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formé d’un plateau solide M, destiné à fixer les 5 coutres, dans chacun desquels on a pratiqué 3 trous propres à recevoir une double clavette qui sert à le maintenir, et, selon la place qu’elle occupe, à lui donner
plus ou moins de longueur en terre. — Le sabot N empêche le plateau de poser sur le sol. — Ce scarificateur est construit de manière à être adapté à un avant-train de charrue Guillaume ou de toute autre charrue, avec la seule précaution de tenir la haye bien droite en la fixant sur la sellette. La bride O maintient une chaîne qui doit étre altachée au crochet des armons.
Dans les ateliers de M. GuiLLzaAuME cet instrument coûtait 100 fr.
Le scarificateur de Coke ( fig. 267), décrit el
Fig. 267.
figuré dans l'ouvrage de F. E. MoLarp, se distingue surtout des autres scarificateurs connus, par l'arc de cercle en fer F qui sert à maintenir, au moyen de chevilles en même métal. les côtés latéraux D à l’écartement voulu.— Ces mêmes côiés D sont fixés à charnière en E sur la pièce du milieu qui reçoit ellemême la bride de tirage à son extrémité antérieure et les mancherons à son extrémité postérieure. — Le nombre des coutres, auxquels on peut substituer des socs, est de 8.
Le scarificateur BATAILLE (fig. 268) est
Fig. 268.
une modification de l’extirpateur Beatson.
Comme ilest destiné à être trainé par 2 et 3 chevaux, on a pu lui donner un plus grand nombre de pieds ou plutôt de coutres, car il ne porte pas de socs. Au châssis en bois, sur lequel sont boulonnés les coutres, on a joint une sorte d’avant-train élevé sur 3 roues, dont celle de devant peut tourner en tous sens pour faciliter le travail du conducteur et des animaux à chaque changement de direction.
Depuis quelque temps l'usage de cette machine, vulgairement connue sous le nom de herse, s'est répandue chez plusieurs propriétaires qui en font un cas mérité. Son aclion réunit à l'énergie la promptitude d'exécution.
Le scarificateur GEFFROY ( fig. 269) se rapproche encore davantage dans sa forme de l'extirpateur Beatson. Ilen diffère cependant essentiellement, non seulement par l'absence
AGRICULTURE : FACONS GENERALES À DONNER AU SGL. | Fig. 269.
LIVEAS:
de socs, mais par le mécanisme ingénieux qui permet de modifier la profondeur du labour à l’aide d’nne simple vis modératrice, et par la disposition de la bride à laquelle s’adaptent les traits des animaux. Ce léger instrument , que deux chevaux peuvent conduire, est d’une très-crande solidité; aussi exige-t-il très-peu de frais d’entretien. Il est du prix de 110 fr.
M. Geffroy a disposé son scarificateur de manière qu'il soit facile, en réduisant à trois le nombre de ses coutres, et mieux encore en substituant à ces trois coutres trois pieds d’extirpateur, de l'utiliser à la manière d’une houe à cheval pour biner entre les lignes.
L'usage du scarificateur est encore moins répandu en France que celui de l’extirpateur, et il faut avouer que le labour qu'on en obtient est en général moins bon; mais il faut reconnaître aussi qu’on peut utiliser avantageusement le premier dans diverses circonstances où il serait difficile de recourir au second. Telles sont notamment celles où le solest rocailleux , où il contient des gazous non découpés, des racines traçantes et liées entre elles; par la les socs seraient à chaque instant brisés, dérangés ou arrêtés dans leur marche, tandis que les coutres résistent mieux aux pierres et se font jour à travers les herbes. À la vérité, lorsque les obstacles de ce dernier genre surabondent, les scarificateurs. comme les extirpateurs, sont sujets à l’engorgement, de sorte qu’il faut arrêter fréquemment les animaux pour nettoyer l'instrument, et alors l'opération devient plus lente, sans cependant offrir une grande perfection. Il faudrait pouvoir à la fois pulvériser et nettoyer le terrain. L’Anglais Morrox est, je crois, l’un des premiers qui ait cherché à résoudre simultanément ce double problème. Son scarificateur rotatif et à râteau s’est répandu depuis une quinzaine d'années et conservé dans la pratique écossaise. Il existe même, dit-on, en France, sur plusieurs grandes exploitations, notamment aux environs d’Arpajon; mais, n'ayant pas été à même d’apprécier les importans résultats qu’on lui attribue, je ne pourrai en parler que d'après les écrits des auteurs anglais et les excellens dessins de M. LEBLANC.
Le scarificateur rotatif à râteau de MorToON (Jig. 270) se compose d’un corps d’essieu en bois À, dont les fusées sont en fer; — de 2 roues B ;— d’un châssis en fer C,C,C boulonné contre l’essieu ; —d’un timon ou age en fer tenu au milieu du corps d’essieu par un piten fourchu et à écrou qui lui permet de se mouvoir dans un plan vertical; — d’une fourchette verticale E dans laquelle le timon peut être fixé à diverses hauteurs; — d’une autre fourchette F dans laquelle passe également le timopr, et qui va soutenir, par son prolongement inférieur, l'axe coudé des hérissons ; — de hérissons j, au nombre de huit ou dix
ettau. 6°
tournant librement sur leur axe ; leurs dents recourbées uniformément vers la pointe sont rises dans des moyeux de fonte coulés sur es dents mêmes; — d’un râteau L, à dents de fer, attaché, au besoin, au corps d’essieu à l’aide de pitons à écrou qui lui permettent de se mouvoir dans le sens vertical; — enfin, de mancherons en bois M qui servent à diriger et à soulever le râteau pour le dégager des herbes qu'il entraine.
En général, dit-on, et cette affirmation ne parail présenter aucune exagération, sur un seul labour , après quelques traits de ce scarificateur, le champ le plys infesté de racines de chiendent ou d’autres mauvaises herbes se trouve parfaitement préparé et nettoyé pour recevoir toute sorte de graines. — Ce n’est qu'au dernier tour qu’on fait usage de la herse.
Malheureusement, quelque parfaite qu’elle soit, cette machine compliquée est nécessairement d’un prix qui la met hors de l'atteinte de le plupart des cultivateurs. Elle a de plus l’inconvénient d’exiger un très-fort tirage, de sorte que l’on ne doit sagement en recommander l'usage qu'aux propriétaires de vastes domaines.
Il n’en est pas de même du léger scarificateur que M. ViLmorix a adopté dans ses belles exploitations des Barres. Cet instrument, que je regrette de ne pas avoir sous les yeux, est une imitation bien moins coûteuse d’un modèle anglais connu sous le nom de tormentor.
C’est une sorte de grand râteau avec des dents longues d'environ 1 pied surune seule rangée, adapté à un châssis triangulaire à trois roulettes.—Ta traverse de derrière, au lieu d’être d'une seule pièce, est composée de deux pièces ayant entre elles assez d'écartement pour laisser passer les dents duräteau. Le füt sur lequel sont montées celles-ci et auquel sont adaptésles mancherons , repose sur ces deux traverses ; il est mobile, de sorte que quand on veut débarrasser l'instrument, il n’y a qu’à soulever les mancherons, les dents frottent en remontant contre les deux traverses fixes, ce qui fait retomber le chiendent qu’elles portaient et les nettoie.
ART. IV. — De l'émottage à la herse.
Dans la pratique ordinaire cette opération est presque toujours le complément obligé des labours à la charrue. — Il importe qu’elle
DES LABOURS A L'AIDE DES SCARIFICATEURS ET HERSES. Fig. 270.
1 soit faite en temps opportun et de la manière la plus convenable.
Sur les terrains légers {e kersage est moins nécessaire et beaucoup plus facile que sur les autres. Comme ils retiennent peu l’eau et qu'ils ne se durcissent pas comme les argiles, on trouve sans peine le moment favorable ; mais sur les terres fortes il n’en est pas de même. Lorsque les mottes sont trop humides, elles se pétrissent pour ainsi dire sous les pieds des animaux et fléchissent sous l’action des dents; — lorsqu'elles sont trop sèches, elles roulent sans se briser, de manière que la herse ne fait que sautiller dans sa marche irrégulière. 11 faut donc choisir l'instant où la terre est suffisamment ressuyée sans avoir perdu toute son humidité.
Tantôt le hersage se fait ez long, c'esi-àdire dans le sens des sillons; — tantôt on le pratique perpendiculairement à ces mêmes séllons ; — dans d’autres circonstances , il les coupe obliquement; — enfin, très-souvent, et c’est un fort bon moyen, on donne un Lersage croisé. — Dans le Mecklembourg et quelques autres parties de l'Allemagne, on herse encore en rond. Voici ce que dit Tnaer de cette méthode que je n'ai vu pratiquer nulle part en France : « Le hersage en rond ne peut avoir lieu que sur des planches très-larges ou sur des champs labourés à plat. Les chevaux, ordinairement au nombre de quatre et quelquefois de six, sont attachés les uns au palonier, les autres à la herse. Le conducteur Uent par la longe le cheval de devant, le plus souvent celui de la gauche, et lui fait faire un tour sur Jui même; les chevaux qui sont à côté de lui doivent, comme on le concoit, décrire un cercle d'autant plus grand qu'ils sont plus éloignés du centre. Lorsque le cercle est presque fini, il descend quelques pas plus bas et fait alors un second tour. On continue ainsi dans toute la largeur que les herses peuvent embrasser, On compreud facilement que le cheval qui est le plus éloigné du conducteur est celui qui a le plus de peine; aussi met-on les chevaux les plus faibles et les plus petits en dedans, les plus forts et les plus grands en dehors, ou bien, s'ils sont à peu près égaux, on les fait alterner. Le plus souvent il faut que le cheval du dehors aille au trot assez alongé, quoique celui du centre ne fasse que quelques pas bien lents... Il n’est pas douteux que cette manière de herser ne prenne beaucoup de temps, parce que chaque partie de la surface est parcourue plusieurs fois; mais aussi elle produit un effet qu'on ne peut atteindre d'aucune autre manière. Les hersages rapides de cette espèce ont ordinairement lieu avec des herses à dents de bois parce que les chevaux ne pourraient pas soutenir un tel travail avec des herses pesantes. Lorsque le champ a été complètement hersé de cette manière, on y passe alors la herse en long,et cela se fait également au plein trot. Pour cet effet, le conducteur monte sur le cheval de devant afin de le faire avancer plus rapidement... »
On peut distinguer les herses en légéres, elles sont le plus souvent à dents de bois, et en pesantes où à dents de fer. — Yes premières suffisent aux travaux des terres sablonneuses ou peu compactes ; — les autres sont indis.
206 AGRICULTURE : FACONS GENERALES À DONNER AU SOL
pensables sur les sois argileux et tenaces.
Les dents de herse sont assez souvent quadrangulaires, plus souvent encore triangulaires. — Dans les herses modernes les plus perfectionnées, elles ont la forme de coutres. Cette disposition présente entre autres avantages celui de permettre de faire des hersages profonds ou des hersages légers, selon qu’on attache les traits de manière que les dents avancent la pointe la première ou dans le sens contraire.
Trop communément o7 place Les dents à peu près au hasard sur les châssis qui les supportent; cependant, en théorie, il faut non seulement que chacune fasse sa raie parliculière et que cette raie ne soit pas parcourue
ar une autre dent, mais encore que loules es raies soient équidislantes entre elles.
Les dimensions et la forme des herses varient nécessairement selon leur destination : — sur les terrains labourés à plat, elles peuvent être plus ou moins grandes selon les circonstances; — on les construit tantôt en triangle, tantôt en carré.
Dans les localités où on laboure en billons et où l’on ne herse conséquemment qu’en long, on divise les herses en deux parties assez souvent concaves qu'on réunit l’une à l’autre par le moyen d’anneaux ou de toute autre manière.
La herse triangulaire dont nous donnons le dessin (fg. 271) n’a besoin d’aucune explica-
tion, tant sa construction est simple. - On voit queses dents, assez fortement inclinées en avant, sont placées de manière à remplir les conditions ci-dessus prescrites.
Fig. 272. La herse quadrangulaire de M. DE Vaz- COURT( 9.272), qui a été adoptée à Roville, comme une des plus parfaites , PE QUE, A. fait dire au savant directeur de cet établissement que c’est seulement depuis qu'il en fait usage qu’il sait ce que vaut une bonne herse, est disposée comme celle du Berwikshire, dont je parlerai ci-après, et plusieurs autres, de manière à être utilisée seule ou accouplée à une autre de même forme.
La manière d'atteler les chevaux à la herse n'est pas indifférente, car lorsque, comme dans l'exemple précédent, le tirage se fait par une chaine simple, la marche de l'instrument
devient très-irrégulière par l'effet des balancemens que les mottes ou l’inclinaison du terrain lui impriment. C’est pour remédier à cet inconvénient que le crochet À se fixe à l’un des anneaux de la chaine, non pas au milieu, mais à droite, ainsi qu’on le voit dans la figure, en cherchant, par le tâtonnement, à quel anneau on doit Île fixer afin que la herse marche de biais justement autant qu’il est nécessaire pour que toutes les lignes tracées par les dents soient également espacées entre elles. On reconnaît que la herse marche bien lorsque les deux pièces de bois BB, placées diagonalement sur les timons, cheminent sensiblement à l'œil parallèlement à la ligne de direction de l'instrument, et non de biais. — Ces deux pièces ou chapeaux servent aussi à soutenir la herse que l’on renverse sur le dos lorsqu'on la conduit aux champs.
« On conçoit que Le point de tirage doit varier selon l’inclinaison du sol, à droite ou à gauche, et aussi selon le plus ou le moins de résistance qu’éprouve l'instrument ; car, dans ces divers cas, la partie postérieure de la herse tend à sejeter d’un côté ou de l’autre. En changeant le point de tirage, c’est-à-dire en accrochant la volée d’un ou deux chainons plus à droite ou plus à gauche, on force la herse à suivre une direction uniforme. — J'ai parfaitement réussi à faire varier avec une grande latitude les effets de la même herse par le moyen de quatre pitons percés chacun de trois ou quatre trous qui sont placés à chaque angle de l'instrument. Pour obtenir le plus fort degré d’entrure,on tourne la herse de manière que les dents marchent la pointe en avant, et l’on attache les deux extrémités de la chaîne aux trous supérieurs des pitons.….. Si au contraire on attache les bouts de ia chaine à la partie inférieure des pitons, la herse pénètre moins dans la terre. » (Annales de Roville.)
La herse à losange à dents de fer, pour une paire d'animaux, avec sa chaîne et ses crochets, coûte à Roville 45 fr.— La même, pour deux paires d'animaux, avec régulateur et crochets, est du prix de 75 fr.
La kerse du Berwickshire( fig. 273), que l’on
considère en Angleterre comme l’un des instrumens les meilleurs en ce genre, se compose de deux parties, réunies ensemble à l’aide de verges de fer fixées par des écrous, et attachées l’une à l’autre par deux crochets et deux pitons. — On voit que sa forme est rhomboïdale comme celle de la précédente, et que sa construction n’en difière que par une moindre perfection.
La herse de Laponie (fig. 2174), dont on
trouve la description et la figure dans le Dictionnaire d’Agriculture de Deterville, est entièrementen fer.
Elle est formée, dit le rédacteur, d’un palonier garni en arrière de quatre boulons de fer, percés d’un trou à leur extrémité, et de dix morceaux de barre de fer de 8 à 9 pu. (0 217 à 0” 244) de longueur, percés également de trous à leurs extrémités et armés d’une forte dent recourbée dans leur milieu. Ces morceaux de barre de fer sont assemblés en quatre rangées; savoir : de trois, de deux, de trois et de deux, au moyen de verges de fer qui passent par les trous indiqués. Il est évident, ajoute-t-on, que toutes les parties de cette herse étant mobiles en tous sens, elle embrassera mieux le terrain chargé de pierres, de taupinières, de mottes, elc., etc., et, par conséquent, arrachera mieux la mousse des prairies, les mauvaises herbes des champs, et brisera mieux les mottes sur lesquelles ses dents passeront successivement.
Sous quelques-uns de ces points de vue, il n’est pas douteux que la mobilité des diverses parties de la herse re soil un avantage; mais, quant à la propriété qu’on lui suppose, et qui serait en définitive une des plus importantes, de mieux briser les mottes, on aura sans doute quelque peine à y croire, si on fait attention que, dans une herse assemblée fixement, chaque dent recoit quelque chose du poids de la machine entière, tandis que dans celle-ci il doit arriver, par suite de la mobilité des verges d'assemblage, que ce poids est disséminé de manière à produire uo moindre effet.
La herse courbe ( fig. 275) est employée
Fig. 275.
Fig. 274.
Mal
dans le département d’Indre-et-Loire sur les labours en billons. Elle se compose de deux pièces de bois parallèles de à po. (0% 135) de courbure et d’une longueur proportionuée à la largeur du billonage. — Son manche est percé pour recevoir l’attache d’un palonier.
La herse à double courbure (fig. 276) est utilisée dans les mêmes lieux que la précédente pour herser deux billons à la fois. Sa