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Le baron p’Homgres Firmas.
ART. z1. — De l’arrosement dans les Vosges.
La Société d’'émulation du département des Vosges et M. M. N. Evon ont, tout récemment, publié des détails intéressans sur les irrigations dans ce pays; nous en citerons quelques pratiques intéressantes.
Relativement à la prise d’eau, lorsqu'on ne l’'obtient que par un faible filet qui n’arriverait pas au bas de la prairie, on creuse un bassin destiné à conserver l’eau de la source ; on le cimente d'argile et on lui donne une capacilé telle, qu’en ouvrant l’écluse qui le ferme, le liquide puisse mouiller instantanément toule la prairie. Ce procédéest usité vers le sommet des montagnes des Vosges. On conduit dans ce même réservoir, au moyen de rigoles, le purin provenant di fumier et des étables, ce qui ajoute à l’action de l’arrosemenL.
Dans la construction de digues, on apporte une attention particulière à la fondation de la queue, qu'on établit de la manière suivante: où dispose et on fixe au fond du lit de la rivière une couche de longues branches de sapin, dont extrémité la plus forte, dirigée enamont, est très-inclinée versle fond du lit, de manière à faire relever l'extrémité opposée ; en place ensuite en sens contraire une 2° couche de branches, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu'on juge la queue de la digue assez épaisse pour prévenir les fouilles que, sans cela, la chute de l’eau ferait dans le soi ce qui entrainerait la destruction de la digue. On construit ensuite celte digue, soit en gros moellons maintenus par des poutres en chêne.
soit en fascinage de branches entrelacées,qu’on entasse entre des files de pieux pius où moins nombreuses. et qui retiennent parfaitement les eaux, lorsque le sable et les graviers, chassés par le courant, sont venus remplir les interslices.
On réserve souvent dans ces digues un pertuis pour le flotitage, auquel on donne une
largeur et une profondeur variables, ordinairement 10 pieds (3 mètres 24) d'ouverture, sur 18 pouces (0 mètre 48) de profondeur.
Deux poutres sont nécessaires pour former le canal de descente des flottes; ces perluis ont l'avantage de rendre flottables des rivières qui ne le sont pas, et de permettre, en outre, l'écoulement des galets et du sable qui s’amassent en amont des digues, et exposent les rives à des débordemens, par suite de lexbaussement progressif du lit de la rivière.
Deux systèmes de formation des prairies existent dans les vallées des Vosges. Suivant l'un, le terrain est disposé en billons assez convexes, et en planches, suivant l’autre.
La crête de chaque billon est sillonnée longitudinalement par une rigole, et les billons sont, comme ceux des terres arables, isolés par des raies dont la destination est la même et qu’on nomme égouttoirs. L’eau qui entre dans les rigoles est déversée en nappe sur les flancs voûlés du billon,au moyen de tranches de gazon placées de distmceen distance dans larigole, etquine ferment pas son canal complètement. Les égoutloirs, à Pinverse desrigoles, doivent augmenter de capacité progressivement dela têle à la queue, puisqu'ils servent à recueillir Le liquide à mesure qu’il a servi à l'irrigation; souvent l’eau est reprise à ces égouttoirs pour l'irrigation d’un terrain inférieur qui s’en décharge à son tour pouren faire profiter un autre, et ainsi de suite, si le volume d’eau originel le permets
Dans le systéme d'irrigation par planches, le terrain est divisé en compartimens, au moyen de rigoles longitudinales et transversales, celles-ci 4 fois plus rapprochées que les autres. Dans les rigoleslongitudinales, et au niveau du bord inférieur de chacune des rigoles transversales, on arrange un morceau de gazon, de manière qu’il remplisse bien la apacité du canal dans lequel il est placé.
Lorsqu'on donne cours à l’eau, elle commence par envahir la tête des rigoles longitudinales, elle rencontre bientôt la ligne de petites digues de gazon qui la forcent à pénétrer dans la premiere ligne des rigoles transversales ; celles-ci ne tardent pas à dé-
AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.
EIV.
border sur l’espace de terrain qui les sépare de la 2° ligne transversale : une partie de
i l'excédant de l’eau se divise dans les rigoles de cette ligne, une autre tombe dans la 2° section du canal des rigoles longitudinales, s’accumule près du gazon qui forme le point de section et se rend dans la 2° ligne de rigoles transversales qui a déjà recu la 1'° partie. L'opération se continue ainsi de rigole en rigole transversale et de section en section, jusqu'à l'extrémité des planches. Une condition pour la distribution de cette eau, c’est un niveau parfait, ce qui ne s'obtient pas toujours facilement, et au défaut duquel on remédie jusqu’à un certain point, au moyen de tampons de gazon. On remplace annuel lement les rigoles transversales par de nouvelles qu'on place un peu au-dessus, en sorte qu'après un certain nombre d’années, toute la surface du terrain a éprouvé cette amélioration, car on distingne parfaitement à l'herbe haute et touffue la position des anciennes rigoles. C’est de cette manière que sont disposées les prairies qu'on fait sur les laisses de la Moselle.
Dans beaucoup d’endroits il existe des contrats d'association pour la distribution des eaux. Si la prise d'eau est assez abondante pour abreuver simultanément l’ensemble des prés désignés dans le contrat, chaque sociétaire ouvre son écluse ou les écluses aboutissant au canal de dérivation, et
veille à ce que l’eau se répande uniforme-
ment sur sa propriété. Mais souvent le volume d’eau est insuffisant; dès-lors les associés ne jouissent du cours d’eau que tour-àtour et pendant la période de temps limitée à chacun d’eux d’après la contenance respective de leur terrain; c’est tantôt un ou plusieurs jours par semaine, ou seulement tant d'heures par jour; celles de la nuit sont aussi dispensées et employées avec une égale sollicitude. Celui qui n’a pas assez d’eau pour arroser à la fois toule sa prairie, est forcé d’en arroser alternativement les différentes parties.