‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 136 sur 357 · DES LABOURS A L'AIDE DES HERSES ET ROULEAUX · texte numérisé non relu

DES LABOURS A L'AIDE DES HERSES ET ROULEAUX

construction serait, du reste, à peu près la même, si, à cause de sa plus grande étendue en largeur, il n’était nécessaire de la consolider par deux traverses.

La herse double cou:be (fig. 2717) est

Fig. 277.

encore destinée au hersage des billons.— On voit que ses deux parties sont réunies par deux æineaux en fer, l'un un peu plus grand que l’autre. Le nombre des dents varie sur chaque traverse de deux à quatre. — Les traits de tirage s’accrochent à deux anneaux, el, à la partie postérieure de l'instrument.

sont deux cordes venant aboutir à un bâton servant de manche pour diriger les herses et les soulever, s’il ya lieu, afin de les débarrasser des herbes qu’elles entraînent

ART. V.— De l’émottage au rouleau.

Dans les pays de bonne culture, {e rouleau vient souvent à l’aide de la herse pour briser les mottes qui ont résisté à l’action de cette dernière, ou du moins pour les enfoncer dans le sol et les soumettre ainsi à l'effet d’un second hersage; aussi voit-cn souvent ces deux inslrumens se succéder sur le même champ.

Dans les localités argileuses, d’une culture difficile, les rouleaux p-uvent donc être considérés comme instrumens de labour, puisqu'ils servent à diviser la terre. Dans les contrées sablonneuses, au contraire, leur principal but est d’affermir le sol, de le plomber et d’unir sa surface, afin de dimipuer les effets de l’évaporation et de faire en sorte que les semences puissent être répress plus également. — De même que l'on 1erse avant et après les semailles, on doit donc rouler aussi, en des circonstances bien plus fréquentes qu'on ne le croit généralement, non seulement pour préparer la terre à recevoir les graines, mais encore pour la disposer favorablement après qu’elle les a découvertes.

Les rouleaux destinés à effectuer les plombages ont une surface unie. — On les construit tantôt en bois, tantôt en pierre, et tantôt en fonte. Leur poids doit augmenter proportionnellement à la légèreté ou à la porosité du sol.

Les rouleaux destinés à briser les mottes sont, au contraire, tantôt profondément cannelés, armés de pointes nombreuses ou de disques coupans; et tantôt formés de liteaux métalliques angulaires, placés à quelque distance les uns des autres, parallèlement ou perpendiculairement à l'axe cylindrique dont ils forment la circonférence.

A poids égal, il est évident que plus un rouleau est court, plus son action est éner- 8ique, puisqu'il porte sur un moins grand nombre de points de.la surface du sol. On comineltrait donc une faute si, pour abréger la durée du travail, on augimentait la lon-

208 AGRICULTURE : FACONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL. LIV. 1’. gueur d'un tel instrument aux dépens de son | tement est maintenu par la barre E. — Ce diamètre. rouleau est du prix de 100 fr.

La plupart des rouleaux sont mis en mouvement à l’aide d’un châssis de bois ou de métal dans lequel les deux extrémités de leur axe sont emboîtées. — La forme de ce châssis, dont les figures suivantes donneront une idée, varie au gré du constructeur, sans que les modifications qu’on lui fait éprouver puissent exercer une influence notable sur l'action du cylindre. — Il est aussi des rouleaux qui ne portent aux deux bouts saillans de leur axe que deux anneauxtournans munis de crochets, auxquels on fixe les traits de tirage.

Les fig. 278 et 279 représentent deux de

Fig. 279. Fig. 278.

ces rouleaux; le premier est en bois dur et pesant, le second est en fonte.

Le rouleau à demi-chässis (fig. 280), tel qu'on l’emploie dans plusieurs de nos départemens du nord, est le plus souvent en bois, quelquefois en pierre ou en fonte, ainsi que le suivant (Jig. 281) qui est compris dans un chässis complet.—Lorsque ces Fig. 281.

Fig. 280.

rouleaux ont été fabriqués en bois, on leur donne des châssis en bois ; lorsqu'ils sont en pierre ou en fonte, on les monte en fer.

Les rouleaux unis, très-pesans, peuvent servir, comme les autres, à briser les mottes. Cependant, on a remarqué, particulièrement sur des terres fortes qui contenaient encore un peu d'humidité, que la pression qu'ils exercent uniformément peut être excessive, puisqu'on s'est vu parfois contraint de les faire suivre par l’extirpateur, la herse étant insuffisante pour rendre au sol la légèreté suffisante. Les rouleaux à pointe ou à surface cannelée n’ont pas le même inconvénient.

Le rouleau dit brise-mottes de GUILLAUME (fig. 282 ), porte un grand nombre de dents en bois, carrées, longues de 5 po. (0135) environ, et de 2 po.(0" 054) d’équarrissage. Il se compose, du reste, de deux tirans À A, unis par deux traverses B, sur lesquelles est boulonnée la limonière D D, dont l’écar-

Fig. 282.

Le rouleau à disques coupans ( fig. 283) est Fig. 283.

formé d’un cylindre en bois, sur lequel se trouvent enfilés et fixés de diverses manières des anneaux lamellaires, tranchans à leur circonférence.— On l’emploie dans quelques localités de préférence au scarificateur pour facililer un premier labour dans les friches ou les terres enherbées. — Ce rouleau a sur les scarificateurs l'avantage de moins fatiguer attelage et d'agir par sa propre pesanteur. Aussi, non seulement doit-on l’exécuter en bois très-lourd, mais a-t-on jugé nécessaire de le surmonter d’une boite, susceptible de recevoir divers objets d’un poids considérable, ainsi que l'indique la fg. 284.

Le rouleau à pointes en fer ( fig. 285) peut être employé non seulement pour briser énergiquementles mottes après un labour

Fig. 285,

Fig. 284.

récent, mais encore pour ameublir des terres anciennement labourées, et les préparer à recevoir la semence, soit qu'elles aient été accidentellement plombées outre mesure par les pluies, soit:que le temps les ait durcies, Comme dans l’exemple précédent, les dents doivent avoir de 4 à 5 po.(0" 108 à 0" 135) de longueur. Elles sont rangées par lignes parallèles équidistantes et disposées de manière à se trouver en quinconces. Le nombre des lignes varie nécessairement avec le diamètre du cylindre.

M. Morar», de l’Institut, a reçu autrefois de Suède, et perfectionné avec un grand succès, un rouleau auquel il a conservé le nom

chap. 7°.

de son pays. Le rouleau suédois, dont on peut voir un modèle au Conservatoire, est armé de liteaux de fer qui sont fixés parallèlement entre eux et à l'axe du cylindre, de manière a pouvoir être déplacés et changés au besoin avec une graude facilité. Le châssis est surmonté d'un siége propre à recevoir le conducteur. — Cette machine excellente, considérée sous le seul point de vue des résultats qu'on peut en obtenir, est malheureusement ep chère pour se répandre dans la pratique ; elle vaudrait environ 400 fr.

Enfin, M. pe DomBasLe a aussi inventé un rouleau dit squelette ( fig. 286), d’un prix bien moins élevé, quoique d’une grande puissance ; celui-là coûte 160 fr. et pèse 250 kilog. Il est entièrement en fonte, sauf le châssis en bois sur leqnel sont fixés les coussinets de l’arbre du rouleau; — la limonière est fixée sur le châssis au moyen de boulons ; — l’ar-

bre sur lequei sont assemblés les disques composant les rouleaux est en fer; parmi ces disques les uns sont en fonte et terminés à leur circonférence en forme de coin, et les autres plus petits servent à consolider l’assemblage et à maintenir les premiers à une distance convenable; des boulons, traversant le rouleau dans loute sa longueur, servent encore à consolider le tout.

Fig. 286.

SECTION 1'°.— Des ensemencemens.

Le succès des récoltes dépend beaucoup sans doute de la préparation que l’on a donnée au terrain, mais l'homme qui a bien labouré n’a encore accompli que la première partie de sa tâche. L'agriculture est une œuvre de

atience ; si la constance, l’activité et la vigiance ne sont pas les compagnes habituelles de celui qui cultive le sol, il Tui faudra. pour réussir, un concours de circonstances que le hasard amène rarement. C’est surtout relativement à la semaille que ce que je viens de dire trouve son application. C’est devant cette opération que viennent souvent échouer lignorance et l'impéritie; c’est ici, ou Jjamais, que l’homme observateur montre sa supérioritésur celui devant lequel ont passées inaperçues les lecons de l'expérience. — Les connaissances qu'exige cette opération peuvent se resumer au choix des semences, époque et profondeur, procédés de sémination , moyensemployés pour recouvrir la semence.

ART. 1%. — Choix des semences.

Celui qui procèderait sans règle et sans méthode au choix de sa semence débuterait par une faute. Ce n’est pas à l’époque de la semaille que l’on doit chercher à se procurer celles dont on a besoin, c’est à l’époque méme de la récolte précédente, parce que c’est alors qu'on peut déterminer quelles sont les variétés les plus productives, les plus rustiques, les plus appropriées à la nature du sol. Ecartez la semence provenant d’un individu chélif, rabougri, elle donnerait naissance à des plantes faibles et débiles. Pour les céréales surtout, gardez-vous d'employer les grains produits par une récolte roulée, venue sur un terrain ombragé ou dans un sol fumé avec excès.

Arrétez-vous à une vièce dont tous les épis soient parfaitement développés, ou ies herbes parasites soient rares : laissez ce graiu arriver à une complète maturité, et vous serez certain qu'après l'avoir serré et battu séparé-

z AGRICULFURE,

ment, vous aurezune semence nette, propre, bien disposée à produire des plantes vigoureuses. Pour battre le grain destiné à la reproduction, on se sert du procédé qu’on nomme chaubage et qu'on trouvera décrit à l'article Battage.

, Dans la petite culture et dans les pays où l'on connait le prix d’une semence bien conditionnée, on se contente de faire couper par des enfans les plus beaux épis dans les plus belles Pieces ; on est assuré par ce moyen d'avoir un grain de premier choix : cependant, lorsqu'on opère sur une grande échelle, ce procédé est long et trop dispendieux. Celui que J'ai proposé suffit dans la majorité des circonstances.

À la question que je viens d'examiner se rattachesubsidiairement celle du changement de semence. Les avantages et les inconvéniens d'un renouvellement périodique ont eté soutenus par des hommes de talent; la solution du problème s'est fait long-temps attendre; mais on a fini par comprendre qu'il esLimpossible de le résoudre d'une manière absolue. Les diverses variétés de plantes que nous cullivons peuvent-elles dégénérer ? La différence dans le climat, le changement de culture. un sol d’une composition différente peuvent-ils avoir sur les produits une influence assez puissante pour leur faire perdre quelques-unes de leurs propriétés? On ne peut en douter, si l’on examine ce qui se passe dans une foule de localités sur un grand nombre de plantes cultivées.

Dans les campagnes on attribue à un changement de solou de climature ce qui est le résultat du mélange de la poussière Jécondante, mélange qui s'opère quelquefois à des distances assez grandes. On cultive dans les envirous de Grenoble un blé barbu très-estimé par l’abondance de ses produits. Ce froment n'a pas lardé à perdre sa physionomie dans une autre contrée, parce qu'il avait été semé à côté d’un blé barbu ordinaire. Sous ce rapport il ne peut être douteux qu'un renouvellement de semence ne soit utile dans

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