‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 143 sur 357 · RE · texte numérisé non relu

RE

fines, comme la gaude, la navette, ïl est à craindre que ce hersage n’enterre trop profondément : on se sert dans ce cas d’une traverse en bois, sur laquelle on fixe des branchages (fig. 310). On nomme cet instrument kerse

Fig. 310.

milanaise parce qu'on s’en sert en Italie pour recouvrir les semences de prairies naturelles.

Pour les semences qui demandent à étre enterrées a une plus grande profondeur, on se sert de la herse à dents de fer qu’on fait tirer les dents inclinées en avant, de l’extirpateur et de la rite. Le premier de ces instrumens est employé avec avantage toutes les fois qu'on a procuré au sol un ameublissement suffisant et que le labour est récent.—Si le sol est couvert de motltes dures, elles enlévent la herse qui ne remplit plus son office ; si le labour est ancien et qu'il y ait une croûte superficielle, la herse ne mord pas. Dans ces cas, on se sert avec avantage de l’extirpateur. Ce dernier instrument est même employé à Roville et à Grignon pour suppléer au labour qui suit quelques récoltes sarclées. A près l’extraction de la récolte on sème sous labour et on enfouit à l’extirpateur. Cette méthode convient aux céréales qui n’exigent pas une terre remuée à une grande profondeur.—La rite( fig. 811) est un instrument malheureusement trop peu connu et usité seulement dans quelques

DES PLANTATIONS ET Fig. 308.

REPIQUAGES.

Fig. 811.

cantons de la Lorraine. Elle remplace avantageusement l’extirpateur toutes les fois que le sol est trop humide pour en permettre l'emploi. Ce n’est autre chose qu’une charrue ordinaire dont on a retranché le versoir, et à laquelle on ajoute une tige en fer, dirigée horizontalement dans le plan du soc dont elle continue la courbe latérale.

Lorsqu'on a semé à la volée, il convient que l'instrument qui enfouit la semence marche en travers de la direction qu'a prise la marche du hersage ou du labourage précédent. Lorsqu'on a semé en ligue, il faut, au contraire, que l'instrument qui recouvre marche dans le sens des rangées, afin qu’il n’en dérange pas le parallélisme. Ce serait, d’ailleurs, une erreur que de croire qu'il y a économie à employer un instrument conduit par un cheval, pour exécuter cette opération dans une culture par rangées. En efiet, supposons qu’on emploie la herse : tout l’espace compris entre chaque rangée sera herse inutilement ; car, à Ja rigueur, il n’est pas indispensable que l'instrument exerce son action ailleurs que dans la place où se trouvent les semences. Un hersage, exécuté avec soin, coûte 3 francs par hectare. Or, comme dans le cas dont il s’agit deux femires, armées de râleaux, peuvent recouvrir de terre meuble les lignes tracées sur une égale superficie, il résulte de l'emploi de ces dernières une économie de 1 fr. 50 cent. par hectare si on les paie à raison de 75 cent. par jour; et le travail est fait avec beaucoup plus de som et de perfection. ANTOINE, de Roville.

SECTION IL. — Des plantations et repiquages.

Nous ne parlerons ici de ces opérations que dans leurs rapports avec la culture rurale :

ce qui concerne les plantations d'arbres forestiers, de clôtures. de vignes, etc., trouve sa place dans d’autres chapitres de cet ouvrage.

Ce que nous avons à dire peut se classer sous trois articles principaux : préparation du terrain, — choix du plant, — exécution.

ART. 1°. — Préparation du terrain.

Lorsqu'on sème en pépinière une plante

220 AGRICULTURE : ENS£LMENCEMENS ET PLANTATIONS. Fig. 314.

qui, dans la suite, sera transportée ailleurs, on a prévu que ses racines ne s’étendront pas profondément, puisqu'on se propose de la déplacer au commencement de sa croissance. Lors, au contraire, qu'on destine un terrain à recevoir le produit de Ja pépinière, on doit prévoir que les racines pénétreront à une grande profondeur, et on ne négligera rien pour faciliter leur extension et leur développement dans toutes les directions. Pour les plantes annuelles, des labours profonds et multipliés qui brassent le sol dans toutes les directions, sont d’une nécessité absolue; et presque toujours pour les plantes qui occupent la terre plusieurs années conséculives , comme le houblon, la garance, un défonçage à bras sera payé largement par l’augmentation des is obtenus, sans compter l’accroissement indéfini de la fertilité du sol.

Ilest des terrains dont la couche arable a si peu de profondeur qu'il serait impossible d'y cultiver avec succès des plantes repiquées, si la pratique ne fournissait pas le moyen de leur donner ur exhaussement artificiel par le billonnage. Je crois utile d'entrer ici dans quelques détails relatifs à cette opération, qui a été trop négligée jusqu’à ce Jour, et qui me parait être appelée à changer la face de l’'agriculture des contrées dont le sol a trop peu de profondeur-pour permettre la culture ordinaire des plantes sarclées.

Quand le sol a été labouré à plat, on le billonne, c’est-à-dire qu'on jette l’une contre l'autre, deux bandes de terre, soulevées par le tour et le retour de la charrue, comme si on couvrait la surface d’une foule de petits ados (Jig. 312). Le terrain ainsi disposé, on

Fig. 312.

conduit le fumier au moyen d'un chariot dont les roues passent dans les intervalles À et B. Le fumier se décharge en C. Des ouvriers, armés de fourches, prennent 1/3 de l’engrais et le répandent dans la raie À : le second tiers se distribue dans la rigole B; et le reste est pour l'intervalle €, oùil a été déposé. Le chariot, dans sa seconde allée, engage ses roues dans les intervalles D, F. Le fumier se dépose en G pour être, comme précédemment, distribué à droite et à gauche. Alors le sol présente cette configuration ( fg. 313).

Fig. 313.

Les intervalles ombrés représentent le fumier après qu'il a été répandu. Au moyen d'un second labour, la charrue prend la moilié de la terre qui se trouve sur l’ados z et la rejette en À; à la seconde allée. l’autre moitié se rejette en C, et ainsi de suite. Alors, comme >récédemment, le sol se trouve billonné, et te fumier recouvert de terre au centre des billous ( g. 314).

ILest évident que si l'épaisseur de la couche arable AB est de 4 pouces ou toute autre

quantité, cette couche sera approfondie de toute l’épaisseur qui se trouve entre C et o. Telle est la méthode écossaise, décrite par SincLair. Elle est assez compliquée ; elle exige des laboureurs très - exercés. On pourrait beaucoup la simplifier en employant, au lieu de la charrue simple, la charrue à buter ou à 2 versoirs.

Avant que nous eussions connaissance du procédé que je viens de décrire, M. DE VaL- COURT était arrivé au méme but par un moyen beaucoup plus simple et plus économique.

Cet habile agronome s'était aperçu que le fumier, déposé au fond de la raie, est placé trop bas pour que les racines de la jeune plante repiquée puissent en saisir les élémens et se les approprier. C’est cependant à cette époque critique qu'elle en a le plus pressant besoin. Cette pensée lui suggéra l'idée de placer le fumier, non au fond de la raie, mais dans le milieu de la terre labourée.

Laissons M. de Valcourt décrire lui-méme sa méthode; ses paroles révèlent l'observateur judicieux et le praticien consommé : « Je fis conduire et étendre le fumier à la manière ordinaire. Alors, avec la charrue Dombasle.

attelée de 2 chevaux, mais au versoir de laquelle j'avais ajouté une rehausse, je mis le cheval de gauche dans la raie extérieure à la gauche du champ, J'ouvris la raïe 1-2 (/£g.315).

Fig. 315.

La charrue renversa le fumier qui étail de 1 à 2 sur celui qui était de 2 à 3 et le recouvrit par la terre tirée du fond de la raie. Au 2° tour. ie mis le cheval de gauche dans la raie 1-2, le cheval de droite marchant sur la terre de 3 à 4, et laissant à gauche de la charrue le billon 2-3, j'ouvris la raie 3-4 en rejetant le fumier qui était de 3 à 4 sur celui de 4-5 qui fut doublé et fut également recouvert par la terre tirée de la raie 3-4. J'opérai de même pour tout le reste du champ. Je fis alors passer dans les raies le butoir, attelé d’un seul cheval, ce qui les nettoya bien et redressa parfaitement les billons qui ressemblaient à un À majuscule, dont le trait-d’union était formé par le fumier. On voit que, par cette méthode, le billon est fait et le fumier recouvert par un seul trait de charrue, tandis que dans la manière anglaise il en faut 4.»

Il ne faut pas se dissimuler, néanmoins, que ces procédés présentent dans la pratique plusieurs inconvéniens. AAnSI, les plants repiqués de cette manière au sommel des billons ne peuvent être binés au moyen de la houe à cheval. Cette seule difficulté est assez grave pour faire adopter la méthode ordinaire toutes les fois que le sol n’aura pas besoin d'être artificiellement exhaussé

Voici comment on procède dans la m14thode qui est usitée géréralement :

Page 1