‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 160 sur 357 · SECTION IV · texte numérisé non relu

SECTION IV

Après avoir fait connaitre les avantages des irrigations, les conditions dans lesquelles on doit les entreprendre, et les différens modes d'irriguer, nous allons nous occuper des travaux préliminaires, et des

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moyens d'obtenir l’eau an plus bas prix possible en mettant à profit les heureux accidens des diverses localités. Heureuses les contrées où des sources suffisantes d’eau douce, coulant sur des terrains unis, ne laissent au laboureur d'autre soin que de les fixer dans de simples rigoles pour porter dans ses prairies, au moyen d'une distribution bien entendue, le tribut journalier de leur fraicheur et de leur fécondité ! — Hors ce cas bien rare, des travaux d’art quelconques sont nécessaires pour parvenir aux arrosemens. Le sage cultivateur ne doit cependant jamais oublier de balancer les dépenses et les produits, les moyens d'amélioration avec les résultats. Si j'appelle la plus grande circonspection de la part des agriculteurs, avant l’entreprise des travaux d’art quelquefois très-dispendieux, mais toujours lucratüifs quand ils s'appliquent à des irrigations bien entendues, je suis loin de vouloir jes effrayer ; il ne faut pas croire que dans toutes les circonstances ces travaux soient difficiles a concevoir et d'une exécution très - coûteuse. il ne s’agit point ici de ces entreprises colossales exécutées en Italie, qui ne peuvent être dirigées que par les hommes de l'art les plus expérimentés,et entreprises par les gouvernemens ou de riches associations; mais des travaux isolés d'irrigation dont l’étendue, beaucoup plus circonserite, peut être aisément saisie par l'homme simplement intelligent, que souvent le bon sens indique, et dont la dépense de construction est quelquefois à la portée même des plus petits propriétaires. L'ensemble des lravaux desünés à procurer l'irrigation s'appelle système complet d'irrigation. Ce système peut être on très-simple, ou lrès-compliqué, suivant la >roximité ou l'éloignement de l’eau, la faciilé ou la difficulté des circonstances locales. Les plus difficiles exigent un système complet d'irrigation qui se compose : 1° des travaux relatifs à la prise d’eau; 2° d’un canal de dérivation ou canal principal d'irrigalion ; 3° d'un certain nombre de barrages ou vannes, ou écluses avec empellemens ; 4° de maitresses rigoles ou principales rigoles d'irrigalion ; 5° de rigoles secondaires, garnies de leurs saignées ; 6° de rigoles de desséchement ; 7° de vanres de décharge; 8° de digues latérales.

$ 1. — Des travaux relatifs à la prise d’eau.

Ces travaux doivent varier dans la forme et dans les dimensions relativement à la situation et au volume des eaux, el relativement encore au terrain que l’on a l'intention d’irriguer.

Ainsi, si le cours d’eau n’est qu'un faible ruisseau favorablement placé relativement au terrain, sa prise d’eau pourra êlre effectuée par un simple barrage en fascines, un batardeau temporaire, que l'on détruit el que l’on rétablit selon le besoin. On ne devrail nulle part, mais surtout dans les montagnes, laisser un ruisseau inutile; au lieu de le laisser se précipiter suivant sa pente natureile, pourquoi ne pas le modérer par des digues et des dérivations, et d’un ruisseau en faire cent pour servir à des irrigations

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