‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 180 sur 357 · A. DANS LE NORD ET LE CENTRE · texte numérisé non relu

A. DANS LE NORD ET LE CENTRE

1° En terres plus légères que fortes, de bonne qualite.

1"< année : Vesces d'automne ou de printemps. — 2° année : Pommes-de-terre fumées. — 3° année : Avoine et trèfle. — 4° année : Trèfle. — 5° année : Froment. — 6° uxnée : Belteraves, carottes, navets fumés. — 7: année : Céréale.

Ou bien l’assolement reslant le méme jusqu’à la 6° année, on peut remplacer les racines fourragères par du colza, de l'œillette, du lin, etc.

2° En terres plus légères que fortes, de médiocre qualité.

1"° année : Pommes-de-terre fumées, — 2° année : Avoine. — 3° année : Trèfle ou Inpuline, recouvert, après la première coupe de printemps, d'engrais pulvérulent. — 4 année :

Froment ou seigle avec sainfoin, — 5°-, 6e et

des arbustes , des arbres mêmes qui alter- | 7° année : Sainfoin.

1" année : Pommes-de-terre fumées. — 9° année : Avoine ou orge. — 3° année : Betteraves fumées. — 4° année : Seigle ou blé, puis sainfoin. — 5° année : Sainfoin. — 6° anneé : Sainfoin. — 7° année : Sainfoin.

Le sainfoin est dans les sols légers, surtout lorsqu'ils contiennent une quantité surabondante de calcaire, un des meilleurs fourrages connus. — Il peut entrer, selon les circonstances, dans des assolemens à termes plus ou moins longs, et l'amélioration qu'il opère dans la couche labourable est très-sensible.

Cependant, si on le faisait revenir trop fréquemment aux mêmes places, il cesserait comme tous les autres fourrages de végéter avec vigueur; il serait donc peu prudent de suivre plusieurs fois de suite les deux cours précédens.

Sur les champs arides de la Sologne, l’assolement suivant n’est pas rareï

1"° année : Sarrasin et genêt qui lève spontanément. — 2° année : Genêt. — 3° année :

Genêt pacagé. — 4° année : Genêl pacagé. — 5° année : Avoine de mars. — 6° année : Seigle fumé. — 7° année : Turneps et pommes-deterre. ù :

Ou, ce qui vaut MIEUX : + !

1" année : Sarrasin et genêt, quelquefois pommes-de-terre sur engrais. — 2° annee :

Genêt. — 3° et 4° années : Genêls pacages. — 5° année : Avoine de mars et lupuline. — 6° année : Lupuline fumée à la surface avec du fumier de mouton et retournée de bonne heure. — 7° année : Seigle.

3° Dans les terres plus fortes que légères.

1'e année : Vesces fauchées pour fourrage vert. — 2: année : Choux fumés. — 3° année :

Céréale de printemps et trèfle. — 4° année :

Trèfle. — 5° année : Blé d’automne.— 6° aznée : Fèves fumées. — 7° année : Blé.

Ou, d’après M. Lullin de Genève:

1'° année : Vesces richement fumées, fauchées en vert, puis choux et turneps ou rutabagas entre leurs rangs.—2"° année : Fèves en rayons.—3°année: Céréale, puis trèfle. —4"année : Trèfle. — 5° année : Blé, suivi, s’il est possible, de sarrasin.— 6° année : Vesces fumées, puis turneps consommés à l’étable. — 7 année : Blé.

B. DANS LE Mi.

1° En terres plus légères que fortes, dites boulbènes douces.

1° année : Pommes-de-terre fumées. — 2° année : Céréale d'automne. — 3° aznée : Maïs, fourrage, seul ou mélangé.—4°année : Céréale d'automne. — 5°, 6° et 7° années : Sainfoin.

Ou,

1'° année : Céréale et trèfle sur jachère ou sur culture fumée. — 2° année : Trèfle. — 3° année : Méteil. — 4° année : Pommes-deterre fuinées. — 5° année : Maïs ou autre fourrage vert. — 6° année : Céréale. - 7° année : Jachère fumée ou betteraves avec engrais.

2° En terres plus fortes que légères, dites terre-forts.

L'assolement ordinaire étant :

AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.

Blé, maïs, puis fève ou jachère:

On trouverait sans nul doute profitable de lui substituer l’un des suivans :

1'° annee : Blé froment, sans engrais. — 2° année : Maïs. — 3e annee: Fèves fumées. — 4c année : Blé froment.— 5: année : Fourrage vert, vesces, lupins et maïs semés ensemble.

— 6° année : Blé froment.— 7° année : Fèves fumées.

1'° année : Blé froment. — 2° année : Fèves en lignes, fumées.—3: année : Blé.—4° année : Maïs.—5'année : Jachère, puis fumure.—6° a7née : Blé. — 7° année : Maïs fourrage.

Dans les terrains favorables à la culture de la garance, cette plante peut très-bien trouver place en un cours de 7 ans:

1'e année : Céréale. — 2° année : Prairies vertes. — 3° année : Céréale. — 4° année :

Culture sarclée. — 5°,6°et7° années : Garance:

$ VII. — Assolemens de huit ans.

Les rotations de huit ans ne sont, assez souvent, que deux assolemens de quatre ans, mis à la suite l’un de l’autre, dans le but principal de remplacer en l’un d’eux le trèfle par un fourrage différent, afin d'éviter son retour trop fréquent. Sous ce seul point de vue, toutes les autres circonstances restant les mêmes (voy. le 4° paragraphe), ils doivent être généralement préférés.

Daws les lieux où la nature du sol ne s’oppose pas à l'excellente pratique des défoncemens, une première rolation de huit ans avec Jachère, qui permet à la couche labourée de se mürir convenablement, peut être d'autant plus profitable que les terres neuves. pour devenir fécondes, ont besoin d’abondans engrais, de façons fréquentes. et, qu'elles se prêtent surtout à la culture des racines sarclées. L'une des meilleures combinaisons possibles, en pareil cas, me paraît être celle-ci :

1'° année : Jachère avec défoncement. — 2° année: Racines binées et sarclées. — 3° année: Autres racines binées et sarclées.— 4° année Céréale. — 5° année : Culture sarclée. — 6° année : Céréale et trèfle. — 7: année : Trèfle, — 8° année : Céréale.

Les assolemens analogues sont excellens sur défriche et sur tous les terrains salis de mauvaises herbes. À la vérité les façons qu'ils exigent sont nombreuses, mais leurs résultats, fort bons en eux-mêmes, concourent encore efficacement à l’amélioraticn progressive du sol. — Dans la plupart des cas il est toutefois possible d’éviter une jachère complète. — L’assolement sera alors celui-ci, ou quelque autre basé sur les mêmes principes :

1°° année : Sur 3 ou 4 labours d'automne et de printemps, culture sarclée. — 2° année :

Seconde culture sarclée. — 3° année : Céréale. — 4° année : Troisième culture sarclée. — 5° année : Fourrage vert annuel. — 6° année :

Céréale et trèfle ou lupulin. — 7° année :

Trefle ou lupuline. — 8 année : Céréale.

On conçoit qu’il serait aussi facile d’introduire Je sainfoin dans un assolement de 8 ans que dans ceux de 7 ans.

$ VIII.— Assolemens de plus de huit ans.

Au point ou nous en sommes, il paraîtrait

cap. 10°.

sans doute superflu d'ajouter beaucoup aux exemples que j'ai cru devoir multiplier précédemment, en raison de leur importance relative, et de leur plus fréquente adoption. — Les combinaisons diverses, avec lesquelles le lecteur est désormais familier, se retrouveraient toujours les mêmes ou à peu près, en des rotations plus longues. — Dans un assolement de 12 ans, par exemple, on pourrait chercher à obtenir six céréales, précédées et suivies d’un égal nombre de cultures nettoyantes ou reposantes, calculées de manière à produire la quantité de fourrages et d’engrais nécessaire, COMME nous avONns VU qu'on parvenait à le faire avec deux assolemens de six ans. — En 13 ans on suivrait la même marche qu'avec deux rotations de 7 et de 5 ans, etc., etc.; cependant il ne faut pas perdre de vue que plus un assolement se prolonge, plus il est facile de varier ses élémens et d'introduire, d’une part, diverses plantes industrielles, — de l’autre, l’une des prairies artificielles les plus durables et les plus précieuses, la luzerne. — IL a été malheureusement démontré, par de nombreuses épreuves, que cette plante ne peut revenir avec un

lein succès sur le même sol qu'après un En de temps d’autant plus long, qu'elle y a précédemment séjourné plus Tong - temps ; aussi n’ai-je pu en parler jusqu'ici dans aucun des assolemens qui ont dû nous occuper

Yvarr pensait que l’értervalle à observer avant de faire reparaître la luzerne sur le champ qui l’a déja nourrie, doit étre égal au moins à la durée de son existence sur ce champ; d’après ce principe, si elle occupait le sol 5 ou 6 ans, elle pourrait rigoureusement entrer dans une rotation de 10 ou de 12 ans.Je ne nie pas que dans un terrainencore vierge de ce riche fourrage, il puisse en être ainsi pendant un certain temps; mais depuis que notre savant collègue écrivait son excellent article Succession de culture,des faits multipliés et patens sont venus attester qu’un semblable intervalle était loin de suffire dans les localités au moins où la luzerne était depuis longtemps cultivée, et l’on a dû l’augmenter du dose dans la crainte de dépouiller l'avenir au profit du présent. — En bonne pratique, je crois doncqu’on ne pourra mieux faire que de se rapprocher d’un des exemples suivans :

— le premier est le résultat de la longue expérience et des méditations de M.pE MOREL Vinpé ; le second est dû aux essais multipliés et fructueux de notre confrère M. DarzLy.

M. DE VINDÉ a partagé sa propriété entière en dix soles, sur chacune desquelles il a admis un assolement de 20 ans ; tantôt à base de luzerne et de trèfle; tantôt à base de sainfoin et de trèfle. — Sur la première sole, la luzerne commence semée avec une céréale de mars; — elle occupe le terrain jusqu’à la fin de la 5° année. — Viennent ensuite les cultures des céréales et plantes sarclées, disposées de manière à ne demander qu’une forte fumure la 9‘ année, et à faire précéder le froment sur la défriche de luzerne; de deux autres cultures au moins, l’une d’avoine et l’autre de plantes sarclées. — Le trèfle semé comme la luzerne sur la dernière céréale de mars, de l’une des rotations de 7 ans, paraît

DE LA PRATIQUE DES ASSOLEMENS

la 12° année. A l’aide d’un terreautage d'hiver et d’un plâtrage de printemps, M. DE VINDÉ trouve de l'avantage à le conserver 3 ans, après lesquels recommence la rotation septennale avec une seconde fumure ; en tout, comme on voit, 20 ans.

Sur la seconde sole le sainfoin remplace la luzerne, mais sa durée et celle du trèfle étant les mêmes, les résultats sont aussi analogues; seulement la première prairie artificielle ne commence que la 3: année. Dans la 3° sole elle ne vient que la 5°, et ainsi de suite, de manière qu’à la fin des 20 années toutes les soles ont passé également et régulièrement par les 3 sortes de prairies artificielles.

Par ce moyen, quoique 3/10 de la propriété soient annuellement en prairies artificielles fauchables, on voit que la luzerne, ne la fiton pas alterner avec le sainfoin, ne reviendrait à la même place qu'après 15 ans.

Voici l’assolement que M. Dailly a adopté pour une partie de sa propriété de Trappes ( Seine-et-Oise) : {°° année, luzerne plâtrée ; — 2°, 3e, 4° années, luzerne fauchée ; — 5° année, luzerne retournée ; — 6° année, avoine : — 7° année, pommes-de-terre fumées ; — 8: année, blé de mars ; — 9° année, colza avec poudretle; — 10° année, blé d'hiver; — 11° année, vesce d'hiver et pépinière de colza, puis parcage ; — 12° année, avoine ; — 13° année, æillette ou racines sarclées fumées ; — 14° année, blé d'hiver ; — 15° année, racines sarclées

fumées. — 16° année, blé de printemps ou d'hiver. — 17° année, colza avec poudrette ; — 18° année, blé d'hiver; — 19° année, ra-

cines fumées; — 20° année, avoine ou semis de luzerne.

Dans ces deux exemples, non seulement la luzerne ne revient qu’à de longs intervalles, mais on a bien soin de ne cultiver le froment sur la terre qui l’a portée que la 3° année.

Cette double précaution est d’une haute importance, et je regarde comme certain, que, si on l’avait constamment prise, nous n’aurions pas été affligés tout récemment de discussions qui ne tendaient rien moins qu'a faire croire que la culture de la luzerne était nuisible à celle du froment, tandis que cette grave question, réduite à sa vraie valeur, n’était plus qu’une question fort simple de bon ou de mauvais assolement, et dont la solution si vivement contestée se retrouve, selon moi en grande partie dans le passage suivant.

« N’allons pas, surtout par une avidilé déplacée aulant que par un faux calcul, vouloir exiger des récoltes de froment, avant que les détritus qu’elle (la luzerne) a laissés sur le sol soient entièrement réduits en terreau. Le volume de ses racines; l’épaisseur du gazon, qui s’accumule toujours dans ses derniers momens, quelques précautions que l’on prenne pour s’y opposer ; le soulèvement de la terre, généralement nuisible à la prospérité du froment, enfin, la grande fécondité même, dont le sol est pourvu, sont autant de circonstances qui rendent, presque toujours, cette récolte précaire, soit en opérant le déchaussement, soit en occasionant une végetation luxuriante, toujours aux dépens de l'abondance et de la qualité du grain, vérité dont nous nous sommes trop particulière- :

ment assurés pour ne pas y insister avec

toute l'énergie dont nous sommes capables, etc.» (YVART; Nouveau Cours complet d'agriculture théorique et pratique, 1823.)

Du reste, on sait que ce qui se passe en

pareil cas après la luzerne, a lieu également sur presque toutes les défriches : — Le froment ne prospère immédiatement, ni dans l'emplacement d’une vieille prairie naturelle ou d’un ancien bois; ni sur un défoncemen* ; ni même après un simple écobuage. Tans tous ces cas les racines, l’avoine, l'orge même el le seigle offrent un meilleur er:ploi du terrain.

Les graminées fourragères dont il sera arlé dans l’un des chapitres de ce même ivre, font quelquefois, mais moins souvent qu’elles ne le devraient, partie des assolemens à long terme. Après un temps, dont la durée est déterminée par les premiers indices de leur dépérissement, ces plantes peuvent faire place : — La 1" année, à des racines fourragères ou à des plantes binées et sarclées à semences oléifères; — la 2° année, à de l’avoine, ou de l’orge, selon l’état plus ou moins meuble de la terre, puis à des raves, de la spergule ou toute autre pâture d’automne ou d'hiver; — la 3° année, revient une culture sarclée différente de la 1°; — la 4° année de l'orge, du seigle ou du froment, puis du trèfle, de la lupuline ou tout autre fourrage légumineux, qui occupe le terrain pendant la 5° année ; — la 6° année, du froment ou du seigle, et si cette récolte est belle, on fera bien de la faire suivre d'une nouvelle culture sarclée ou d’une seconde prairie légumineuse ; puis la 8° année, d'une dernière céréale avec graines de graminées pour rétablir la prairie ou le pâturage.

Enfin, en des circonstances peu favorables,

quoique assez fréquentes, on fait entrer les végétaux ligneux dans les assolemens. Sur des terrains à pente rapide, d’un travail pénible, où les labours deviennent nuisibles en facilitant l’éboulement des terres; — dans les localités arides, où les racines et les fourrages verts viennent aussi mal que les céréales, il est bien indispensable de recourir à ce moyen pour obtenir quelques produits sans des dépenses excessives. Aux genêts et aux ajoncs on a quelquefois substitué ou ajouté les pins, qui occupent alors le sol pendant au moins 7 aps, et qui fournissent dans les 3 dernières années des branchages, dont on peut à la rigueur affourager les bêtes à Jaine pendant l'hiver, et qui peuvent être ulilisés au moment où on les abat comme échalas. — Voici quelques-uns de ces assolemens proposés par M. nE MoROGUES.

1° année, sarrasin et pins; — 2°, 3° et 4° années, pins gardés; — 5*année, pins pacagés; — 6° année, pins éclaircis; — 7° année, pins arrachés; — 8° année, avoine ; — 9° «7née, seigle sur fumier; — 10° année, turneps et pommes-de-terre.

Ou 1'* année, genèêls et sarrazin; — 2°, 3° et 4° annees, genêts gardés et pacagés; — 5° année, avoine; — 6° année, seigle fumé ; — 7° année, turneps et pommes-de-terre ; — 3° année, sarrasin et pins ; — 8°,9°,10° et 11°arnées, pins gardés; — 12° année, pins pacagés ; — 13° année, pins éclaircis ; -- 14° année, pins

AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.

LV. 1° arrachés ; — 15° année, aNoine; — 16° annér, seigle sur fumier.

Ou enfin, étendant davantage les cultures annuelles : 1"* année, sarrasin et genêt ; — 2°, 3e et 4° années, genêt; — 5°, 6°, 7e, 8° et 9: années, céréales, plantes sarclées et fourrages verts; — 10° année, sarrasin et pins; = 11°, 12°. 13°, 14°, 15° et 16° années, pins; — 17e, 18*, 19°, 20° et 21° années, nouvelles cultures de céréales, de navets ou de pommesde-terre et de vesces,

Dans ces divers exemples choisis pour le pays qu'il habite (la Sologne), M. ne Moro- GUES n’a pas craint d'adopter les coutumes locales sur deux points : il recommande de donner la fumure sur une céréale, et :l fait venir constamment le seigle sur l’avoine, quoiqu'il lui fût facile de l'en éloigner par la culture des navets qu’il admet en 3°

lieu. La pauvreté des terrains qu’il a en vue, et la parcimonie avec laquelle on peut y répandre les engrais, excusent suffisamment la

1'< pratique, dont la seconde est une conséquence malheureuse. — Il est rare qu’on ne puisse arriver à mieux. — Nous verrons ailleurs qu’il n’est pas impossible non plus d’u-

üliser d’autres végétaux ligneux comme fourrage.

On trouve quelques exemples de cultures intercalaires établies dans les bois à l’époque de leur coupe. Sur quelques points du duché de Luxembourg on exploite les taillis à l’âge

de 18 à 20 ans pour les convertir en bois de chauffage, en écorces et en charbon. Les

menus branchages restent sur le sol, où ils sont brülés davus le courant d’août suivant, ainsi que les jeunes pousses de l’année, et,

quelques jours après, on sème du seigle qui

donne généralement une récolte précoce et fort abondante; quelquefois la seconde année, à travers les nouveaux scions du taillis, il est encore possible de cultiver des pommes-de-terre. — Dans la Haute-Garonne, ainsi que l’a fait connaitre M. DE VILLENEUVE, le propriétaire qui possède des bois sur d'assez bons terrains, pourvu que ce ne soit pas sur un coteau rapide, peut en retirer à surcroît de revenu. Si la terre est douce et propre aux pommes-de-terre, il la fait labourer dès que le bois a été coupé, el planter au printemps en tubercules de ce végétal, et il peut encore tenter le même moyen l’année suivante. Si la terre est forte, on y sème de l’avoine ou du seigle.

Toutefois, de semblables exemples sant peu fréquens et ne trouvent que de rares applications. Plus ordinairement, après la coupe définitive des futaies ou des vieilles forêts, on rend pour un long temps l'emplacement qu'elles occupaient aux cullures économiques et industrielles qui y réussissent d’autant plus facilement el plus sûrement, que le sol est d’une extrème fécondité.

Dans un pays neuf la première condition de culture est la destruction d’une partie des bois qui le couvrent. — Plus tard, une sage législation met des bornes à l’abus que les intérêts privés pourraient faire d'un tel moyen au détriment de l'intérêt général ; — puis, il vient une époque où les plantations deviennentindispensables et où la culture des forêts fait, pour ainsi dire, partie des asso-

chap, 11°.

lemens qui doivent assurer la prospérilé nationale par une augmentation de produits égale aux besoins de la population croissante. Tandis que les bonnes terres et toutes celles que leur position rend d’une culture facile et productive, doivent progressivement ètre sillonnées par la charrue, les sols ingrats on éloignés de la consommation peuvent se couvrir de grands végétaux ligneux.

Ici le bois fait place au blé; là, les landes les plus arides, les dunes mouvantes, les craies et les sables inféconds que fatiguent à de longs intervalles de chétives récoltes de

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