‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 3)Chapitre 201 sur 357 · DU TRANSPORT DES RÉCOLTES · texte numérisé non relu

DU TRANSPORT DES RÉCOLTES

Fig. 436.

doit la rendre capable de surmonter des obstacles puissans.

Dans les véhicules à deux roues sont ordinairement classés les tombereaux. Le tombereau ordinaire ( fig. 437 ), avec rehausses

Fig. 487.

qu'on enlève à volonté, est un instrument indispensable, non seulement pour les recoltes, mais pour les transports de terre, de gravois, etc. Dans la construction et le chargement des tombereaux, il faut se souvenir que ces instrumens basculent avec la plus grande facilité : on aura soin, par consé-

quent, de charger un peu plus sur le devant que sur le derrière. Avec cette précaution le cheval limonier ne sera jamais enlevé.

Le haquet où tombereau PERRONET (fig. 438)

Fig. 438.

N KR K

se Charge avec promptitude, et se décharge avec célérité. Il joint à ces avantages celui d’une construction simple et facile. Comme la partie supérieure, plus évasée; ferait incessamment [a bascule, on la retient au moyen d’une traverse en planche qu’on enlève lorsqu'on veut décharger.

Les chariots reposant sur quatre roues sont généralement employés dans les contrées de l'Europe les mieux cultivées, dans la Flandre, la Belgique et l'Allemagne septentriopale.

Le chariot flamand ( fig. 439 ), destiné à recevoir des charges pesantes, est très-solide dans toutes ses parties. Il se compose d’une pièce de bois 4a, qui lie le train de devant à celui de derrière,et que l’on nomme alonge; son extrémité antérieure est armée d’une

310 AGRICULTURE : CONSERVATION DES RÉCOLTES. LIV. 1, Fig. 439. Fig. 440 B.

divers objets que nous venons de mentionner, et cela sans nuire à la solidité et à la simplicité. Néanmoins, dans les exploitations où l’on a à opérer le transport d’une grande quantité de racines, il esl à désirer que l’on ait un tombereau fixe monté sur 4 roues, n'ayant aucun point d’attache par-devant et mobile sur l’essieu de derrière, afin que, faisant levier, la charge puisse aisément être a à terre, comme on le voit par la g. 441.

large bande de fer, qui permet d’en diminuer la force en ce point et de réduire l’écartement entre les pièces de l’essieu. Les bords de la voiture sont formés par deux pièces de bois courbes bb, nommées écaliers de dessous, où s’assemblent exactement les planches du fond et les montans. Au-dessous de ces pièces sont deux autres cc, qui leur correspondent et courbes également, mais dans ua plan vertical, et que l’on nomme écaliers de dessus. Vis-à-vis les roues de derrière et sur les écaliers de dessus, se voient deux petits écaliers dd nommés garde-roues ; ils servent au même usage que les écaliers. — Les deux écaliers correspondans, de dessus et de dessous, liés par les montans, sont maintenus dans une position invariable et soutepus, ainsi que le fond, par des supports unis entre eux au moyen de tenons et de mortaises, et par des brides de fer qui les fixent aux écaliers. Comme l’écalier supérieur est très-bas dans le milieu, et que cette partie de la voiture est très-large, le voiturier peut charger et décharger avec une grande facilité. — Lorsque le fermier conduit des substances terreuses, il applique contre les écaliers des planches ou bordages qui s'y attachent; il place ensuite sur l’écalier supérieur et le garde-roue une autre planche, qui s’assemble au moyen de traverses en fer tit, Tr.

Le chariot de Roville, qui diffère peu du franc-comtois, est porté à un haut degré de perfection. Les échelages en sont mobiles et peuveut, suivant les circonstances, être remplacés par des ridelles pour la conduite des fumiers, ou par des radriers lorsqu'il s'agit de transporter des pierres, des marnes, elc.

Enfin, on peut y adapter une caisse er planches pour le transport des sables et autres matières pulvérulentes. Quoique en général on doive se défier des véhicules à plusieurs fins, celui de Roville (/g. 440) remplit les

Fig. 441.

On a sans doute été étonné qu’un chariot aussi léger que celui de Roville puisse supporter le service d’une exploitation rurale. C’est que dans cet établissement il est rare qu’on attèle plus d’un cheval à un même véhicule. Quoique l’on doive, d’après cette disposition, ne mettre sur chaque chariot qu'un poids moins fort que sur les autres, M. pe DomgasLe affirme néanmoins qu’un seul animal transporte la moitié du poids que l’on met sur un chariot trainé par 4 chevaux; et cela paraîtra probable à celui qui sait que plus on multiplie les roues pour une Charge déterminée, plus le transport est facile. Objectera-t-on qu’alors il est nécessaire d'employer un plus grand nombre de conducteurs? nous répondrons que ces véhicules sont ordinairement confiés à un enfant de 12 à 15 ans; en le rétribuant convenablement, c’est-à-dire en lui donnant 50 à 60 centimes, on peut être sûr que le transport se fera avec plus de promptitude et d’économie que si l’on confiait un chariot attelé de 4ou 6 chevaux à un charretier habile, chose que l’on ne rencontre pas toujours, qu'il faut payer à des prix souvent exorbitans, et qui se mutinent au premier mot parce qu'ils se sentent nécessaires. Que l’on réfléchisse ensuite que, conduits par un seul cheval, ces chariots se chargent avec promptitude, se déchargent sans embarras, et l'on sera très-disposé à se ranger à l’avis de M. de Dombasle.

Fig. 440 A.

ANTOINE, de Roville.

CHAb. 12°. DES MEULES

Secrion n1.—/Moyens de conservation des principaux produits de l’agriculture.

Il a été enseigné dans le chapitre précédent comment il convient de s’y prendre pour conserver les récoltes dans les champs, et il vient d’être indiqué par quels moyens on peut les transporter où on le désire. Nous devons actuellement mettre Le cultivateur à mérne de conserver les produits qu'il a obtenus, pendant un temps plus ou moins long, qui lui permettra d'attendre l'instant pro-

ice pour leur vente, leur consommation ou eur transformation en d’autres produits manufacturés. C’est du soin qui sera apporté dans l'emploi de ces moyens que dépendra, en grande partie, le résultat définitif de l’ex-

loitation et par conséquent la prospérité ou a ruine du cultivateur; on ne saurait donc trop appeler son attenlion sur ce sujet.

Les moyens de conservation dépendent principalement des produits auxquels ils s'appliquent. En traitant de chaque culture spéciale, on indiquera les procédés spéciaux qui y sont applicables. Ici nous avons à parler des moyens généraux de conservation des fourrages, des céréales non battues et des pailles, des grains, des racines, enfin des fruits. C. B. DE M.

ART. I*%,— Conservation des fourrages, des grains en gerbes et des pailles.

Les foins et autres fourrages ; les blés et autres espèces de céréales avant leur battage; et enfin les pailles, après ce battage, se conservent ordinairement, soit en en formant à l'extérieur des meules ou gerbiers, soit en les rentrant, ou dans des greniers el fenils ou foëntiers pratiqués au-dessus des hangars, écuries, étables ou autres localités de ce genre qui doivent nécessairement occuper les rez-de-chaussées, ou dans des granges construites ad hoc et consacrées, dans toute leur hauteur, à ces emmagasinemens, et dans lesquelles on établit en outre l’aire nécessaire au battage.

Pour réconnaitre quels sont les avantages et les inconvéniens divers que ces différens moyens présentent, tant sous le rapport de l’économie que sous celui de la bonne conservation des produits, il est nécessaire que nous entrions dans quelques détails sur les modifications dont ces moyens mêmes sont susceptibles:

$ 1**.— Des meules et gerbiers.

Nous parlerons d’abord des meules ou gerbiers. Il est facile de concevoir que ce sont, en général, lés moÿens les plus favorables sous le rapport de l’économie; mais cette économie peut encore varier très-sensiblement. suivant le plus ou moins de soins ou de recherches qu’on apporte à leur confection.

En général, on emploie principalement le nom de meule quand il s’agit de foins et au-

Page 1