LIV. x
les auteurs agronomiques de ce pays que la description des parcs et des méthodes en usage pour faire consommer avantageusement sur place les produits du sol. Ils font observer avec raison que par ce moyen d’alimentation on évite les frais de transport des racines aux bâtimens d’exploitation, et des fumiers dans les champs. Lorsque la récolle est abondante, on n’en arrache que la moitié que l’on transporte ailleurs; lorsqu’elle ne dépasse pas les limites ordinaires, on la laisse en totalité.
D’autres fois, lorsque la pièce qui a rapporté les plantes à racines n’a pas besoin d’être fumée, on transporte la récolte sur un champ voisin dont l’humus est épuisé.
Ce mode de récolte est particulier à l'Angleterre, et nous n’en aurions point parlé si nous n’étions intimement convaincus qu'il peut être utilisé dans quelques-unes de nos provinces méridionales et littorales, et notamment sur le territoire algérien, si la France veut coloniser sa conquête.
$ III.— Récolte ou arrachage à la main.
Dans l’ordre raturel des choses, cette méthode a dû précéder toutes les autres, et l’art agricole est demeuré tellement stationnaire sous ce rapport, que c’est encore celle que l’on doit préférer dans bien des cas. Les plantes tuberculeuses, la pomme-de-terre, le tobinambour, la pistache de terre, s’arrachent avec la béthe (vor. la fig. 150, p. 161, ci-devant), la fourche (fig. 161, p. 162) et le bident (fig. 181, p. 166 ).
Le premier de ces instrumens s'emploie avec avantage toules les fois que la terre est franche, sans pierres ni galets, et sans être trop durcie. Le second est utile toutes les fois que le terrain est encombré de pierres, ou argileux. Enfin, le troisième sera exclusivement préféré dans les terrains battus ou resserrés par la sécheresse.
Préconiser l’emploi d’un de ces instrumens à l'exclusion de tous les autres, sans avoir égard aux différences de sols et de température, ce serait tomber dans une grave erreur. Prendre conseil des circonstances sera la devise de tout homme sensé. La récolte des plantes à racines pivotantes s’exécute au moyen des deux premiers instrumens que nous venons de mentionner, en consultant les différences de sol et la configuration des racines.
On ne saurait se dissimuler que la récolte à la main ne soit dispendieuse et ne traîne l'opération en longueur ; il ne faut pas moins de 40 femmes, très-exercées, pour arracher un hectare de pommes-de-terre en un Jour, el 30 enfans pour les ramasser. On a donc cherché à remplacer la main-d'œuvre par un agent mécanique. Les succès déjà obtenus font concevoir l'espérance d'importantes améliorations.
$ IV.— Arrachage à la charrue,
Les hommes qui ont secoué le joug des préjugés, ceux même qui se sont familiarisés de longue mair avec la pratique de l’agriculture, ont nié pendant long-temps la
cap. ii.