, ..; en anglais, Ziquorice; en allemand, Sxssholz; en italien, Regolizia)( fig. 34) est de la fa-
Fig. 34.
mille des Legumineuses. Ses racines sont
cylindriques, de la grosseur du petit doigt ou a peu près, ligneuses, traçantes, d’un gris roussâtre exlérieurement, jaunâtres inlérieurement, d'une saveur douce et sucrée ; ses tiges sont droites, un peu rameuses, hautes de 3 à 4 pieds, garnies de feuilles composées de 13 à 15 folioles ovales; ses fleurs sont petites, rougeâtres, disposées en epis sur des pédoncules axillaires; elles paraissent en juillet et août. Cette plante croit naturellement dans les parties méridionales de l'Europe.
La racine de réglisse est la seule partie de la plante qui soit en usage ; elle est adoucissante et pectorale, mais c’est moins à cause de ces propriétés qu’on l’emploie en médecine, que pour édulcorer toutes les tisanes qu'on a besoin de faire économiquement et dans lesquelles elle remplace le miel ou le sucre. A Paris, et dans quelques grandes villes, on prépare avec cette racine une boisson pour le peuple, connue sous le nom de Coco, et qui se vend pendant l'été, dans les rues et les promenades publiques. On peut par la fermentation et la distillation én retirer une sorte d’alcool. — En Espagne, en Calabre et en Sicile, on prépare en grand le suc de réglisse du commerce, extrait sec, noirâtre, qui nous arrive à l’état solide et sous forme de cylindres un peu comprimés, longs d’environ 6 pouces, entourés de quelques feuilles de laurier. L’abbé Sesrini ( Lettres sur l'Italie, Vol. 1, p. 463 à 469) a donné les procédés employés en Sicile pour la fabrication de ce suc ou jus de réglisse, dont l'emploi est chez nous d’un usage journalier et populaire dans les rhumes et les affections catarrhales.
Dans le midi de l’Europe, où la réglisse croit spontanément, cette plante n’est souvent que trop multipliée dans les champs, et il existe des endroits en Sicile et en Espague où les laboureurs la considèrent comme un fléau pour les autres cultures, à cause de la difficalté qu'il y a d’extirper ses profondes racines qui pullulent avec la plus grande facilité, et dont le moindre fragmentsuffit pour la reproduire. — En France, où la réglisse ne pousse pas avec autant de facilité que dans les climats méridionaux, elle exige pour réussir une culture soignée, et la grande consommation que la médecine et la pharmacie font de ses racines, rend cette culture assez fructueuse pour qu’elle soit un produit avantageux pour quelques cantons dans Îlesquels on s’y livre, et sous ce rapport nous citerons particulièrement la commune de Bourgueil (Indre-et-Loire) où cette plante est cultivée de la manière suivante.
On plante sa racine à deux époques différentes; la première en automne, et la seconde au mois de mars, c’est-à-dire aux mêmes époques où l’on en fait la récolte.
Avant de la mettre en terre, on a eu soin de donner un bon labour profond de 20 pouces; et peu après, on ouvre des tranchées larges d'un pied, profondes de 15 pouces, et distantes les unes des autres de 2 pieds. On choisit pour cette culture des terres légères, humides et substantielles. Lorsqu'on fait la récoite, on tire hors de terre toutes les racines que la plante a poussées pendant sa