‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 159 sur 357 · L. Moz, prof. à Roville · texte numérisé non relu

L. Moz, prof. à Roville

SECTION 111. — Des diverses espèces d’irrigations.

On en distingue de deux sortes: 1° l’irrigation par inondation ou submersion; 2° l’irrigation par infiltration. THAER en compte une troisième, celle qu'on obtient au moyen ges eaux que l’on fait refluer à la surface du sol.

$ 1%. — Irrigation par inondation.

L'irrigation doit varier en raison du but qu’on se propose, et de la saison. Si l’on veut ajouter à la fertilité du sol, il faut procéder par inondation, en employant les eaux vaseuses qui charrient de bonnes terres, et avec elles toules les substances fertilisantes qu'elles entrainent en ravinant les terres supé-.

rieures. L'irrigation par imondation exige que, naturellement ou par art, le sol soit entouré, au moins de trois côlés, d’une petite digue qui retienne l’eau sur la place inondée. Elle deit avoir lieu plus généralement à la fin de l’automue et en hiver. Dès que dans cetle saison on a retiré les bes- Uaux des prairies, 1l faut examiner soigneusement les digues, les canaux, les écluses, faire réparer les dépressions indiquées par l’eau; les canaux et les raies d'écoulement demandent une attenlion toute particulière, parce que le succès de l'opération dépend de la promptitude avec laquelle on peut ôter l’eau et faire égoutter le sol, dès que l’on en reconuait l'urgence. ;

Aussitôt que ces travaux préparatorres sont terminés, il faut introduire l’eau dans la prairie, en aussi grande quantité que possible ; on la laisse s'élever le plus que l'on peut; on remarque avec attention les parties défectueuses des différentes rigoles, afin de pouvoir les corriger, ou pendanl l'irrigation, si cela est possible, ou après que l’eau sera écoulée. Cette eau doit séjourner le temps

nécessaire pour que le sol soit bien imprégné, et pour qu’elle ait déposé le limon précieux entrainé par elle.

L'eau opère quelquefois le régalement du sol par le baltement des vagues dans les grauds vents, ce qui nivelle les élévations qui sont à la surface. Elle consolide, raffermit le terrain, et le rend plus compacte.

Lorsque l'eau commence à s’éclaireir où à se putréfier (ce quiest indiqué par une écume blanche qui se manifeste à sa superficie), il faut l'écouter le plus promptement possible et faire bien égoutter la prairie. Ce n’est que lorsqu'elle est complètement ressuyée que l'on doit renouveler l’inondation. Il faut procurer aux prairies cet engrais d’alluvion autant de fois que l’occasion s’en présente pendant l'hiver, observant toutefois les prévautions indiquées ci-dessus.

Les irrigationus par inondation sont employées avec beaucoup d'avantages pour fertiliser les terres en culture dans les pays méridionaux.

Au printemps, surtout lorsqu'il est sec et chaud, il faut donner une forte inondation d'eau limpide. Suivant TaaEr, on peut laisser séjourner l’eau huit, douze, et même jusqu'à quatorze jours, ayant soin toujours de prévenir la putréfaction; quand la prairie est bien ressuyée, donvuer une nouvelle inondation qui doit durer deux à trois jours, puis une troisième d’un jour à deux, el enfin une dernière d’un jour. Dès que l'herbe cominence à s'élever, il faut cesser d’inonder la prairie. L

Après la première coupe, si le temps est see, on peut donner une inondalion qui ne doit pas se prolonger au-delà de deux jours.

Le zombre de jours d'inondation indiqué par Tnagr ne doit point êlre considéré comme un précepte absolu : la nature du sol et la température doivent régler le cultivateur; plus le terrain est perméable, plus long temps et plus fréquemment on peut linonder; plus il est argileux, moins on doit y laisser séjourner l’eau.

6 I. — Irrigation par infiltration.

L'irrigation par infiltration est très favorable, pendant les sécheresses de l'été, surtout dans les terrains légers et brülans, et dans les pays méridicnaux. L'eau, directement el par sa décomposition, secondée par la chaleur, contribue à la nutrition des plantes; {a végétation des régious intertropicales nous manifeste la puissance de ces élémens. Cette espèce d'irrigation convient particulièrement aux marais nouvellement desséchés, dont le sol spongieux et inflammable réclame beaucoup d’eau pour suffire à la nutrilon des plantes et à leur développement, Elle est aussi particulièrement adoptée pour les prairies situées sur les bords de rivières qui peuvent servir à leur irrigation.

La fig. 353 donne un exemple de la manière dont on s'y prend pour distribuer les eaux de la rivière sur toute la surface de celte prairie.

Pourobtenirde cette espèce d'irrigation tout le succès désirable, il faut avoir à sa disposition un grand volume d’eau ,pendant les cha-

AGRICULTURE : DES ARROSEMENS ET IRRIGATIONS

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| leurs de l’été, parce qu’elle en consomme beaucoup, tant par l’imbibition que par l’é vaporation. D'après pe PERTHUIS, dans son Mémoiresur l’amélioration des prairies et sur les irrigations, il faut maintenir les eaux, dans les canaux qui entourent la prairie, à 17 centimètres au-dessous du niveau üäu terrain que l’on veut arroser de cette manière.

Fig. 353.

$III.—Irrigation qu’on obtient en faisant refluer les eaux à la surface du sol.

Cette troisième espèce d’irrigalion n’est pratiquée que dans peu de localités ; elle consiste à faire refluer l’eau dans les tranchées, ordinairement sans qu'elle se répande à la surface du sol. Elle a lieu principalement sur les terrains spongieux et marécageux, après qu'ils ont été désséchés. Cette nature de terre perd à sa superficie l'humidité à tel point que les plantes s’y fanent. Dans cet état, ces terrains lirent un grand avantage de l’eau que l’on fait refluer dans les canaux ou raies d'irrigation, en fermant le principal canal d'écoulement. Alors on laisse séjourner l’eau dans ces canaux ou raies, jusqu’à ce que les terres spongieuses en soient suffisamment imprégnées, et les plantes rafraichies, après quoi on ferme le principal canal d'arrosement, et on ouvre les canaux d'écoulement pour que l’eau se retire le plus promptemant possible. Cette opération ne produit d’effet sensible que dans les terrains spongieux et qui absorbent l’eau latéralement.

M. Sismonnr, dans /’Agriculture toscane, nous apprend que l’on répand avec la pelle, sur les champs de blé, l’eau qu'on a fait refluer dans les fossés. L’ouvrier se place au milieu du fossé et Jette avec sa pelle, à droite el à gauche, l’eau à mesure qu’elle avance sur lui; par ce moyen les billons voisins sont arrosés promptement et d’une manière égale.

Des travaux nécessaires pour l'irrigation.

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